Guide des Droits de Succession, de Donation et de Mutation
Droits de succession et de donation
Sources réglementaires : Les règles de base de cet impôt sont contenues dans la Loi 29/1987 du 18 décembre sur les successions et donations. Cette loi a été développée par le Décret Royal (RD) 1629/1991 du 8 novembre, approuvant le règlement fiscal.
Nature et caractère : L'impôt sur les successions et donations est un impôt direct, de nature subjective, prélevé sur les gains en capital obtenus à titre gratuit par des personnes physiques (biens reçus par héritage ou donation).
Caractéristiques :
- Direct : Il s'applique directement sur le capital ou le patrimoine.
- Subjectif : Le montant de la dette fiscale dépend du patrimoine préexistant du contribuable et de son degré de parenté avec le défunt ou le donateur.
- Personnel : Le statut du contribuable sert à définir l'assujettissement à l'impôt.
- Progressif : Le taux augmente avec la valeur des biens reçus.
- Cédé : Cet impôt est cédé aux Communautés Autonomes (CCAA).
Fait générateur (assiette imposable) : Il s'agit de l'obtention d'un gain en capital à titre gratuit par un particulier, par suite d'une succession (mortis causa), d'une donation ou de la perception d'une assurance-vie.
Sujet passif (le contribuable) : Le contribuable est la personne qui bénéficie de l'augmentation de patrimoine soumise à l'impôt :
- a) Dans les acquisitions mortis causa : les successeurs (héritiers).
- b) Dans les donations et autres transferts équivalents entre vifs : le donataire ou le bénéficiaire.
- c) Dans les assurances-vie : les bénéficiaires.
Base imposable : Elle est constituée par :
- a) Pour les transferts mortis causa : la valeur nette de l'acquisition individuelle de chaque héritier, c'est-à-dire la valeur réelle des biens et des droits, déduction faite des charges et dettes déductibles.
- b) Pour les donations et autres transferts équivalents entre vifs : la valeur nette des biens et droits acquis, c'est-à-dire la valeur réelle des biens et droits, déduction faite des charges et dettes déductibles.
- c) Pour les assurances-vie : les montants perçus par le bénéficiaire.
* La base imposable est déterminée, en général, par le système d'évaluation directe.
Base liquidable :
- a) Dans les acquisitions pour cause de mort (y compris pour les bénéficiaires de polices d'assurance-vie), la base liquidable est obtenue en appliquant à la base imposable les réductions établies par la loi fiscale. De plus, les Communautés Autonomes (CCAA) peuvent créer leurs propres réductions et améliorer celles de l'État en augmentant les montants ou les pourcentages de réduction.
- b) Dans les acquisitions entre vifs (inter vivos), la base liquidable coïncide généralement avec la base imposable, bien que la loi prévoie certains abattements.
Calcul de la quote-part (impôt brut et net) : Pour déterminer l'impôt, il faut effectuer plusieurs opérations : nous devons appliquer à la base liquidable le taux d'imposition progressif pour obtenir la quote-part entière. Ensuite, on applique à cette quote-part des coefficients multiplicateurs qui varient selon le degré de parenté et le patrimoine préexistant du contribuable. Enfin, il convient d'appliquer, le cas échéant, les déductions ou réductions prévues pour obtenir l'impôt à payer.
Fait générateur et exigibilité :
- Pour les acquisitions pour cause de mort et les assurances-vie, l'impôt est exigible au décès du défunt ou de l'assuré.
- Pour les transferts entre vifs, l'impôt est exigible le jour de la conclusion de l'acte ou du contrat.
Délais de déclaration : 6 mois pour les acquisitions mortis causa, et 1 mois pour les donations.
Droits de mutation et de timbre (ITPAJD)
Sources : Décret législatif royal 1/1993 du 24 septembre approuvant le texte refondu de la loi sur les droits de mutation et de timbre (ITPAJD). Le règlement d'application a été approuvé par le Décret Royal 828/1995 du 29 mai. Cet impôt est cédé aux Communautés Autonomes (CCAA).
Nature : C'est un impôt indirect, réel et objectif.
