Lingua galega : la norme standard et sa normalisation

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Le galicien standard : norme et normalisation

Le processus de récupération et de normalisation linguistique repose principalement sur l'établissement d'une norme standard qui agit comme élément unificateur de la langue et sert de référence pour les usages formels, comme l'enseignement ou l'administration, et permet également que l'idiome soit senti comme sien par tous les locuteurs. On peut donc dire que la variété standard est un modèle de langue commun, identifié et accepté par tous les locuteurs comme la forme correcte et normative du code linguistique, une variété fonctionnelle associée au niveau moyen ou cultivé et au registre formel.

La normativisation : choix et codification

L'établissement d'une norme standard est ce que l'on appelle la normativisation. Elle consiste à choisir les formes correctes et à établir leur graphie, leur phonétique et leurs significations, qui seront consignées dans les dictionnaires et les grammaires de la langue. Dans ce choix, il faut tenir compte de l'évolution historique des étymons, de la relation historique de cette langue avec d'autres dont elle a reçu des emprunts et des influences, ainsi que des changements sociaux ayant favorisé son usage dans de nouveaux domaines. Ainsi, la langue standard s'adaptera aux nouveaux domaines sociaux, comme l'enseignement ou le commerce, pour devenir le code efficace de la communication.

Les quatre phases de la normativisation du galicien

Le processus de normativisation du galicien est passé par quatre phases.

1. La phase « dialectale ou popularisante » (XIXe siècle)

La première correspond au XIXe siècle et se nomme « dialectale ou popularisante », car sa source principale est la langue orale de l'époque, très émaillée de castillanismes, de vulgarismes et de dialectalismes. Elle est précédée de quatre siècles dépourvus de toute normativisation, pendant lesquels les écrivains se virent obligés d'écrire en reflétant leurs traits dialectaux. Dans la seconde moitié de ce siècle, on tenta d'élaborer des dictionnaires et des grammaires, mais ceux-ci prenaient le castillan comme référence.

2. La phase « enxebrizante » (début du XXe siècle – 1936)

La deuxième phase, « enxebrizante », s'étend du début du XXe siècle jusqu'en 1936. Elle se caractérise par la nécessité de se différencier du castillan, motivée par l'essor des idées nationalistes, qui conduisit les écrivains à employer des formes s'éloignant le plus possible de cette langue : ce sont les hypergalicianismes comme *primaveira, les lusismes comme *leitor ou les archaïsmes comme *falescer, qui répondent à la diffusion des textes médiévaux. À ce moment-là, il n'existe pas encore de modèle unique, bien que naissent les premières tentatives pour y parvenir, comme celle du Seminario de Estudos Galegos.

3. La phase « protostandard » (fin de la guerre civile – années 70)

La troisième phase est la « protostandard », qui s'étend de la fin de la guerre civile jusqu'aux années 70. Il s'agit d'une étape de simplification orthographique, avec la suppression des apostrophes, des accents circonflexes ou des traits d'union. On chercha ainsi une langue plus puriste et sélecte, surtout dans le domaine littéraire. De plus, on commença à rechercher un modèle commun pouvant servir de standard, ce qui conduisit la maison d'édition Galaxia à adopter une norme interne.

4. La phase du « galicien standard » (années 70 – aujourd'hui)

La dernière phase est celle du « galicien standard », qui s'étend des années 70 à nos jours. Les autorités académiques travaillent désormais à l'établissement d'un modèle supradialectal, simplifié dans la graphie et libre de castillanismes, d'archaïsmes et d'hypergalicianismes.

Fondements scientifiques et textes normatifs

Toutes les décisions prises reposent sur des études scientifiques réalisées par les philologues de l'Instituto da Lingua Galega (ILG) à partir des données des enquêtes de l'Atlas Linguistique de la Langue Galicienne (ALGA). Il convient d'ajouter que tous ces efforts ont trouvé leur expression maximale dans les Normes Orthographiques et Morphologiques de la Langue Galicienne de 1982, malgré les obstacles et l'opposition des partisans d'un rapprochement avec le portugais, et qui furent réformées en 2003 par consensus avec toutes les forces concernées.

Conclusion

En conclusion, à mesure que ces réformes s'installaient, se consolidait le travail sur lequel s'est appuyé le long processus de normativisation et de récupération de tous les usages normaux de notre idiome. Il faut enfin souligner que, dans ce long processus, la variété standard en est le pilier fondamental.

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