Saint Augustin : certitude, degrés de connaissance et illumination divine
Résumé
Ce texte présente la réfutation augustinienne du scepticisme par la certitude de l'être (« Si fallor, sum »), puis la distinction entre connaissance sensible et connaissance rationnelle. Il explique la différence entre l'opinion et la science, l'accès à l'immuable et à la vérité, et la théorie de l'illumination divine ainsi que son interprétation ontologique.
Points clés
- La certitude de l'existence résiste même au doute : « Si fallor, sum » (si je me trompe, je suis).
- La certitude est triple : l'homme existe, vit et comprend.
- La connaissance sensible ne produit que l'opinion (doxa), car elle porte sur le muable.
- La connaissance rationnelle porte sur l'universel et le nécessaire ; c'est la science, mathématiques incluses.
- La vérité réside dans l'immuable, et les idées ne sont connues que par une lumière que Dieu donne à l'âme.
- L'interprétation ontologique de l'illumination soutient que l'âme contemple directement les idées dans l'esprit divin, ce qui pose des problèmes théologiques.
La réfutation du scepticisme et la certitude de l'être
Le scepticisme quant à la croissance de la Nouvelle Académie est défendu en niant la possibilité de réaliser aucune certitude. Saint Augustin affirme que même s'il fallait douter, il ne faudrait pas être insensé au point de ne pas exister. Au moins au cours du processus, le célèbre "Si fallor, sum" (si je me trompe, je suis) serait toujours vrai, assurant ainsi la certitude de mon existence.
La certitude est triple, parce que l'homme existe, vit et comprend. Dans la certitude que l'esprit a de lui-même et pour lui-même, à travers l'expérience intérieure, Saint Augustin établit la validité de la connaissance. Ainsi, je ne peux pas douter de l'exactitude des principes de compréhension, du principe de contradiction, ou de la certitude des vérités mathématiques.
Les degrés de la connaissance chez Saint Augustin
Je ne peux pas douter de l'exactitude de la réalité extérieure dans laquelle je vis. Saint Augustin distinguera différents types de connaissances, assurant leur possibilité : la connaissance sensible et la connaissance rationnelle. Cette dernière, à son tour, peut être inférieure ou supérieure.
- La connaissance sensible : C'est le plus bas degré de connaissance. Bien que perçus par l'âme, les sens n'en sont que les instruments. Ce type de savoir ne produit que l'opinion (doxa), une connaissance susceptible de changer car elle concerne le muable. On y voit clairement la dépendance de la pensée augustinienne envers le platonisme, car elle dépend de l'objet (modifiable) et des sens (les instruments), malgré toute la carence qu'ils transmettent à l'âme.
- La connaissance rationnelle : Dans son activité inférieure, elle est dirigée vers la connaissance de ce qui est universel et nécessaire dans la réalité temporelle ; c'est ce que nous appelons la science (incluant les mathématiques).
L'immuable et la vérité
Le véritable objet de connaissance n'est pas le muable, mais l'immuable, où réside la vérité. La connaissance sensible ne peut offrir cette vérité. La connaissance rationnelle dépend de l'âme, mais s'inscrit dans le sillage du contact avec la réalité sensible, qui est l'occasion permettant aux idées universelles de prendre place.
La théorie de l'illumination divine
Ces connaissances résident dans l'esprit de Dieu. Comment parvenir à la connaissance des idées ? Puisque l'homme part du sensible, la réalité est que les idées ne peuvent être connues que par une lumière spéciale que Dieu donne à l'âme lors de la plus grande activité de la raison. La vraie connaissance dépend, par conséquent, de l'illumination divine.
Interprétation de l'illumination
Comment interpréter cette illumination ? Selon ce que l'on appelle l'interprétation ontologique, l'illumination voudrait dire que l'âme contemple directement les idées ou les essences dans l'esprit divin. Cela pose toutefois des problèmes théologiques, car, d'une certaine manière, l'âme contemplerait alors l'essence divine elle-même.
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PDF Word HTMLQuestions fréquentes
Que signifie « Si fallor, sum » chez Saint Augustin ?
Cela signifie : si je me trompe, je suis. Même en doutant, je ne peux pas douter de mon existence, ce qui assure une première certitude face au scepticisme.
Quelle est la différence entre la connaissance sensible et la connaissance rationnelle ?
La connaissance sensible, la plus basse, ne produit que l'opinion car elle concerne le changeant. La connaissance rationnelle vise l'universel et le nécessaire, c'est la science.
En quoi consiste la théorie de l'illumination divine ?
Les idées ne peuvent être connues que grâce à une lumière spéciale que Dieu donne à l'âme lors de l'activité la plus élevée de la raison. La vraie connaissance dépend donc de cette illumination.
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