Le théâtre de Manuel de Pedrolo : liberté, absurde et censure

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L'œuvre de Manuel de Pedrolo est l'une des plus étendues et variées de la littérature catalane contemporaine. Avec plus de cent titres, il a abordé tous les genres littéraires : le roman, le théâtre, le conte et l'article, et a travaillé de nombreux thèmes et techniques.

Une production théâtrale centrée sur la liberté

Entre 1958 et 1963, Pedrolo écrit treize pièces de théâtre centrées sur le thème de la liberté, analysée sous différents angles. Ses œuvres présentent des coïncidences techniques, formelles et stylistiques qui permettent de les rapprocher du théâtre de l'absurde.

Les premières œuvres

  • Cruma (1957) : aborde l'authenticité de l'homme selon des prémisses heideggériennes ; plus l'homme est authentique, plus il se montre incapable de communiquer avec le monde extérieur.
  • Homes i No (1957) : traite de la rébellion d'un jeune couple contre le conformisme hérité.
  • Situació bis (1958) et L'ús de la matèria (1958) : réfléchissent à la liberté dans une perspective plus politique et sociale.

Réflexion philosophique sur la connaissance du monde

Des textes comme Tècnica de cambra (1959) et Algú a l'altre cap de la pece (1962) se concentrent sur les aspects philosophiques de la connaissance du monde.

Les caractéristiques de son théâtre

  • des comportements quotidiens, sans servitudes descriptives ni anecdotes ambiantes ;
  • une logique du langage comme véhicule de la discussion théorique et de la spéculation ;
  • des références plus ou moins cryptiques à la réalité sociopolitique environnante ;
  • des personnages archétypiques.

Pour contourner la censure franquiste et dénoncer la répression, Pedrolo dépouille le dialogue de toute référence permettant de localiser l'action : ses pièces n'ont ni géographie ni histoire et évitent la reproduction anecdotique de la réalité. Ses personnages sont des symboles.

Pedrolo et le théâtre de l'absurde

L'apparition du théâtre de Pedrolo coïncide avec celle du théâtre européen de l'absurde, notamment celui de Beckett et de Pinter. L'auteur lui-même a démenti ce parallèle et affirmé que son œuvre est « trop cohérente ». Il reconnaît que la vie est absurde et que les situations dans lesquelles se trouvent ses personnages en souffrent, mais que ceux-ci les affrontent avec une logique assez rigoureuse.

Les thèmes majeurs de son œuvre dramatique

Les thèmes de la mort, de la communication entre les hommes, de l'authenticité, du sens de l'existence et, surtout, de la liberté structurent son œuvre dramatique.

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