Ius honorarium et ius civile : droit romain, édit du préteur et équité

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Résumé

Ce document présente l'opposition et la complémentarité entre le ius civile, droit des citoyens romains issu des leges et plébiscites, et le ius honorarium, créé par les magistrats, en particulier le préteur. Il explique comment le préteur corrige, complète et adapte le droit civil grâce à l'équité, et comment les édits ont progressivement acquis une force normative.

Points clés

  • Le ius civile régit les relations entre citoyens romains et trouve son origine dans le ius Quiritarium.
  • Le ius honorarium émane des édits des magistrats, notamment du préteur, et repose sur la potestas du magistrat.
  • Le ius praetorium est présenté par Cicéron et les juristes classiques comme un supplément qui corrige, complète et aide le ius civile.
  • La Lex Hortensia a établi l'équivalence entre les plébiscites et les leges, ce qui fait partie du ius civile.
  • Le préteur ne change pas l'essence du ius civile mais le rectifie grâce à l'aequum ius (équité).
  • La protection prétorienne est de nature procédurale et limitée au procès ; elle ne modifie pas l'origine des institutions civiles.

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Ius honorarium et ius civile

Ius honorarium — Le ius honorarium s'est formé, selon Kaser, pour toutes les créations de procédure et pour d'autres décisions rendues par les magistrats et les juges des cours. C'est ce qui a conduit le ius honorarium à s'adapter à l'évolution de la vie sociale et juridique romaine.

Le ius honorarium est un droit fondé sur la potestas du magistrat romain; il émane des édits des magistrats et, en particulier, du préteur.

Ius civile

Le ius civile est, quant à lui, une organisation juridique visant à réglementer les relations entre citoyens (cives) — c'est‑à‑dire entre Romains — et trouve ses racines dans le droit archaïque romain, d'abord appelé ius Quiritarium (ou droit des Quirites, les premiers habitants de Rome).

Antagonisme et complémentarité

Cet antagonisme entre le ius civile et le ius honorarium repose sur des raisons juridiques, politiques et pratiques : le préteur intervient pour corriger des insuffisances du ius civile et pour offrir des solutions adaptées aux évolutions sociales.

On sait, par Cicéron et les juristes classiques, que le ius praetorium (ou ius honorarium) était présenté comme un supplément aidant le ius civile, avec pour fonctions de :

  • corriger le droit civil;
  • compléter des lacunes;
  • contribuer à l'élaboration et à l'application du ius civile connu.

Le ius civile représentait alors le produit légitime des leges publicae de Rome et, plus tard, également des plébiscites (en particulier après que la Lex Hortensia ait établi l'équivalence entre les plébiscites et les leges).

Rôle du préteur et de l'équité

Le préteur ne pouvait pas changer l'essence du ius civile, mais il pouvait le rectifier et l'adapter aux changements sociaux afin de créer des solutions plus équitables (aequum ius, voir «équité»).

Gayo (Gaius) estimait que l'application stricte du ius civile pouvait, dans certains cas, produire une forme d'anarchie, que l'on pouvait corriger en appliquant l'équité prétorienne. Lauria a bien compris que la protection prétorienne est de nature procédurale et limitée au procès; elle ne change ni la nature ni l'origine des institutions civiles auxquelles elle s'applique. Le préteur n'annule pas les relations entre citoyens, mais il les use et en modifie certaines conséquences.

Évolution jurisprudentielle

En outre, Kipp (ou Kaser selon les interprétations) a soutenu que les magistrats, par leurs édits et leur pratique jurisprudencielle quotidienne, ont progressivement conféré une force normative aux constitutions prétoriennes. Ces édits, utilisés en jurisprudence et dans la pratique quotidienne, ont fini par créer un nouveau principe ou une nouvelle règle juridique, rendant nécessaire la compilation de nouveaux édits.

Par conséquent, la loi prétorienne (ou edictal law) peut être vue comme un remaniement de la pratique et de la jurisprudence, qui a été institutionnalisé et a influencé certains principes du ius civile et du ius honorarium. Même si, dans la conscience romaine, ces sources demeuraient opposées, dans la pratique elles n'ont pas cessé d'évoluer avec le temps (notamment avec l'apparition des rescrits).

Note : Les termes latins sont conservés en italique afin de respecter la terminologie juridique romaine et d'optimiser la recherche SEO sur ces expressions spécifiques.

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre ius civile et ius honorarium ?

Le ius civile est le droit propre aux citoyens romains, issu des leges et plébiscites. Le ius honorarium est créé par les magistrats, en particulier le préteur, par leurs édits, pour corriger et compléter le ius civile.

Quel est le rôle du préteur dans le droit romain ?

Le préteur corrige les insuffisances du ius civile et adapte le droit aux évolutions sociales en appliquant l'équité. Il ne peut pas changer l'essence du ius civile, mais il peut le rectifier.

Que signifie aequum ius ?

Aequum ius désigne le droit équitable créé par le préteur pour proposer des solutions plus justes que l'application stricte du ius civile.

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2. Quelle est la source principale du ius honorarium ?
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4. Quel est le but de l'équité prétorienne selon Gayo ?
5. Quelle est la nature de la protection prétorienne selon Lauria ?
6. Comment les édits prétoriens ont-ils acquis une force normative ?

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