La France et la laïcité : Histoire et enjeux
Le débat sur la laïcité a été relancé lors de l’affaire Charlie Hebdo. Pendant plusieurs décennies, les hommes politiques français ont laissé une situation se dégrader, souvent par manque de courage politique. La composition de la société française a évolué.
L'évolution depuis les années 1970
À partir des années 1970 : on observe une remise en cause de la laïcité, avec notamment l'implication de Français de confession musulmane. Une question remonte donc : celle de la redéfinition de la laïcité de 1905.
- Laïcité de combat : prônée par ceux qui ne veulent pas changer le cadre existant.
- Laïcité ouverte : vise à tenir compte de la réalité de la composition de la société française actuelle.
- Laïcité identitaire : souligne une historicité importante ; la laïcité prend place dans l’histoire spécifique d’un pays.
Affaire Baby-Loup : la charte mise en place n’avait aucune valeur juridique en cas de conflit.
Les origines d'une exception française
Le terme de « laïcité » est apparu en 1871 et n’a pas vraiment d’équivalent dans les autres langues. C’est une invention française.
La loi de 1905 est la fille de deux événements majeurs :
- La Révolution française et le siècle des Lumières.
- L'Affaire Dreyfus.
La mise en place de la laïcité en France a été un combat violent. Depuis le Moyen Âge, il existait une relation très particulière entre la monarchie française et l’Église (l'alliance du trône et de l’autel). On retrouvait une Église catholique omniprésente dans le quotidien des Français. La liberté religieuse au cours du XVIIIe siècle était alors inconnue.
Perspectives historiques et philosophiques
Exemple du Saint-Empire romain germanique : il y avait la possibilité de voir cohabiter plusieurs cultes dès 1555 (la Diète d'Augsbourg).
En 1689 : dans sa Lettre sur la tolérance, John Locke témoigne de la volonté de la monarchie britannique de laisser une certaine liberté religieuse. À l'inverse, en France, l'année 1685 est marquée par la révocation de l’Édit de Nantes.
On doit aux philosophes des Lumières une volonté de remettre en cause cet ordre établi, par la prise en compte d’une tolérance, d’une morale naturelle et humanitaire. Le combat s’engage : ils veulent mettre en avant la tolérance, l’égalité et l’autonomie humaine. L’Église régente alors toutes les étapes de la vie. Ils dénoncent l’influence du clergé et des congrégations religieuses, notamment dans le secteur de l’instruction (l'école). Les philosophes entendent que l’homme soit au centre de sa propre destinée, sans influence extérieure.
Condorcet : on lui doit notamment un mémoire (ouvrage) sur l’instruction publique.