La philosophie du langage de Ludwig Wittgenstein
La philosophie du langage chez Wittgenstein
Dire que les mots décrivent le monde, c'est assister à l'une de ses utilisations. Désormais, on défend une pluralité de fins dans l'utilisation de la langue. Le sens d'un mot ou d'une expression ne peut être déterminé qu'en tenant compte de l'utilisation qui en est faite : ce sont les jeux de langage. Un mot est comme une pièce d'échecs ; comprendre ce qu'est une pièce d'échecs, c'est comprendre le jeu dans son ensemble.
Le sens et l'usage des mots
Le sens d'un mot, dans un jeu de langage, correspond à l'ensemble des activités définies par certaines règles régissant les utilisations des mots dans notre langue. Le sens d'un mot est déterminé par son utilisation dans le langage courant. Suivre une règle, c'est pratiquer une habitude, une utilisation : un mode de vie.
« Qu'elle soit ordinaire ou vague, toute phrase a un sens où tout prend un ordre parfait. » Ne cherchez pas la langue idéale. Il faut mettre en place l'utilisation quotidienne pour préciser ceux qui sont confus. « La chose importante est l'utilisation de la langue. »
La langue comme boîte à outils
L'utilisation de la langue a trait au sens des mots. Elle ne fait pas référence à des objets. L'important n'est pas le sens des mots dans un contexte spécifique, mais l'utilisation globale de la langue. La langue est considérée comme une boîte à outils. Les usages changent au fil du temps pour prendre de nouvelles formes.
Tous les changements dans l'utilisation des langues sont valables :
- Donner des ordres ;
- Décrire des objets ;
- Raconter un événement ;
- Spéculer sur des événements ;
- Tester des hypothèses ;
- Plaider, remercier, maudire, raisonner...
Les règles et la grammaire
La langue est un jeu auquel nous participons. Le jeu montre les attentes réciproques de la population. Les jeux de langage se réfèrent à la compréhension de la vie dans laquelle on est immergé, ce qui implique une série de règles de grammaire. Elles sont le produit d'une pratique dans le contexte de la vie quotidienne. Elles ne sont pas toujours claires et doivent couvrir toutes les lacunes. Parler et agir vont de pair.
Grammaire de surface et grammaire profonde
- Grammaire de surface : Elle analyse la fonction syntaxique. Elle voit des généralisations empiriques dans deux propositions : « toutes les roses ont des épines » (je ne peux imaginer une rose sans épines) et « toutes les lattes ont une longueur » (je ne peux imaginer une latte sans longueur). La première est une proposition d'expérimentation.
- Grammaire profonde : Elle est d'ordre conceptuel et contient le sens des propositions.
Le nouveau rôle de la philosophie
La philosophie possède une fonction descriptive (description des usages) et une fonction thérapeutique (faire face à la perplexité et à la détresse causées par l'abus de langage). Il s'agit de vérifier si l'usage fait des mots est au-delà de la langue à laquelle il appartient. Analyser nos formes d'expression permet de corriger l'abus de langage en tout temps.
Le travail du philosophe consiste à :
- Vérifier les mots qui expriment des concepts philosophiques ;
- Éviter les malentendus du langage ;
- Analyser les formes d'expression dans le langage ordinaire ;
- Éviter le langage qui se déplace dans le vide ;
- Comprendre le langage comme une boîte à outils ;
- Comprendre que les problèmes linguistiques ne sont pas empiriques, mais linguistiques.
Le travail du philosophe est de résoudre les problèmes de langue en corrigeant la mauvaise utilisation qui en est faite.
Les deux périodes de Wittgenstein
On distingue deux œuvres différentes : le Tractatus Logico-Philosophicus (1er Wittgenstein) et les Recherches philosophiques (2e Wittgenstein).
Le Tractatus Logico-Philosophicus
On ne peut pas quitter la logique. La logique connecte avec le monde par les noms de la langue et les propositions. Les noms se réfèrent à des objets simples. Ces signes représentent une référence. Le sens nécessite une vérification : ce sont des représentations de la réalité, des images, de l'art. Ils partagent leur forme logique. S'ils correspondent à la réalité, ils sont réels ; sinon, ils sont faux. Ils sont classés en propositions atomiques et moléculaires.
La structure logique est partagée par la réalité et le langage, ce qui nous permet de parler du monde. Cette structure est déterminée par la logique. Les tautologies et les contradictions ne disent rien sur la réalité.
Réalité, Métaphysique et Éthique
La réalité est la totalité des faits : l'existence (réelle) et le possible (métaphysique). La philosophie ne peut pas être une théorie de la réalité, elle doit être une activité : clarifier les questions de langage et délimiter les sciences naturelles (les limites de ce qui est pensé et de ce qui peut être pensé).
La métaphysique représente les limites de l'impensable. L'éthique, l'esthétique et le religieux expriment des évaluations du monde, mais ne sont pas des faits. Ils sont mystiques, des questions d'intérêt pour l'homme, au-delà des limites du langage. On ne peut pas les dire, ils se montrent. Sans faits, ces évaluations n'ont pas de sens au sens scientifique du terme.
Le sens de la vie n'est pas dans le monde, mais en dehors. Les faits du monde sont absolus et se réfèrent à des événements soumis à des lois. La science nous dit comment le monde est, sans valeur. L'éthique ne change pas les faits, mais les limites du monde, orientée vers le bonheur. La mystique porte sur la signification de la vie, l'éthique et la religion.
Les Recherches philosophiques
Ici, le parallèle entre le langage et la réalité n'est qu'un phénomène de la langue. On compare le langage et les mots à une boîte à outils : chaque outil a une fonction spécifique, mais peut être détourné de son usage initial. De même, un mot peut avoir différents usages ou fonctions de communication.