Rosenstraße 1943 : le courage des femmes face à la Gestapo
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Les faits
Au printemps 1943, Goebbels ordonna l'arrestation des Juifs de Berlin jusqu'alors épargnés par les lois de Nuremberg de 1935. Il s'agissait notamment de ceux qui étaient mariés à une Allemande « aryenne ». Certains furent conduits dans un ancien centre social de la communauté juive, situé dans la Rosenstraße, non loin de l'Alexanderplatz.
Des dizaines de ces femmes (épouses, mères, filles de ces hommes) se rendirent alors devant l'immeuble pour protester contre ces arrestations et demander la libération des hommes, menacés de déportation. Malgré les mesures d'intimidation de la Gestapo, les femmes ne cédèrent pas et, contre toute attente, Goebbels décida, le 6 mars, de faire libérer les prisonniers.
Il est possible que le régime ait craint d'autres réactions de ce type, à un moment où il était vital, pour les nazis, de pouvoir compter sur le soutien de la population. La bataille de Stalingrad venait d'être perdue, et la capitale allemande subissait de sévères bombardements aériens.
Le film Rosenstraße (2003)
Le film Rosenstraße n'est pas une reconstitution historique. L'accent est plutôt mis sur la psychologie des personnages, leurs destins souvent dramatiques et surtout sur le courage de ces femmes qui réussirent à faire reculer une dictature pourtant impitoyable.
Dès lors, une question se pose : que se serait-il passé en Allemagne s'il y avait eu d'autres Rosenstraßen ? Toute résistance était-elle vraiment condamnée à l'échec ? La force du film tient aussi beaucoup à l'interprétation des acteurs, en particulier de Katja Riemann (Lena).
La réalisatrice
Margarethe von Trotta, née à Berlin en 1942, est actrice et réalisatrice. Parmi ses films les plus connus, citons Die verlorene Ehre der Katharina Blum (1975) et Die bleierne Zeit (1981).
Skript des Videos
Lena Fischer : Entschuldigen Sie, man sagt uns, dass unsere Männer von hier weggebracht würden. wegbringen : emmener loin d'ici
Polizist : Das ist wohl so beschlossen worden. beschließen : décider
Lena Fischer : Wohin denn?
Polizist : Ich weiß nicht.
Lena Fischer : Ich würde so gern meinen Mann noch einmal sehen.
Polizist : Das kann ich verstehen, aber es ist ja nun mal unmöglich.
Lena Fischer : Ich könnte doch … nachts …, wenn Sie allein Dienst haben … Dienst haben : être en service
Polizist : Das würde mich den Kragen kosten, Frau Fischer, und Ihren auch. den Kragen kosten : me coûter la vie
Lena Fischer : Vielleicht hinten? Im Hinterhof, da sieht mich doch keiner …
Die Frauen : Ich will meinen Mann zurück! Gebt uns unsere Männer wieder! Wir wollen unsere Männer wieder haben! Ich will meinen Mann zurück!
Polizist : Da hören Sie’s, die wollen alle zu ihren Männern!
Lena Fischer : Fabian ! (Sie sieht ihren Mann aus der Ferne.)
Die Frauen : Gebt unsere Männer wieder zurück! Wir wollen unsere Männer wieder haben. Gebt unsere Männer wieder zurück!
Die Polizisten : Zurück! Zurück! Zurück!
Offizier : Absitzen! absitzen : descendre
Die Soldaten : Zurück!
Lena Fischer : Ruth! Ruth! Ruth!