L'adhésion de l'Espagne à la Communauté européenne et l'OTAN
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Avis de la Communauté européenne
La mort de Franco a imposé la définition d'un projet de politique étrangère et la nécessité de surmonter les contraintes héritées de la dictature. En 1976, Marcelino Oreja, ministre des Affaires étrangères, fixa comme priorités :
- L'Europe occidentale (l'adhésion à la Communauté européenne pour améliorer les relations bilatérales avec les pays voisins),
- L'Amérique latine,
- Le monde arabe,
- et, s'y ajoutant, le maintien des relations avec les États-Unis.
Tout au long de 1977, les diplomates de la transition atteignirent d'abord, par la voie diplomatique, la normalisation avec des pays qui n'entretiennent pas de relations ou dont les relations avaient été rompues, notamment plusieurs États du bloc socialiste et le Mexique. La Communauté européenne représenta un grand défi et devint l'objectif principal pour l'Espagne pendant la transition. Madrid présenta à Bruxelles sa demande d'ouvrir des négociations pour l'adhésion de l'Espagne à la Communauté.
Blocages et négociations (1980–1985)
En juillet 1980, les pourparlers étaient dans l'impasse. Le ralentissement de l'adhésion fut imputé à la France et, plus particulièrement, à son président Valéry Giscard d'Estaing qui, pour des raisons économiques (risque pour la production française en Méditerranée), politiques (perte de soutien électoral dans les zones agricoles) ou par pur chauvinisme, adopta une position d'obstruction à l'élargissement.
Le président Calvo Sotelo, en 1981, donna l'impulsion au négociateur. Le nouveau président français, François Mitterrand, déclara l'impossibilité d'étendre la Communauté sans avoir résolu ses problèmes internes. Calvo Sotelo fut conscient que le réalignement de la politique étrangère obligeait l'Espagne à se définir en termes de paix, de sécurité et de défense, et à prendre position quant à sa contribution au régime de défense multilatérale de l'OTAN.
En novembre 1981, après avoir obtenu le soutien du Congrès et du Sénat, l'Espagne présenta officiellement sa demande d'adhésion à l'OTAN. Les socialistes, comme Calvo Sotelo auparavant, affirmèrent que l'intégration de l'Espagne dans la Communauté européenne était compatible avec son maintien dans l'Alliance atlantique.
Cette approche rassura les partenaires européens. À partir du Conseil européen de Stuttgart (juin 1983), les négociations, dirigées par Fernando Morán, furent menées, bien qu'il y ait eu un ralentissement dû aux difficultés sociales et économiques posées par l'adhésion. En mars 1985, le processus de négociation se clôtura.
Le 12 juin 1985 furent signés les traités et actes d'adhésion du Portugal et de l'Espagne aux Communautés européennes. Le 1er janvier 1986, l'Espagne et le Portugal devinrent membres à part entière de l'Europe des Douze.
La position du gouvernement socialiste sur l'OTAN
Le gouvernement socialiste adopta, en matière d'OTAN, une double décision :
- geler le processus d'adhésion à la structure militaire de l'OTAN ;
- conformer sa promesse électorale, tenir un référendum pour déterminer le maintien de l'Espagne dans l'Alliance atlantique.
Le référendum montra un vote majoritaire en faveur du maintien dans l'OTAN.
Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA)
Le traité CECA, signé à Paris en 1951, réunit la France, l'Allemagne, l'Italie et les pays du Benelux dans une communauté chargée d'organiser la libre circulation du charbon et de l'acier et l'accès gratuit aux sources de production. Ce traité est à l'origine des institutions communes qui ont préparé l'évolution vers l'Union européenne.
Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom)
Le traité Euratom a été signé le 25 mars 1957 par les six pays fondateurs de la CEE (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg et Pays-Bas) en même temps que le traité de Rome. D'une manière générale, le traité vise à développer la recherche, à établir des normes de radioprotection, à promouvoir la création de coentreprises et à assurer l'utilisation pacifique des matières nucléaires et la fourniture de combustibles.
Le droit communautaire
Le droit communautaire est l'ensemble des règles édictées par les Communautés européennes au cours du processus d'intégration économique et politique. Il est caractérisé par la tension entre le principe de souveraineté nationale des États membres et les normes supranationales sanctionnées par les organes directeurs du bloc et chargées de diriger le processus d'intégration.
Il est d'usage de distinguer le droit communautaire primaire (règles juridiques découlant des traités et des organes du bloc, qui ont immédiatement une application directe dans chaque État membre, sans procédé d'« internalisation ») du droit communautaire dérivé (règles juridiques établies par les organes du bloc qui doivent être rendues valables dans les États membres par un acte juridique d'« internalisation », effectué par chaque État national).
La Commission européenne et l'adhésion de l'Espagne et du Portugal
La Commission européenne expose les raisons derrière la décision approuvant l'adhésion de l'Espagne et du Portugal aux Communautés européennes.