Analyse juridique d'une erreur médicale et négligence

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I. Faits pertinents : aspects juridiques et pénaux

Il y a deux comportements qui peuvent être pertinents pour le droit pénal afin de déterminer si un tel comportement constitue un crime de blessure :

  • D'une part, l'introduction du flacon par erreur au lieu d'alcool par lavement par l'assistant, supervisé par la sage-femme.
  • D'autre part, le fait de ne pas avoir porté à la connaissance des tiers les circonstances qui constituent une blessure ultérieure chez la patiente.

Par conséquent, il convient d'examiner si un tel comportement constitue un crime d'imprudence (art. 147 du Code Pénal) et un éventuel défaut de porter assistance (art. 195 du Code Pénal).

II. Analyse juridique criminelle

1. L'action

L'action ne semble pas, en principe, être exclue dans aucun des deux comportements mentionnés au paragraphe précédent.

2. Causalité

2.1. Introduction par erreur du lavement

Il semble tout à fait évident que l'introduction du lavement par erreur est la cause de la blessure. Sans cette introduction, ces blessures ne se produiraient pas (cause nécessaire).

2.2. Absence de mise en œuvre des connaissances

Le fait de ne pas avoir fait connaître l'erreur aux personnes compétentes est la cause directe des blessures subies. En ayant su ce qui s'était passé plus tôt, il aurait été possible de réduire les dommages ou même de les empêcher. Personne ne peut dire que les blessures étaient dues à des raisons autres que celles énumérées, car cet acte ou cette omission du devoir d'informer a influencé le résultat final : les blessures subies par la patiente. En outre, il ressort des faits qu'il existe une relation entre la connaissance et le résultat.

3. Responsabilité objective

Du premier comportement, il résulte que l'erreur commise par B et C a mis en danger la patiente. Il ne s'agit pas de reprocher un manque de connaissances professionnelles, mais une simple négligence commune. Toutefois, il est nécessaire de déterminer que les deux, sachant l'erreur commise lors de l'application du lavement, ont tenté de la résoudre en administrant un second lavement pour nettoyer la zone affectée.

Par conséquent, on peut observer une faute légère : les flacons ont été confondus par une erreur de la sage-femme qui les a laissés au mauvais endroit. Une attention particulière devrait être portée par l'hôpital sur la différenciation et le stockage des flacons.

4. Analyse de l'omission et de l'imprudence

Le second aspect concerne l'omission. B et C n'ont pas informé le médecin de garde ni les autres travailleurs, et aucune des parties n'a signalé l'incident lors de la naissance. Ces circonstances indiquent un cas d'imprudence, car ni B ni C n'ont rempli leur devoir de rapport.

On pourrait arguer d'une contrainte alléguée, mais il ne semble y avoir aucune raison d'exemption selon l'article 20.6 du Code Pénal. La crainte que l'erreur soit détectée, bien qu'initialement mineure, ne les dispense pas de leur devoir. La négligence de B et C semble être l'hypothèse correcte car, après avoir appris ce qui s'était passé, ils n'en ont informé personne, aggravant la situation. Ils ont ainsi violé une obligation fondamentale de soin.

5. Le devoir de secours

Enfin, concernant le fait de fournir des secours (art. 195 du Code Pénal), cela ne semble pas s'appliquer ici puisque B et C ont utilisé une solution saline pour tenter de corriger l'erreur. On peut en déduire qu'ils ont porté secours à la patiente une fois conscients de l'erreur. Le manquement réside plutôt dans la suppression de l'obligation de déclarer ce qui s'est passé.

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