Analyse du Couteau de Hume : Empirisme, Critères de Démarcation et Types de Connaissances
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5) Qu'est-ce qu'on entend par le Couteau de Hume ? Comparaison avec le Positivisme Logique et Popper
Méthodologiques
Le Couteau de Hume est un principe qui rappelle celui employé par Guillaume d'Ockham : il stipule que si une idée ne peut être réduite à sa plus simple expression (ou à ses impressions sensorielles), le terme désignant cette idée n'a pas de sens. Les critères utilisés par Hume visaient à mettre fin aux spéculations métaphysiques. Nous utilisons une approche similaire pour étudier le critère de démarcation et le sens du positivisme. Avec cette approche, en effet, on introduit un critère fort pour décider de la vérité de nos idées.
Voulons-nous savoir si une idée est vraie ? C'est très simple : nous vérifions si cette idée provient d'une impression. Si nous pouvons retracer l'impression appropriée, nous sommes confrontés à une idée véritable ; sinon, nous faisons face à une fiction.
La limite de nos connaissances sont donc les impressions. Hume partage avec Locke et Berkeley la prémisse fondamentale de l'empirisme – l'expérience est la source de toute connaissance – mais, contrairement à eux, il établit que cette expérience en est aussi la limite.
Comparaison avec le Néopositivisme et Popper
- Les néopositivistes ont identifié le critère de démarcation avec la vérifiabilité, et la falsifiabilité (par Popper) comme critère de distinction entre la science et la métaphysique, et comme critère d'importance. Pour les néopositivistes – après Hume – les propositions métaphysiques n'auraient pas de signification.
- Pour Popper, cependant, le critère de démarcation – la falsifiabilité – entre la science et la métaphysique n'est pas identifié avec le critère d'importance. Les propositions métaphysiques ne sont pas des propositions scientifiques, mais elles ont un sens et jouent un rôle important dans le contexte de la découverte des théories scientifiques.
10) Définition de la Physique selon Hume
La physique ne serait donc pas la science d'une réalité extérieure inconnue et inconnaissable (dont nous affirmons même l'existence), mais elle examine la relation entre les événements perçus. En effet, nous inférons certains faits ou développements futurs dont nous n'avons pas d'impressions actuelles : par exemple, nous savons que le soleil se lèvera demain, que si je mets un objet au feu, il sera consumé, ou que si je me jette à l'eau sans savoir nager, je me noierai, etc.
9) Les types de connaissances et leurs caractéristiques
Relations d'idées
Dans la première classe de connaissance, celle des relations d'idées, Hume classe toutes les propositions de la géométrie, de l'algèbre et de l'arithmétique. Des énoncés comme « le tout est plus grand que les parties » ou « la somme de deux et deux font quatre » expriment des relations entre des idées (par exemple, entre les idées de tout et de partie, dans la première phrase) ; ces propositions peuvent être atteintes par une simple opération de l'esprit, par le simple raisonnement, sans recourir à l'expérience. La vérité de ces propositions est indépendante de l'expérience sensible.
Elles constituent, selon Hume, le domaine de la connaissance certaine, car le contraire d'une proposition de cette nature est impossible et implique une contradiction. Ce sont donc des vérités nécessaires : ce qui est vrai pour elles ne peut être autrement, elles sont fondées sur le principe de contradiction. Ce sont des vérités analytiques, car ce qui est prédiqué du sujet est inclus dans la notion de celui-ci et lui appartient nécessairement. Ce sont de véritables explications, car elles n'élargissent pas nos connaissances, mais les explicitent, et ce sont de véritables vérités « a priori », indépendantes de l'expérience. Dans le domaine de la logique et des mathématiques, on peut atteindre une certitude absolue.
Faits
En revanche, la connaissance qui se réfère aux faits dépend entièrement de l'expérience. Dans des énoncés comme « l'or est jaune », on ne peut parvenir à la vérité par un simple argument ; il est nécessaire de recourir à l'observation et à l'expérience.
Les vérités de fait – objet d'étude de la physique – sont synthétiques : ce qui est prédiqué du sujet n'est pas contenu dans la notion de celui-ci. Elles sont contingentes, car leur contraire est possible et n'implique aucune contradiction ; elles sont ampliatives : la connaissance qu'elles nous offrent est supérieure à celle que nous possédions déjà, et ce sont des vérités « a posteriori », car elles sont établies à partir de l'expérience et en dépendent.
La seule chose qui garantit la vérité des propositions qui affirment des faits est l'expérience. Ainsi, nous ne pouvons être sûrs que de ce qui est ou a été présent à nos sens ou enregistré dans la mémoire, mais pas de ce qui transcende ces limites, car, pour tout événement, l'opposé est toujours possible et n'implique aucune contradiction.