Concepts Fondamentaux du Droit Fiscal et Obligations
1. Fait imposable, non-sujétion et exonération
Le fait imposable est indispensable pour justifier le prélèvement d'un impôt. Il constitue la réalisation d'un budget de fait lié à la règle de droit, entraînant une conséquence juridique : le paiement de l'impôt, tel que défini à l'art. 20 de la LGT.
Le fait imposable est le budget fixé par la loi pour chaque impôt, dont la réalisation entraîne la naissance de l'obligation fiscale. La loi peut compléter cette définition par des cas de non-sujétion. Le fait imposable sert d'indice de capacité économique, condition préalable à tout impôt.
La non-sujétion survient lorsque le fait imposable n'est pas réalisé ou lorsque la loi l'exclut explicitement. Bien que la frontière soit parfois ténue, la non-sujétion et l'exonération diffèrent, bien qu'elles aboutissent toutes deux à la libération de la dette fiscale.
L'exonération fiscale est une dispense légale, totale ou partielle, de payer un impôt malgré la réalisation du fait imposable. Régie par l'art. 22 de la LGT, elle permet, dans des cas exceptionnels, de combiner l'assujettissement à une taxe avec des hypothèses d'exonération partielle.
2. Entités sans personnalité juridique et fiscalité
L'art. 35.4 de la LGT dispose : « Sont considérées comme contribuables, lorsque les lois l'établissent, les successions vacantes, les communautés de biens et autres entités qui, sans personnalité juridique, constituent une unité économique ou un patrimoine séparé susceptible d'imposition. »
La question se pose de l'attribution de la capacité fiscale à ces entités. Le principe de sécurité juridique exige que, faute de règles d'organisation spécifiques, le système fiscal précise l'organe de représentation de ces entités. Ainsi, l'art. 45.3 de la LGT prévoit que ces entités agissent par l'intermédiaire de leur représentant légal ou, à défaut, par le membre le plus qualifié.
3. Modes d'extinction de l'obligation fiscale
Comme toute obligation, l'obligation fiscale s'éteint par son exécution. Les modes d'extinction sont :
- Paiement volontaire : Selon l'art. 60 de la LGT, il peut s'effectuer en numéraire ou, dans des cas prévus par la loi, par la remise de biens du patrimoine historique.
- Prescription : Conformément à l'art. 59 et 66 de la LGT, la dette s'éteint après un délai de quatre ans.
- Compensation : Crédits reconnus par l'administration fiscale.
- Annulation : Possible uniquement par remise de dette (généralement en cas de catastrophes naturelles) ou autres moyens légaux.
Note : L'expiration du délai ne signifie pas l'extinction de la responsabilité fiscale.