Composition et sintaxe visuelle : figure, fond, couleur et proportion

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Notre monde visuel se compose de nombreux exemples de sujets que nous voyons sur un fond. Nous choisissons le sujet en fonction de la motivation. Ce qu’un photographe appelle « sujet » et « fond » correspond, en psychologie, à la « figure » et au « fond », et, en art, au « positif » et au « négatif ». Si la figure est la forme positive, le fond est la forme négative. L’illusion optique de la figure et de son environnement crée une tension, car le cerveau est incapable de retenir simultanément les formes positives et négatives et ne peut décider laquelle est la plus importante. Le choix du point de vue contribue à souligner la relation entre le sujet et le fond.


Direction

Tous les contours de base expriment trois directions visuelles fondamentales et significatives : le triangle, la diagonale ; le cercle, la courbe ; le carré, l’horizontale et la verticale. Chacune de ces directions visuelles possède une forte signification associative et constitue un outil précieux pour la conception de messages visuels. La référence horizontale-verticale constitue la référence primaire de l’être humain concernant son bien-être et sa maniabilité. La direction diagonale revêt une grande importance comme référence directe à l’idée de stabilité : elle est la formulation opposée, la force directionnelle la plus instable et, par conséquent, la formulation visuelle la plus provocatrice. Les forces directionnelles courbes sont associées à l’encadrement, à la répétition et à la chaleur.


Le ton


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Les variations de lumière, c’est-à-dire le ton, constituent le moyen grâce auquel nous distinguons de manière optimale l’observation visuelle complexe de l’environnement. Nous voyons l’obscur parce qu’il est proche ou se superpose au clair, et inversement.


Lorsque nous parlons de tonalité dans le graphisme, la photographie ou le cinéma, nous nous référons à un type de pigment ou de nitrate d’argent utilisé pour simuler le ton naturel. Dans la nature, il existe des centaines de degrés tonals différents, mais dans les arts graphiques et la photographie, ces degrés sont fortement restreints. L’échelle tonale la plus utilisée, entre le blanc et le noir, comporte environ treize degrés. Nous vivons dans un monde dimensionnel, et le ton est l’un des meilleurs instruments pour indiquer et exprimer cette dimension.


La clarté et l’obscurité sont si importantes pour la perception de notre environnement que nous acceptons sans hésiter une représentation monochromatique de la réalité dans les arts visuels.


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L’augmentation du contraste dans une image simplifie les formes et met en valeur les textures marquées. Des contrastes plus faibles adoucissent le ton, réduisent l’apparence de la texture et modifient l’ambiance transmise par une image. Le contraste peut également être manipulé à des fins créatives : un faible contraste évoque la tranquillité, tandis qu’un fort contraste attire davantage l’attention.


La couleur

La couleur entretient une affinité plus intense avec les émotions ; elle est chargée d’informations et constitue l’une des expériences visuelles les plus pénétrantes que nous partageons tous, auxquelles nous associons une signification. La couleur nous offre un vaste vocabulaire très utile dans l’alphabétisation visuelle.
Les trois dimensions avec lesquelles on mesure et définit les couleurs sont : la teinte (hue), c’est-à-dire la couleur elle-même ou chroma ; la saturation, qui désigne la pureté d’une couleur ; et la luminosité, la valeur des gradations tonales.
Aucune couleur ne peut être considérée comme une valeur absolue ; en effet, les couleurs s’influencent mutuellement lorsqu’elles se rapprochent. Les couleurs ont un relief différent selon le contexte dans lequel elles sont disposées ou se trouvent.


1. La couleur, un élément expressif

La couleur, dans son champ graphique, a plusieurs applications ; on la classe en couleur dénotative et couleur connotative.
La couleur est dénotative lorsqu’elle est utilisée pour représenter la figure ou un autre élément intégré aux images réelles de la photographie ou de l’illustration. On peut distinguer trois catégories de couleur dénotative : iconique, saturée et fantaisiste, en reconnaissant toujours l’iconicité de la forme présentée.


Couleur iconique

On définit une couleur iconique comme l’expressivité chromatique en fonction d’une accélération identificatrice : la terre est marron, la cerise est rouge et le ciel est bleu. La couleur est un élément fondamental de l’image réaliste, car la forme incolore apporte peu d’informations pour le déchiffrement immédiat des images. L’ajout d’une couleur naturelle accentue l’effet de réalité et permet une identification plus rapide de l’objet ou de la figure représentée. La couleur exerce ainsi une fonction de réalisme qui se superpose à la forme des choses : une pomme paraîtra plus réelle si elle est reproduite dans sa couleur naturelle.


Couleur saturée

Il s’agit d’une couleur altérée ou manipulée par rapport à son état naturel et réel. Plus brillante, elle est plus dense, plus pure et plus lumineuse. La couleur saturée naît de l’exagération des couleurs afin de mieux capter l’attention du spectateur. L’environnement devient plus attractif : par ce procédé, le cinéma, la photographie, l’illustration, les affiches, etc., obéissent à une représentation graphique chromatique exagérée qui crée une euphorie colorée.


Couleur fantaisiste

La fantaisie et la manipulation naissent comme une nouvelle forme d’expression ; par exemple, les images colorisées à la main, dont la forme n’est pas altérée mais la couleur l’est. Il en résulte une ambiguïté entre l’image ou la photographie représentée et la couleur expressive qui lui est appliquée, créant ainsi une fantaisie qui respecte les formes tout en modifiant la couleur naturelle.


