Multiculturalisme : modèles anglo-saxon et français

Sciences humaines et socialesMis à jour le 3,66 KB

Résumé

Ce document présente le multiculturalisme comme la coexistence de différentes cultures, religions et valeurs dans un pays, et compare deux grands modèles d'intégration : le modèle anglo-saxon, fondé sur la liberté accordée aux immigrés, et le modèle français, qui attend une intégration rapide et une pratique culturelle confinée à la vie privée. Il analyse les effets de chaque modèle, notamment la formation de ghettos, la radicalisation et les tensions des banlieues.

Points clés

  • Le multiculturalisme désigne l'union de différentes cultures dans un pays et caractérise les sociétés développées.
  • Le modèle anglo-saxon (Royaume-Uni, États-Unis, Canada) accorde une grande liberté aux immigrés en matière vestimentaire, résidentielle, religieuse et culturelle.
  • Cette liberté a parfois conduit à la formation de ghettos et à un détachement progressif du pays hôte.
  • Le modèle français encourage une intégration rapide et profonde, en reléguant coutumes et habillement à la vie privée.
  • Le modèle français a cherché à empêcher la concentration d'immigrés dans des quartiers fermés, sans éviter les violences des banlieues, notamment en 2005.
  • Les jeunes de troisième génération d'immigrés, marginalisés, subissent discriminations à l'emploi, difficultés scolaires et harcèlement policier.

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Multiculturalisme : C'est l'union des différentes cultures dans un pays (Espagne, Catalogne, Galice, Équateur, Roumanie, etc.). Il est une caractéristique des sociétés développées. Il suppose un caractère laïque ou religieux, c'est‑à‑dire l'absence d'une religion officielle autorisant la coexistence de différentes religions, de valeurs morales, etc.

Un modèle commun

Il existe deux grands modèles : le modèle anglo-saxon et le modèle français.

Exemples : Royaume‑Uni, États‑Unis, Canada. Dans ce modèle dit « commun », on observe une grande liberté accordée aux immigrés en matière :

  • de liberté vestimentaire,
  • de choix du lieu de résidence,
  • de culte religieux,
  • d'expression et de pratiques culturelles.

Dans ces pays, comme cela est connu aux États‑Unis, cette liberté a parfois conduit à la formation de ghettos où l'immigrant se retrouve enfermé et rompt progressivement les liens avec le pays hôte.

Modèle anglais

On a dit qu'une trop grande liberté a pu conduire, par exemple, au développement de pratiques en contradiction avec le droit local, notamment en matière d'héritage et de litiges matrimoniaux. Mais surtout, certains estiment que cette situation a favorisé une radicalisation de la prédication islamique en Angleterre, liée aux attentats de 2005. Bien que l'on ait analysé l'origine de ces attaques sous différents angles, il semble que la marginalisation des jeunes de troisième génération d'immigrés ait contribué à leur sentiment de rejet.

Modèle français

Dans le modèle français, l'immigrant est encouragé — voire attendu — à s'intégrer rapidement et profondément à la culture française. On considère par exemple que tout ce qui a trait aux coutumes et à l'habillement doit rester dans la vie privée. Cela signifie, par exemple, que le voile islamique ou la burqa ne doivent être utilisés que dans l'intimité et jamais dans des lieux officiels ; que les pratiques liées à des fêtes religieuses (comme le Ramadan) doivent intervenir le moins possible au travail, etc.

On justifie parfois cette exigence en affirmant que certains signes visibles sont synonymes de la soumission des femmes au père, au mari ou à une autorité religieuse, alors que, lorsque les immigrés jouissent des droits et libertés des Français, ils peuvent penser par eux-mêmes, être autonomes et, par leur participation aux élections, participer à la vie publique et à la gestion des affaires du pays.

En France, par exemple, pour éviter de créer des ghettos on a cherché à empêcher la concentration d'immigrés dans des quartiers fermés. Malgré ces efforts, la violence des banlieues — incendies massifs de voitures, atteintes aux centres culturels, etc. — notamment observée en 2005, touche surtout des populations immigrées qui n'ont pas les mêmes droits que les Français. Ces personnes subissent des discriminations à l'embauche, des difficultés scolaires (on leur dit parfois qu'ils ne valent rien) et sont parfois harcelées par la police.

  • Violence et tensions sociales (banlieues, 2005),
  • Discrimination à l'emploi,
  • Problèmes scolaires et stigmatisation,
  • Harcèlement policier.

Une telle violence exprime la nécessité de donner les mêmes droits que les autres Français. Ces jeunes appartiennent souvent à la troisième génération d'immigrés : un grand‑parent ou des grands‑parents ont été ceux qui sont venus en France.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que le multiculturalisme ?

Le multiculturalisme est l'union de différentes cultures dans un pays. Il caractérise les sociétés développées et suppose l'absence de religion officielle, permettant la coexistence de religions et de valeurs morales variées.

Quelle est la différence entre le modèle anglo-saxon et le modèle français ?

Le modèle anglo-saxon accorde une grande liberté aux immigrés dans leurs pratiques culturelles, religieuses et vestimentaires. Le modèle français attend au contraire une intégration rapide et profonde, les coutumes et l'habillement devant rester dans la vie privée.

Pourquoi le modèle anglo-saxon peut-il conduire à la formation de ghettos ?

Une grande liberté de choix du lieu de résidence et de pratiques culturelles peut enfermer l'immigrant dans des quartiers communautaires. Il rompt alors progressivement les liens avec le pays hôte.

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1. Qu'est-ce que le multiculturalisme selon le texte ?
2. Quel pays est cité comme exemple du modèle anglo-saxon ?
3. Dans le modèle français, où doivent rester les coutumes et l'habillement ?
4. Quel événement est associé aux violences des banlieues dans le texte ?
5. Quelle discrimination subissent les immigrés selon le texte ?
6. À quelle génération appartiennent souvent les jeunes des banlieues évoqués ?

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