Analyse de l'Erreur dans le Code Pénal Espagnol : Article 14 et Implications

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Code Pénal en Vigueur - Résolution : Article 14

La règle qui corrige l'erreur dans le Code Pénal espagnol est l'article 14 qui stipule que :

  1. L'erreur invincible sur un acte constituant l'infraction exclut la responsabilité pénale. Si l'erreur sur les circonstances de l'événement et celles de l'auteur était évitable, l'infraction est punissable, mais comme imprudente.
  2. L'erreur sur un événement qui qualifie le délit ou une circonstance aggravante empêche sa satisfaction.
  3. L'erreur invincible sur l'illicéité de l'acte constituant le délit entraîne l'irresponsabilité pénale. Si l'erreur était évitable, appliquer la peine inférieure d'un ou deux degrés.

1. Type d'Erreur

Comprend l'erreur sur la comparabilité de la situation de fait qui se produit avec les éléments constitutifs du type, et l'erreur sur l'élément intentionnel (dol). L'erreur peut porter sur l'une des circonstances requises par le type, et le traitement juridique repose sur le principe simple que la base de la fraude ou du dol suppose la connaissance de tous les éléments du type. L'erreur affecte cette connaissance, en tout ou en partie.

a. Si l'erreur est évitable : l'insouciance existe

Si l'erreur est évitable, l'insouciance existe et remplit l'exigence de la responsabilité pénale, car on ne peut se plaindre que de ce qui est connu comme intentionnel et voulu par le sujet, même si finalement il y a eu erreur. Par conséquent, le traitement accordé à l'erreur est le même, car dans les deux cas, le manque de connaissance des éléments du type affecte la représentation ou la situation particulière du sujet.

b. Le Code Pénal Espagnol et l'Erreur Invincible

L'article 14 dit que dans le cas d'une erreur, il ne doit pas être tenu responsable si l'erreur est invincible.

2. Erreur sur les Circonstances Aggravantes

Le Code Pénal dit, dans le deuxième alinéa de l'article 14, que l'on ne sanctionne que ce que le sujet connaissait ; ce que le sujet ignorait ne peut être puni.

Circonstances Atténuantes

Le Code Pénal ne dit rien sur les circonstances atténuantes. La solution doit être basée sur les règles générales d'application des circonstances atténuantes (article 65), qui stipulent que cela dépend de la nature des circonstances.

L'article 65 établit une distinction entre deux types de circonstances :

  • A. Subjectives : personnelles et affectant le degré de capacité, et qui sont indifférentes à l'objet connu ou inconnu (alcoolisme, minorité...). Elles doivent être appliquées de toute façon.
  • B. Celles qui influencent la motivation du sujet, qui influencent la manière dont l'objet est l'action (réparation du dommage, repentir spontané...) et celles qui sont objectives (détention illégale, emprisonnement pour une période inférieure à trois jours) sur lesquelles la doctrine débat. D'une part, la majorité soutient qu'elles ne doivent être appliquées qu'aux sujets qui connaissent les circonstances.

3. Erreur sur l'Interdiction

Nous traitons ici de l'hypothèse où la personne croit à tort qu'elle a commis un acte licite.

Théories de l'Intention (Dol)

Ces théories comprennent que l'illégalité fait partie du dol. L'erreur sur l'illégalité tombe sur l'élément intentionnel et exclut soit la conclusion du dol, soit l'imprudence et la malveillance.

Théorie Rigoureuse de l'Intention

Elle soutient l'idée que la connaissance de l'illégalité est nécessaire au mens rea dans chaque cas. Il faut une connaissance effective pour ne pas agir de son propre chef en croyant à tort que l'acte est conforme à la loi.

Théorie Générale du Dol ou Cécité Légale

Cette théorie exclut de la solution de l'erreur les cas où il y a une erreur grossière sur l'interdiction. Ainsi, tous les cas où l'ignorance de la question révèle une cécité légale face à l'interdiction doivent être considérés comme incompatibles avec l'exclusion de la responsabilité due à l'erreur (on ne peut admettre une erreur qui porte sur la connaissance la plus élémentaire du licite ou de l'illicite).

Théories de la Culpabilité

Ces théories comprennent que l'illégalité est un élément de la culpabilité, et non de l'intention. Elles admettent que cette erreur peut affecter la culpabilité, mais nient qu'elle affecte l'intention (qui est ajoutée). Elles maintiennent que l'erreur sur l'interdiction n'exclut pas le dol et n'est qu'une cause d'irresponsabilité.

Théorie Stricte

Elle considère que ce traitement de l'erreur (en tant que cause d'irresponsabilité) est applicable à tous les types d'erreurs sur l'interdiction (directes et indirectes). Lorsque nous sommes confrontés à une erreur évitable (qu'il s'agisse d'une erreur directe ou indirecte), la solution est la même : seule la conviction de l'élément de connaissance de l'illégalité de la culpabilité est affectée, et le dol n'est pas touché ; il reste donc.

Théorie Limitée

Elle stipule qu'il faut apporter une solution différente à l'erreur directe et à l'erreur indirecte. Quand une erreur est une erreur directe sur l'interdiction (elle supprime ou atténue la responsabilité), tandis que lorsqu'elle est indirecte, l'erreur n'est pas sur l'interdiction, mais une erreur sur le type, car l'erreur porte sur une situation de fait qui influe sur le résultat, et non sur la connaissance de l'interdiction. Ceci coïncide avec la théorie stricte concernant la différence entre l'erreur sur le type et l'erreur sur l'interdiction.

4. Erreur Incorrecte dans l'Exécution

Elle se produit lors de la phase de mise en œuvre. Nous distinguons :

a. Erreur sur l'Objet ou la Personne

Le sujet confond une personne par une autre. Bien que souvent incluse dans le cas des erreurs dans l'exécution, une grande partie de la doctrine la considère comme une erreur de type, car bien que l'identité soit sans importance la plupart du temps, elle compte lorsque le sujet possède une condition sociale qui rend le type différent. Par exemple, je tue A, mais je voulais tuer B, qui s'avère être un policier. Pour punir comme meurtre et non comme agression, il faudrait prouver que le sujet ignorait cette condition spécifique de coup d'État.

b. Aberratio Ictus ou Déviation dans le Coup

L'objet ou la personne attaquée est réellement différent de celui visé par le sujet. Par exemple, pour tuer A, le coup atteint B. À titre d'exception, nous avons les cas où, à la suite de la déviation, un crime autre que celui visé est consommé. L'aberratio ictus entraîne un concours de peines entre le crime recherché et le crime imprudent consommé.

c. Erreur sur la Causalité

Le sujet obtient le résultat, mais par un chemin différent de celui qu'il avait prévu. Par exemple, une personne veut tuer quelqu'un, mais tire et ne le tue pas, mais la mort survient autrement. L'erreur n'est pas pertinente car l'intention de tuer est une intention générale, et l'erreur ne supprime pas l'intention du sujet ; on punira donc un homicide consommé.

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