Mondialisation : Concurrence et hiérarchie des territoires

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La mondialisation met en concurrence les sociétés et les territoires à toutes les échelles. Les villes mondiales sont des centres incontournables dans la mondialisation, tout comme les grandes puissances et les façades maritimes. Les PMA sont peu intégrés à la mondialisation car ils accumulent des facteurs répulsifs, mais la hiérarchie des territoires mondiaux est en mouvement constant.

I. Pôles majeurs mondiaux

A. Un monde multipolaire

De 1945 à 1991, le monde était bipolaire en raison de la guerre froide. En 1991, l'URSS s'effondre, faisant des États-Unis une hyperpuissance, or leur influence a été affaiblie par les attentats du 11 septembre 2001 et le décollage économique de nombreux pays. Ainsi, les années 2000 sont marquées par l'avènement des pays émergents (les BRICS), dont la part dans la production de la richesse mondiale est passée de 5 % en 1980 à 23 % en 2015. Le groupe des pays émergents compte des puissances régionales (comme le Mexique) qui pèsent au niveau international. On peut donc constater qu'il n'y a pas "un Sud", mais "des Suds". Les liens de dépendance Nord-Sud s'affaiblissent et l'hégémonie du Nord est partiellement remise en cause (passage du G8 au G20).

Les principaux centres d'impulsion mondiale sont les pays de la Triade : ils concentrent les sièges sociaux des FTN et les sièges des grandes organisations internationales et nationales. Ces centres sont concurrencés par les pays émergents, qui sont des géants démographiques, territoriaux et économiques, mais dont l'intégration à la mondialisation reste incomplète en raison de fortes inégalités sociales. Certains petits territoires constituent des moteurs de la mondialisation : les technopoles (comme la Silicon Valley), les zones franches d'exportation (ZFE) et les paradis fiscaux.

B. Les métropoles mondiales

Les grandes métropoles sont des pôles privilégiés de la mondialisation : elles concentrent les fonctions de commande (sièges de FTN, etc.), offrent des services internationaux et abritent les universités les plus prestigieuses du monde. Ces fonctions sont localisées dans les CBD et accueillent des "hubs" d'envergure mondiale assurant une accessibilité maximale.

Les grandes métropoles sont classées selon une hiérarchie urbaine mondiale, dominée par les villes mondiales (New York, Londres, Paris, Tokyo), qui sont toutefois concurrencées par des villes secondaires (Singapour, Hong Kong). Beaucoup de métropoles secondaires, situées dans le Sud, font face à une explosion urbaine et à un processus de ségrégation spatiale. Dans les quartiers centraux de ces métropoles, on observe un phénomène de gentrification, tandis que des bidonvilles se développent en périphérie, accumulant les dysfonctionnements (accès à l'eau, à l'électricité).

Les métropoles mondiales fonctionnent en réseau. Plus de 30 grands aéroports mondiaux polarisent 70 % du trafic aérien mondial. Certaines métropoles sont très proches les unes des autres et forment des mégalopoles (comme aux États-Unis). Toutes ces grandes métropoles sont unies au sein de l'archipel mégalopolitain mondial (AMM).

C. Les grandes façades maritimes

La mondialisation repose sur la littoralisation des hommes et des activités, ce qui entraîne l'émergence de grandes façades maritimes regroupant les principaux ports mondiaux (de la façade chinoise à Singapour).

II. Territoires et sociétés en marge de la mondialisation

Les inégalités sont fortes au sein de la mondialisation : la pauvreté a reculé depuis 30 ans, or les écarts restent importants entre les très riches et les très pauvres (selon Oxfam, 8 milliardaires possèdent autant de richesse que la moitié la plus pauvre de la population mondiale). Les inégalités touchent aussi les pays développés ; par exemple, dans les années 2000, 17 % des Américains vivaient sous le seuil de pauvreté (gagnant moins de 2 dollars par jour).

Tous les pays et territoires mal intégrés à la mondialisation sont mal développés et font face à des difficultés majeures : manque d'infrastructures, instabilité politique, misère, accès difficile à la santé et à l'éducation, formant ainsi une spirale négative. Malgré tout, certains territoires en marge de la mondialisation peuvent recevoir des investissements. Par exemple, Phnom Penh, la capitale du Cambodge, se modernise avec la construction d'un CBD qui attire 90 % des investissements du pays.

B. Les PMA

Les PMA (Pays les moins avancés) sont les pays les plus pauvres de la terre, très peu intégrés à la mondialisation (ils sont au nombre de 47 : 34 en Afrique, 8 en Asie, 1 dans les Caraïbes et 4 en Océanie). Pour l'ONU, un PMA se définit par un PIB par habitant inférieur à 900 dollars, un retard de développement, une grande vulnérabilité économique et un IDH faible, car il cumule des problèmes politiques et sociaux, notamment la corruption.

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