Théorie de la criminalité : Fondements et Concepts
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Théorie de la criminalité
Ce qui distingue l'infraction pénale du délit civil :
- En matière civile, la caractéristique principale est le dommage.
- Dans l'élément criminel, c'est la typicité : le comportement doit être spécifiquement décrit. Il y aura une infraction pénale même s'il n'y a pas de blessé, comme dans le cas d'un délit dangereux tel que l'alcool au volant.
Les sanctions dans notre Code pénal sont restrictives. La peine, quintessence du Code pénal, est restrictive de liberté. Il existe des sanctions sévères touchant le patrimoine, car la propriété est liée à la liberté (concept issu de la lutte de pouvoir lors de la Révolution française). Enlever le patrimoine est une sanction restrictive importante, car cela impacte la liberté.
La participation et l'appropriation concernent ceux qui commettent le crime et ceux qui y coopèrent, incluant la complicité.
Le triangle du droit pénal
08/03/11
Le droit pénal est un triangle composé du sujet, du fondement (l'infraction) et de la sanction, qui est la conséquence juridique. Le professeur Bustos mentionne deux grandes sections : la théorie de la criminalité (liée au crime) et la théorie de la punition (implications juridiques). Selon lui, l'étude du sujet est parfois mise de côté pour discréditer l'école positiviste italienne, qui créait des profils de délinquants, afin de ne pas croire en un droit pénal de l'auteur.
La criminologie est l'étude de la théorie du sujet.
Bases et fondements
Fondement : un crime.
Conséquences : la peine.
Le crime possède un élément factuel (quelqu'un tire sur un autre) et un élément normatif qui augmente le niveau de l'infraction. La peine dépend toujours de l'infraction ; il ne peut y avoir de peine sans fondement criminel. La pénalité n'est pas autonome, elle est liée à la criminalité.
- La réaction est une sanction pénale ou une mesure de sécurité.
Cette réaction diffère des sanctions civiles qui imposent le respect forcé ou la réparation des dommages. La sanction civile est de nature réparatrice.
En matière civile, la limite est le dommage : on ne peut pas s'enrichir, on répare seulement le préjudice. Il faudrait introduire le concept de dommages-intérêts punitifs, liés au droit de la consommation, pour résoudre des problèmes comme ceux de La Polar (renégociation forcée) ou des frais de maintenance de comptes fermés.
Les dommages-intérêts punitifs sont une punition pour un acte frauduleux. C'est un système qui cherche à punir au-delà de la simple indemnisation pour éviter la récidive. La sanction pénale signifie toujours une diminution ou une perte de droits pour l'individu.
Responsabilité et culpabilité
08/08/2011
L'infraction pénale ressemble à la responsabilité délictuelle civile, où la réparation se fait par compensation. En droit civil, on peut parfois se passer de l'élément subjectif (théorie du risque créé). Cependant, en droit pénal, la responsabilité exige généralement la faute ou la malveillance, ce qui est une décision politique.
Bien que la règle générale soit la responsabilité avec culpabilité, il existe des exceptions comme la responsabilité stricte. En matière pénale, l'omission de l'élément subjectif violerait le principe de culpabilité.
Pour qu'un fait soit un crime, il faut :
a) Des cas graves de troubles à l'ordre social. L'exercice du jus puniendi intervient quand le comportement atteint un niveau de criminalité, selon les principes d'ultima ratio et le caractère fragmentaire du droit pénal.
Il y a deux étapes d'évaluation :
1. L'évaluation du fait (ex: Pierre a été tué).
2. L'évaluation de l'auteur (ex: Jean-Pierre a tué, mais était-ce en légitime défense ?).
Certains cas excluent la responsabilité : les fous, les prépubères et autres motifs d'exonération. La responsabilité exige toujours un lien entre l'auteur et le fait (attribuabilité).
La théorie de la criminalité et la dogmatique
La théorie de la criminalité s'occupe de ce qu'est le crime en général. Elle systématise les comportements pour éviter les excès. Exemple : Si quelqu'un place une punaise sur un siège par intimidation et que la victime, hémophile, en meurt, on ne peut parler d'homicide sans la théorie de la criminalité. La dogmatique pénale est l'étude rationnelle de la loi.
Elle n'étudie pas les éléments particuliers de chaque infraction (partie spéciale), mais les composantes communes à toutes les infractions. Ces éléments doivent être agencés de manière systématique et cohérente.
Dans les crimes de résultat, on parle de causalité. Exemple : Si je veux hériter de mon oncle riche et que je lui achète un billet d'avion en espérant un crash, et que l'avion s'écrase, suis-je responsable ? La théorie du crime cherche une solution logique pour écarter de tels résultats absurdes.
