Droit médiéval européen : Église, pouvoir temporel et droit coutumier
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Église et pouvoir temporel au Moyen Âge
- L'empereur a tenté d'établir une tutelle sur l'Église.
- Côté pontifical : l'Église a cherché à se protéger elle-même.
Le pape Grégoire VII établit un ensemble de propositions politiques :
- La primauté du pape sur les évêques.
- L'autonomie de l'Église et du clergé face aux puissances temporelles.
- Leur subordination à la protection de Rome.
Autonomie du clergé et suprématie pontificale
L'autonomie de l'Église et du clergé face aux puissances temporelles justifie la levée des privilèges du clergé par rapport au for temporel et la revendication d'un « for spécial » ou « tribune privilégiée » pour l'Église. Elle conduit également à l'assujettissement des pouvoirs temporels au pouvoir ecclésiastique, à travers la prérogative attribuée au pape de déposer ou de priver les rois de leur position, les sujets ayant le devoir de leur obéir.
Remise en cause au XIIIe siècle
Cette suprématie du droit canon est contestée au XIIIe siècle, lorsque la théologie commence à insister sur l'idée que, dans la sphère temporelle, les pouvoirs poursuivent leurs propres fins, qui n'ont rien à voir avec le salut après la mort, mais plutôt avec le bon ordre terrestre.
L'intervention corrective du droit canonique ne doit être vérifiée que lorsque la règle temporelle, sur des aspects cruciaux, est douteuse quant à son caractère surnaturel, de la même manière que l'intervention de Dieu (le miracle) était évidente lorsque l'ordre du salut était en jeu dans l'ordre naturel.
Les civilistes et les canonistes reconnaissent que, en cas de conflit sérieux entre eux, le dernier mot revient à l'ordre ecclésiastique. Le droit canonique n'apparaît comme paramètre principal de la politique que dans les cas où l'application des sources juridiques révèle un péché terrestre.
Le droit des rois et l'Église : facteur d'uniformisation
Le droit des rois et celui de l'Église ont été des facteurs très puissants d'uniformisation des droits locaux.
Droit reçu et droit traditionnel
Les coutumes générales ou locales de divers peuples européens contrastent avec le droit romain.
Dans les personnes
Au début, le droit médiéval européen se caractérise par la différence de situation juridique personnelle, typique d'une société d'États :
- Les individus sont répartis en « états », certains liés à la dignité (nobles vs roturiers), d'autres à la religion (clergé vs laïcs), d'autres aux professions (militaires, étudiants, agriculteurs, offices viles), d'autres encore au sexe et à l'âge (hommes, femmes, personnes âgées).
- Entre les individus peuvent se nouer des liens de dépendance qui limitent le statut juridique des subordonnés (seigneurs, vassaux, mari, femme).
Le droit romain, bien qu'il admette l'état d'esclavage et distingue les citoyens des étrangers, est pour l'essentiel égalitaire quant au statut des citoyens, y compris le traitement des hommes et des femmes.
Dans le domaine des droits économiques
Les droits locaux européens se caractérisent par de fortes restrictions sur la disponibilité des biens, en particulier de la terre. Ce patrimoine est lié à une famille et ne peut être transmis entre vifs sans le consentement des parents, ni au moment du décès. Les règles de succession sont souvent fixées par contrat ou par testament, afin de lier les biens à une lignée particulière. Dans ces cas, le propriétaire agit comme fiduciaire sa vie durant : il doit préserver l'intégrité de l'ensemble des biens pour une remise ultérieure à un successeur désigné par défaut. Ces biens peuvent toutefois profiter à des personnes différentes, pour un spectacle ou pour fournir d'autres informations utiles.