Champ d'application et structure :
- Objectif : L'impôt vise la richesse en mouvement ou en circulation (le trafic juridique).
- Structure : Cet objectif général se décline en trois modalités :
- a) Transmissions patrimoniales onéreuses (TPO) : Concerne les transmissions à titre onéreux entre particuliers. (Note : les transmissions à titre gratuit relèvent des droits de succession et de donation, tandis que les transmissions réalisées par des entreprises dans le cadre de leur activité sont soumises à la TVA).
- b) Opérations sociétaires (OS) : Concerne la vie des sociétés.
- c) Actes juridiques documentés (AJD) : Concerne les documents notariés, administratifs et commerciaux.
- Incompatibilités : Les deux premières modalités (TPO et OS) sont incompatibles entre elles : un même acte ne peut être taxé à la fois comme transmission onéreuse et comme opération sociétaire. En revanche, un acte peut être soumis à la fois à l'une de ces deux modalités et aux actes juridiques documentés (AJD), car il s'agit de deux faits générateurs distincts (l'opération économique elle-même et sa formalisation documentaire).
Champ d'application spatial (critères d'assujettissement) : L'impôt s'applique sur l'ensemble du territoire espagnol, sans préjudice des régimes fiscaux particuliers (régimes foraux) ou des traités et conventions internationaux. Le critère principal d'application est celui de la territorialité.
1. Transmissions patrimoniales onéreuses
- Nature et champ d'application : Cette modalité fiscale est complexe car elle englobe non seulement le transfert de biens contre un prix, mais aussi d'autres actes juridiques qui ne sont pas strictement qualifiés de transmissions.
- Fait générateur (opérations imposables) : Sont soumises les transmissions à titre onéreux entre vifs de tous types de biens et droits constituant le patrimoine de personnes physiques ou morales, en dehors de l'activité professionnelle ou commerciale (soumise à la TVA).
- Exonérations : Sont exonérés l'État, la Croix-Rouge, l'Église catholique, les exonérations prévues par les traités internationaux, ainsi que les apports à la communauté conjugale et les transmissions résultant de la dissolution du mariage.
- Exigibilité : L'impôt est dû le jour de la réalisation de l'acte ou du contrat taxé.
- Sujet passif (le contribuable) : Le contribuable est la personne physique ou morale qui acquiert les biens ou les droits, ou celle en faveur de qui l'acte est réalisé.
- Base imposable : Elle est constituée par la valeur réelle des biens transmis ou des droits cédés.
- Calcul de l'impôt (taux) : On applique un taux proportionnel sur la base imposable.
- Gestion fiscale et contrôle des valeurs :
- L'impôt fait généralement l'objet d'une autoliquidation par le contribuable.
- Le délai de dépôt de la déclaration est de 30 jours ouvrables à compter de la date de l'acte ou du contrat.
- L'Administration fiscale peut, dans tous les cas, vérifier la valeur réelle des biens et droits transférés.
2. Opérations sociétaires
- Fait générateur (opérations imposables) : Sont soumises principalement la constitution, l'augmentation et la réduction de capital, la fusion, la scission et la dissolution de sociétés.
- Sujet passif (le contribuable) : Généralement, la société bénéficiaire des apports (ou les associés en cas de dissolution/réduction).
3. Actes juridiques documentés (Timbre)
- Fait générateur (opérations imposables) : La taxation porte sur la formalisation de certains documents. On distingue :
- Documents notariés : Écritures publiques, actes et procès-verbaux.
- Documents commerciaux : Lettres de change, effets de commerce ou documents qui les suppléent ou les complètent.
- Documents administratifs : Titres de noblesse (réhabilitation et transmission) et, dans certains cas, les inscriptions dans les registres publics.
- Sujet passif (le contribuable) : La loi détermine dans chaque cas qui est le contribuable (généralement l'acquéreur du droit ou la personne qui demande le document).
- Exonérations :
- Exonérations subjectives : L'État, les administrations publiques, la Croix-Rouge espagnole.
- Exonérations objectives : Les apports des époux à la communauté conjugale.
- Exigibilité : L'impôt est dû le jour où l'acte juridique, le transfert ou l'opération sociétaire est formalisé ou documenté.