Couleur connotative

La connotation est l’action créée par des facteurs non descriptifs, mais psychologiques, symboliques ou esthétiques, qui suscitent une certaine ambiance et correspondent à de vastes subjectivités. C’est un élément esthétique qui affecte les subtilités perceptives de la sensibilité.
La couleur ne possède pas seulement une signification universellement partagée grâce à l’expérience, mais aussi une valeur indépendante, informative, à travers les significations qui lui sont attribuées symboliquement. On associe certaines sensations à certaines couleurs, en gardant à l’esprit que cela reste excessivement personnel et subjectif :
  • Bleu : couleur réservée, qui semble s’éloigner. Peut exprimer la confiance, l’harmonie, l’affection, l’amitié, la fidélité ou l’amour.
  • Vert : réservé et splendide. Couleur de l’espérance. Exprime la nature, la jeunesse, le désir, le repos ou l’équilibre.
  • Rouge : exprime la joie, l’enthousiasme et la communication. Passion, émotion, action, danger, guerre… Vie, charité ou triomphe.
  • Jaune : rayonne toujours dans toutes les directions. Égoïsme, jalousie et envie, haine, adolescence, rire ou plaisir.
  • Orange : le plus visible après le jaune. Signal de danger. Peut signifier réjouissance, fête, présence du soleil…
  • Violet : absence de tension. Peut signifier calme, dignité ou maîtrise de soi.
  • Blanc : idée d’innocence, de paix, d’âme, de divinité. Harmonie.
  • Noir : couleur de la dissolution, de la tristesse, de la désolation. Rupture, mort…
  • Gris : couleur qui égalise toutes les choses et laisse à chaque couleur ses caractéristiques propres sans les influencer. Peut exprimer la désolation, l’ennui, le passé, l’absence de vie ou le découragement.
« La chromopsychologie ou psychologie chromatique ne veut pas devenir une mode. Elle évite, par conséquent, les effets spontanés et décoratifs. Son but est d’utiliser les couleurs comme des forces vivantes. Travailler artistiquement signifie créer, en se servant des lois éternelles de la nature, réaliser des travaux qui ne falsifient pas la nature elle-même, mais naissent de son esprit » (Frieiling-Auer).


La texture

La texture apporte au design un regard, une sensation ou une surface. Nous rencontrons quotidiennement une grande variété de textures dans l’environnement qui nous entoure. La texture permet de créer une adaptation personnalisée de la réalité en ajoutant dimension et richesse au design.
Il existe deux types de texture : tactile et visuelle. Les textures tactiles sont toutes celles perceptibles au toucher, par exemple celle d’une surface rugueuse, en relief, ou celle d’un papier fin, ou encore la douceur du velours. Les textures visuelles sont des textures imprimées qui ressemblent à la réalité, comme le sable, les pierres ou les rochers. Parmi cette catégorie, certaines textures existent réellement et d’autres sont irréelles.


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La texture en mosaïque ou en motif est un type de texture visuelle. Lorsqu’une image ou une ligne, quel que soit son type, se répète de nombreuses fois, elle finit par créer une texture visuelle. Le fond d’écran du bureau de Windows en est un bon exemple.
La texture est l’élément visuel qui sert fréquemment de substitut aux qualités d’un autre sens, le toucher. Elle a la faculté de créer différentes ambiances et comprend des facteurs tels que la mise au point, les marques, les distorsions accidentelles, etc. Ce sont les caractéristiques de certains types de caractères typographiques. Il est possible qu’une texture n’ait aucune qualité tactile et ne possède que des qualités optiques, comme les lignes d’une page imprimée, le dessin d’un tissu en maille ou la trame. Lorsqu’une texture est réelle, les qualités tactiles et optiques coexistent, permettant une sensation individuelle à l’œil et à la main, même si nous projetons les deux sensations dans une signification fortement associative.


L’échelle ou la proportion : l’espace

Elle concerne la manière dont, en reliant différents éléments visuels, ceux-ci se modifient mutuellement quant à leur taille. Son contrôle permet en outre la manipulation créatrice de l’espace. Il n’existe pas de grand sans petit. Nous nous faisons une idée de la taille en comparant les objets de l’image. Sans référence, il faut deviner la taille, et l’on peut tomber dans l’erreur de créer des mondes à l’échelle ambiguë.


Le facteur le plus déterminant dans l’établissement de l’échelle est la mesure de l’être humain lui-même. Il existe des formules proportionnelles sur lesquelles fonder une échelle ; la plus célèbre est la « section dorée » des Grecs, qui permet de diviser l’espace en parties égales afin d’obtenir un effet esthétique agréable et qui peut s’avérer très efficace. Elle a été formulée par Marcus Vitruvius, autorité romaine en architecture. La section dorée est un nombre irrationnel qui procède du lien existant entre deux segments appartenant à une même droite. Cette proportion se retrouve dans la nature (fleurs, feuilles, la coquille d’un escargot, etc.) et dans les figures géométriques, et on lui attribue une valeur esthétique : ce dont les formes respectent la proportion dorée est considéré comme beau. Elle est également appelée nombre d’or, nombre doré ou divine proportion, et a longtemps été associée à des propriétés mystiques supposées. Elle est représentée par la lettre grecque φ (phi), en minuscule, ou Φ (Phi), en majuscule, en l’honneur du sculpteur grec Phidias. L’équation s’exprime ainsi :


Un plus la racine carrée de cinq, le tout divisé par deux, donne environ 1,61803398874989… L’une des propriétés arithmétiques les plus curieuses est que son carré (Φ² = 2,61803398874988…) et son inverse (1/Φ = 0,61803398874988…) possèdent les mêmes infinités de décimales.
On peut dire que la proportion dorée naît de la relation entre un segment a et un segment b. Le segment a est plus long que le segment b, tandis que la longueur totale de la droite est, par rapport au segment a, ce que le segment a est par rapport au segment b.

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