Les filtres de l'analyse criminelle
La théorie est structurée comme une méthode d'analyse progressive (des filtres) :
1. Comportement
2. Typicité
3. Antijuridicité (illégalité)
4. Culpabilité
On ne peut passer au niveau suivant sans avoir validé le précédent. Exemple : Si une personne est poussée contre une vitrine et la brise, elle n'a pas d'action (elle est un objet), donc on n'analyse pas sa typicité.
08/10/2011
Le comportement doit être humain. Si quelqu'un est frappé par la foudre ou blessé par une corne de taureau, il n'y a pas de comportement humain significatif. Si un locataire ne paie pas son loyer, ce n'est pas un crime, donc l'analyse s'arrête.
L'importance de la théorie de la criminalité est de permettre de déduire des conséquences logiques et d'assurer l'égalité devant la loi. Elle aide à distinguer, par exemple, entre une tentative de meurtre et des blessures graves en analysant l'intention du sujet.
Légitimité et interprétation
Le système suppose que le législateur est raisonnable et respecte les garanties constitutionnelles. La logique du système garantit le principe de légalité. Cependant, le langage naturel du législateur n'est pas unique et peut être trompeur, ce qui mène à différentes écoles (causalisme, finalisme).
La dogmatique propose un scénario possible de la volonté du législateur pour permettre une application rationnelle de la loi. La criminalité peut être analysée de deux façons :
1. Concept total : le crime est une unité indivisible.
2. Concept analytique : on sépare les éléments identifiables.
Le concept analytique du crime
Avant von Liszt et Beling, on se concentrait sur la culpabilité morale. Le crime était vu comme un acte immoral ou abject. Cette vision remonte au Moyen Âge avec les canonistes qui cherchaient une implication personnelle pour justifier la peine expiatoire.
17/08/2011
L'implication personnelle permet de graduer la peine (circonstances atténuantes ou aggravantes). Plus la culpabilité est grande, plus la peine est élevée. Von Ihering (1879) a ensuite établi que l'illégalité d'un acte est une évaluation objective, indépendante de la mauvaise foi du sujet.
Von Liszt a distingué deux moments : l'illégalité (le fait contre la loi) et la culpabilité (l'élément moral). C'est le début de la pensée analytique moderne.
La typicité : l'élément distinctif
L'illégalité seule ne suffit pas à distinguer le pénal du civil. Un impayé est illégal mais pas typique au sens pénal. La typicité est la description légale qui confère au fait son caractère criminel. C'est Beling (1906) qui a défini cet élément (Tatbestand ou « état de faits »).
Définition dogmatique du crime
L'article 1 du Code pénal stipule : « Est un crime tout acte ou omission punissable par la loi volontairement. » La doctrine définit le crime comme un comportement typique, antijuridique et coupable.
Comportement : action ou omission
Seul le comportement humain est concerné. Au Chili, la responsabilité pénale des personnes morales a été introduite en 2010 pour répondre aux normes de l'OCDE, notamment pour la corruption, le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.
24/08/2011
Les entreprises doivent avoir des mécanismes de contrôle. Si un employé commet un crime malgré ces politiques, il répond seul de ses actes. Sinon, la personne morale peut être sanctionnée (amendes, dissolution).
Exclusions du concept de conduite :
a) Les simples pensées ou sentiments.
b) Les mouvements indépendants de la volonté : mouvements réflexes, crampes, actes inconscients ou force irrésistible (vis absoluta).
La loi pénale dirige l'action humaine pour protéger des biens juridiques. La plupart des crimes sont d'action (ne pas tuer), mais il existe des délits d'omission (omission de secours, art. 494 n°14).
L'antijuridicité et les causes de justification
Un comportement typique est présumé antijuridique, sauf s'il existe un motif de justification comme la légitime défense ou l'état de nécessité. Exemple : Briser le rideau d'un cinéma pour éteindre un incendie est un acte typique de dégradation (art. 484 CP), mais il n'est pas illégal car justifié par la nécessité.
31/08/2011
L'antijuridicité est objective : un fait est illégal ou non, peu importe que l'auteur soit fou ou sain d'esprit. La culpabilité, elle, est subjective et concerne le reproche que l'on peut faire à l'auteur.
Le système classique de Beling et von Liszt
08/07/2011
Le système classique (Beling-Liszt) est imprégné de positivisme. L'action est vue de manière naturaliste comme un mouvement corporel produisant un changement dans le monde extérieur. La typicité et l'antijuridicité sont objectives, tandis que la culpabilité est psychologique (le dol).
Aperçu du système classique :
| Élément | Nature | Contenu |
| Acte ou omission | Naturaliste | Mouvement volontaire |
| Typicité | Objective | Description factuelle |
| Antijuridicité | Objective | Contraire à la norme |
| Culpabilité | Psychologique | Dol / Lien subjectif |
Pour cette théorie, le contenu de la volonté n'importe pas au niveau de l'action, mais seulement au niveau de la culpabilité. L'action est simplement l'impulsion causale d'un changement extérieur.