Pauline

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Publié dans 24 Janvier 2011 frFrançaise et 9 466 octets de taille.

L’histoire de Pauline tourne autour de trois personnages principaux : Pauline de Meulien, Horace de Beuzeval et Alfred de Nerval. Comme souvent dans les récits romantiques, ce sont de jeunes nobles.

Pauline de Meulien[modifier]

Avant sa rencontre avec le comte, Pauline de Meulien est une jeune fille quelque peu naïve, mais à l’esprit vif. Elle est emplie de joie de vivre et semble tout avoir pour elle : elle est jeune, riche, « pleine de talents, de charme et d’esprit ». D’après Alfred, c’est aussi « un ange de beauté, de grâce et de douceur » : « de magnifiques cheveux noirs », « des yeux doux » et « noirs », « un visage pâle » nous servent de description. Pourtant, son caractère évolue rapidement dès qu’Horace apparaît : elle parvient à se forger un avis plus subjectif sur le monde, bien qu’elle n’arrive pas à se détacher de l’avis des autres, notamment en ce qui concerne son amour pour le comte. Son erreur nous dévoile aussi sa grande maturité : lorsqu’elle comprend la vérité, elle ne la cache ni aux autres, ni à elle-même. Bien que nous ne connaissions qu’une petite partie de sa vie – quelques années, en fait – nous pouvons constater beaucoup de changements chez elle. Au final, elle devient très réaliste et ses expériences de la vie se sont au moins montrées concluantes.

Horace de Beuzeval[modifier]

Lors de sa rencontre avec lui, Pauline nous fait une description très minutieuse de son apparence physique, mais aussi intellectuelle : « pâle », « plutôt petit que grand », « des yeux noirs et des cheveux blonds », « des lèvres pâles et minces », « de belles dents, des mains de femme »… D’une manière générale, il semble très jeune (« vingt ans »), mais « quelques légères rides », « une toux sèche » et « un pli imperceptible sur le front » dénoncent son âge véritable (« vingt-huit ans »). Sa « figure froide » inspire à Pauline « plus de répulsion que de sympathie ». Comme la plupart des jeunes aristocrates, il aime la chasse, le tir, l’escrime, l’équitation et le jeu (bien qu’il arrête de jouer dès son mariage avec Pauline). Les plus grands détails que nous ayons sur ce personnage viennent de sa seconde visite chez M. de Luciennes, où il raconte ses aventures. Pauline se fait alors un jugement plus complet de lui : c’est un « homme de fer », qui, malgré son apparence « faible et languissante », « résist[e] à toutes les fatigues, surmont[e] toutes les émotions et dompt[e] tous les besoins ». Il a aussi un point de vue très étrange envers la société dans laquelle il vit : ironique et amer, il semble chercher à la changer, en brisant les convenances et les lois qu’elle impose.

Alfred de Nerval[modifier]

Ce personnage est sans doute celui pour lequel nous avons le moins d’indications : il est décrit de façon succincte tout au long du livre, sa description étant un peu éparpillée. En effet, étant le confident et le protecteur de Pauline ou le narrateur dans la plus grande partie de l’histoire, il est difficile à Dumas de nous faire un aperçu complet de lui. Nous ne savons donc que le minimum et ne pouvons déduire son caractère que de ses actions. Pauline ne va dévoiler son histoire qu'à lui seul, car elle le considère comme son « frère ».

Alfred de Nerval est un jeune aristocrate d’une vingtaine d’années, très conforme à son rang : tout comme Horace, il sait se battre au fleuret comme au pistolet, monter à cheval… Il est courageux car il revient à Piccadilly à cheval malgré son épaule blessée et car il provoque le comte en duel. Sa seule raison de vivre est Pauline. Lorsque son père décède il a environ 17 ans : il devient alors le chef de la famille, ce qui est peut-être la cause de son grand sang-froid.

Lien avec le romantisme[modifier]

L’amour d’Alfred[modifier]

Lorsqu’Alfred raconte son voyage avec Pauline en Écosse, il ne nous fait qu’un très bref résumé et ne nous offre que quelques noms qui nous sont inconnus. En effet, l’auteur cherche plus à focaliser notre attention sur les sentiments de son personnage que sur son vécu : c’est une caractéristique du lyrisme, mais aussi du romantisme.

Le jeune homme exprime sa joie de voyager avec celle qu’il aime, et en oublie presque ce pour quoi ils sont ensemble. Tout ce qu’il vit est pour lui source de bonheur et les paysages qu’il admire sont toujours plus « poétiques ».

Pourtant, ce bonheur ne lui est accessible que par la maladie de Pauline ! Il la protège et joue donc un rôle important pour elle, mais ce rôle n’existe que parce qu’elle court un danger : cette ironie doit montrer au lecteur l’imperfection de ce qu’Alfred voit pourtant comme parfait.

La charge de « frère » dont Alfred est investi lui apporte le bonheur, mais lui permet aussi de servir Pauline comme bien plus qu’un ami. Au fil du temps, leurs liens se resserrent, et ils n’ont bientôt plus les rapports qui existent entre un frère et une sœur. Alfred s’en rend bien vite compte, et se prend même à espérer vivre avec Pauline durant toute sa vie.

Le romanesque et le mépris du simple[modifier]

Dans ce passage Pauline et Horace expriment leur pensée sur la société dans laquelle ils vivent : en effet, les auteurs romantiques se servent souvent de leurs personnages principaux pour donner leur avis au lecteur.

Pauline souhaiterait que la société cesse de « se dépoétise[r] », car cela lui enlève « cet extraordinaire » que demandent pourtant toutes « les imaginations actives ». Selon elle, seuls les « caractères exceptionnels », comme le comte Horace, permettent à la société de revivre cet extraordinaire.

Contrairement à Pauline, Horace est un homme qui n’hésite pas à exposer sa vie et sa pensée, bien qu’il critique en même temps la société : il cache son jeu dans la vie de tous les jours, mais clame haut et fort son avis à qui veut bien l’entendre.

Cette attitude s’oppose totalement à celle des personnages de Une vie, par exemple, où l’auteur dénonce les défauts de la bourgeoisie et la refuse complètement, tandis que Dumas se place de son côté pour mieux tourner en dérision les convenances qu’elle ne cesse de modifier. Comme tous les auteurs romantiques, Dumas est « en mal du siècle » : il se cache derrière l’image d’un homme à qui tout réussit, alors qu’il n’est qu’un être angoissé, insatisfait par l’Histoire et la société en pleine mutation.

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