Analyse de la philosophie empiriste de David Hume
Critiques de la causalité chez Hume
Nous ne pouvons pas établir qu'une chose est sans doute vraie à partir d'un sceptique ; si nous ne savons pas ce qui est vrai, nous ne pouvons pas trouver notre proximité avec la vérité. L'expérience ne peut fournir aucune probabilité : le nombre de cas observés divisé par le nombre infini de cas possibles donne une probabilité qui tend vers zéro. Si nous partons du principe que l'avenir ressemblera au présent et au passé, c'est une certitude absolue, mais l'expérience ne fournit pas de certitudes absolues a priori. Hume suggère que l'expérience passée fonde cette certitude, mais cette expérience repose elle-même sur une certitude précédente, et ainsi de suite.
Le problème de la correspondance
Comment justifier la correspondance entre nos attentes, fondées sur une conviction psychologique, et les expériences perçues ? Hume n'a pas de réponse. Cette lacune donnera une impulsion à de nouveaux efforts pour surmonter le scepticisme, notamment chez Kant.
Conditions de la causalité
Les conditions nécessaires pour établir des relations de cause à effet sont : la contiguïté spatio-temporelle, la conjonction constante et une connexion nécessaire.
Thèse fondamentale de l'empirisme
Pour Hume, l'expérience est la source de toutes nos connaissances. Il n'existe pas d'idées innées. L'expérience constitue également la limite de nos connaissances mentales.
Définition de la perception
La perception est tout ce qui est présent à l'esprit, qu'il s'agisse d'une impression ou d'une idée. Hume désigne par là tout ce qui est présent dans l'esprit, que nous utilisions nos sens, que nous soyons animés par une passion ou que nous exercions notre réflexion.
Vivacité des idées
Les idées ne peuvent être aussi vives et fortes que les impressions que dans des circonstances exceptionnelles : fièvre, folie ou émotion violente.
Originalité du terme « impression »
Dans le Traité, Hume précise : « Je ne veux pas que l'on comprenne par le terme impression la manière dont nos impressions sont produites dans l'âme, mais simplement toutes les perceptions vivantes et fortes — sentiments, passions et émotions — qui font leur première apparition dans l'esprit. »
Critique du rationalisme et de Malebranche
Hume critique Malebranche pour sa défense des idées innées et l'invite à présenter une idée qui ne provienne pas de l'expérience.
Origine des impressions sensorielles
L'origine des impressions sensorielles reste inconnue.
Mémoire et imagination
Nos perceptions sont des estampes originales. La mémoire et l'imagination les copient pour en faire des idées. Les idées de la mémoire sont plus vives et fidèles, préservant l'ordre et la position, tandis que l'imagination peut décomposer les idées complexes en idées simples et les recomposer librement.
Classification des perceptions
Les impressions et les idées se classent en simples et complexes, issues de la sensation ou de la réflexion.
Limites de l'imagination
Bien que la pensée humaine semble illimitée, elle est strictement limitée par nos impressions simples.
Définition de la substance
La substance est une collection d'idées simples unies par l'imagination sous un nom particulier. L'idée de substance, en tant que réalité distincte de nos impressions, ne repose sur aucune impression ou réflexion ; elle n'est donc pas fondée.
Science et vérités universelles
Seules les vérités de l'arithmétique et de la géométrie sont universelles et nécessaires, car indépendantes de l'expérience (a priori), mais elles ne permettent pas d'élargir nos connaissances sur le monde.
La causalité comme habitude
La conviction en la causalité est due à l'habitude ou à la coutume. C'est un processus psychologique d'association d'idées sans fondement objectif. La causalité est une construction de l'imagination cherchant une conjonction constante, mais il n'existe aucune impression de cette connexion nécessaire.
Principes de l'association des idées
L'association est l'aménagement naturel de l'imagination. Hume identifie trois principes de connexion :
- La ressemblance
- La contiguïté dans le temps ou l'espace
- La relation de cause à effet
Ces forces sont des « soft powers » qui ne dictent pas une nécessité absolue, mais une régularité spontanée.
Problème épistémologique commun
Le défi des rationalistes et des empiristes reste le même : justifier la correspondance entre la pensée et la réalité extra-mentale.