Comment la crise de 1929 devient une dépression mondiale
Classé dans Sciences humaines et sociales
Écrit le en
français avec une taille de 3,79 KB
Après la Première Guerre mondiale, les États-Unis deviennent la première puissance économique du monde. Le 24 octobre 1929, le krach de Wall Street marque le début officiel d'une crise qui touche tous les secteurs de l'économie américaine. Pourtant, cette crise ne reste pas américaine : elle se propage rapidement au monde entier. Une dépression économique est une crise très grave et durable qui touche l'ensemble des économies. Au début, la crise de 1929 est une crise américaine : surproduction, chute des prix, spéculation boursière et difficultés des banques. Elle devient pourtant mondiale en quelques années.
Comment une crise née aux États-Unis devient-elle une dépression économique mondiale ? Nous verrons d'abord le rôle de l'interconnexion des économies, puis celui du protectionnisme américain, enfin celui de la dépendance des pays producteurs de matières premières.
L'interconnexion des économies
C'est d'abord l'interconnexion des économies qui accélère le passage à une crise mondiale. Les États européens sont endettés auprès des États-Unis : ils ont emprunté pour financer la Première Guerre mondiale et la reconstruction. Leurs économies dépendent donc des capitaux américains. Quand la crise éclate, ces capitaux sont retirés, et les pays européens se retrouvent en difficulté.
L'exemple le plus frappant est celui de l'Allemagne. Ce pays fragile dépend des prêts américains pour payer les réparations de guerre. Sans ces prêts, il ne peut plus payer, et son économie s'effondre. La crise passe ainsi des États-Unis à l'Europe, par les liens financiers entre les pays.
Le protectionnisme américain
Pour protéger leur économie, les États-Unis mettent en place des mesures protectionnistes qui consistent à limiter les importations. Les produits étrangers entrent moins facilement aux États-Unis, ce qui protège les entreprises américaines. Mais les autres pays perdent un client important : ils vendent moins, leurs entreprises souffrent et le commerce mondial s'effondre. Une décision prise pour des raisons nationales a donc des conséquences dans le monde entier, en frappant particulièrement les pays dont l'économie repose sur les exportations.
La dépendance des pays producteurs de matières premières
La décision américaine touche particulièrement l'économie de l'Amérique latine, dont les revenus reposent sur l'exportation des matières premières. Ces pays vendent leurs produits aux pays industrialisés. Quand la demande baisse et que les États-Unis limitent leurs importations, leurs revenus chutent et leurs économies sont durement touchées.
Cet exemple montre que le caractère mondialisé de l'économie capitaliste, c'est-à-dire des économies qui échangent entre elles et dépendent les unes des autres, fait qu'aucun pays n'est à l'abri d'une crise qui touche la première puissance mondiale.
Bilan et perspectives
Une crise américaine devient donc une dépression mondiale grâce à l'interconnexion des économies, avec l'endettement des États européens et l'exemple de l'Allemagne, grâce au protectionnisme américain qui limite les importations, et grâce à la dépendance des pays producteurs de matières premières comme ceux d'Amérique latine. Face à cette dépression, les solutions classiques comme l'austérité échouent, et les États doivent chercher de nouvelles réponses, comme le New Deal aux États-Unis. On peut se demander comment ces nouvelles solutions vont changer le rôle de l'État dans l'économie.