La Guerre d'Indépendance espagnole et les Cortes de Cadix

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Point 1 : Le Traité de Fontainebleau

Charles IV monta sur le trône d'Espagne en 1788 et trouva un pays plongé dans une grave crise économique et sociale. Après plusieurs gouvernements, Manuel Godoy devint Premier ministre.

En France, Napoléon Bonaparte, qui venait de se proclamer empereur en 1804, cherchait à porter atteinte à l'économie britannique. Il avait établi un blocus commercial pour perturber le commerce avec le continent, mais pour que ce blocus réussisse, il était nécessaire d'empêcher les violations venant des côtes du Portugal. L'empereur pensa à l'Espagne comme un lieu idéal pour pénétrer au Portugal.

Le 27 octobre 1807, le Traité de Fontainebleau fut signé entre Napoléon et l'Espagne. Godoy autorisa le passage des troupes françaises sur son territoire pour occuper le Portugal. Face à l'arrivée successive des troupes françaises, Godoy comprit les véritables intentions de Napoléon : occuper l'Espagne. Il essaya alors de transférer la famille royale à Séville pour partir vers l'Amérique, avec Aranjuez comme première étape.

La Mutinerie d'Aranjuez

Le mécontentement face à la présence des troupes françaises, habilement promu par Ferdinand qui aspirait au trône de son père, mena à la mutinerie d'Aranjuez (17 mars 1808). La résidence royale fut attaquée par le peuple, Godoy fut arrêté et Charles IV fut forcé d'abdiquer en faveur de son fils.

Ferdinand VII chercha la reconnaissance de Napoléon. Cela mena la famille royale à Bayonne, obligeant Ferdinand à rendre les droits à la Couronne à son père, et Charles IV à abdiquer en faveur de Napoléon.

Le 2 mai

En mai 1808, la situation en Espagne était chaotique. Il n'y avait plus de pouvoir réel, situation aggravée par la présence des troupes françaises. Le Conseil d'administration de Ferdinand VII continua d'exercer ses fonctions en collaboration avec Napoléon. Le 2 mai, un soulèvement populaire éclata à Madrid, durement réprimé par l'armée française face à l'inaction du Conseil des gouverneurs. Les événements de Madrid provoquèrent une insurrection générale qui balaya l'Est, l'Aragon, la Catalogne, la Galice, la Castille et l'ouest de l'Andalousie.

L'insurrection populaire fut le moteur du mouvement, diffusant un sentiment de souveraineté nationale et de nationalisme.

La Bataille de Bailén

Avec les événements du 2 mai commença la guerre d'indépendance contre les Français. La bataille de Bailén joua un rôle clé dans la première phase de la guerre, marquant le triomphe initial de la résistance espagnole et provoquant le retrait des troupes françaises.

Les Cortes de Cadix

Les Cortes ouvrirent leur session en 1810, initialement sur l'Isla de León (San Fernando, Cadix) et, plus tard, à Cadix. Elles restèrent réunies pendant trois ans. Les premières réunions comptaient une centaine de députés, mais le nombre augmenta jusqu'à trois cents ou plus. Parmi eux se trouvaient :

  • Des prêtres
  • Des avocats et juges
  • Des professeurs
  • Des militaires
  • Des propriétaires et commerçants

Le système de vote fut convenu par individus plutôt que par ordres, comme sous l'Ancien Régime. Les Cortes de Cadix furent les premières assemblées modernes en Espagne, réplique de l'Assemblée nationale constituante née en 1789 après la Révolution française.

Le travail des Cortes visait à détruire les fondations de l'Ancien Régime et à mettre en œuvre les idées des intellectuels éclairés, aboutissant à la Constitution de 1812.

Décrets

Les Cortes de Cadix adoptèrent une série de décrets importants :

  • Liberté de la presse (19 octobre 1810) : avec la création d'une commission de censure pour les affaires politiques.
  • Abolition de l'Inquisition (22 février 1810).
  • Abolition des cours féodales : suppression du monopole aristocratique sur la justice.
  • Saisie des biens : confiscation des revenus des traîtres, de l'Inquisition et des ordres militaires.
  • Libre entreprise : suppression du système de guildes, permettant aux propriétaires de contracter librement.

La Constitution de 1812

La Constitution de Cadix fut établie le 19 mars 1812. Elle concevait un État fondé sur la démocratie parlementaire et garantissait les droits des citoyens : liberté civile, propriété et autres droits légitimes.

  • Pouvoir législatif : partagé entre le Parlement et le roi.
  • Pouvoir exécutif : le roi, conseillé par un Conseil d'État.
  • Pouvoir judiciaire : attribué à des tribunaux indépendants.

La souveraineté résidait dans la nation. La société d'ordres disparut au profit de l'égalité des individus devant la loi et le fisc. Le gouvernement local fut confié aux municipalités et aux conseils provinciaux élus. Une milice nationale fut créée et un plan général d'enseignement fut mis en place.

Bien que tout le travail législatif des Cortes de Cadix fut annulé au retour de Ferdinand VII, il définit le libéralisme espagnol et servit de modèle à de nombreuses constitutions internationales.

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