Analyse du Modèle Mundell-Fleming et Politiques Économiques
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Mobilité des capitaux et taux de change flottants
Dans un contexte de parfaite mobilité des capitaux et de taux de change flottants, la politique fiscale rencontre des limites. Toute tentative de mener une politique de croissance de la demande, via un nouveau niveau de production, se heurte à des mécanismes de marché. S'il n'y a pas d'augmentation initiale du taux d'intérêt, mais qu'ensuite des flux de capitaux internes entrent dans l'économie pour chercher un taux d'intérêt supérieur, l'augmentation de capital entraîne une appréciation de la monnaie.
En conséquence, la compétitivité se détériore, ce qui affaiblit la demande étrangère. Cela réduit la demande globale, rendant cette politique inefficace parce que le système revient à son point de départ sans modifier le PIB. La seule chose qui est modifiée est la composition de la demande : les exportations sont substituées par la consommation intérieure. Ainsi, la politique budgétaire est inefficace ; c'est ce qu'on appelle un effet d'éviction (crowding out) de la politique fiscale sur l'économie réelle.
Cette contraction n'est pas imputable à une réduction de la consommation ou de l'investissement due au taux d'intérêt, mais elle est la conséquence de la réduction de la demande extérieure nette produite par l'appréciation de la monnaie domestique et la perte de notre compétitivité. Ce processus est dû au fait que le marché monétaire travaille parfaitement sous l'hypothèse de la parfaite mobilité du capital, où il n'y a pas de distinction entre le court et le long terme (R' = R).
Analyse des courbes IS-LM
Le tableau montre le mouvement des deux courbes : le choc déplace YY vers YY'. L'augmentation des dépenses génère une demande excédentaire de monnaie. Comme la masse monétaire (M) reste inchangée, le taux d'intérêt augmente, ce qui apprécie la devise nationale. Le choc de l'exercice expansif est donc inefficace en raison des restrictions imposées sur le marché monétaire. Le seul moyen de régler la demande excédentaire de monnaie est de réduire la demande de transaction (application du règlement monétaire). Dans le cadre de la mobilité parfaite du capital, le taux d'intérêt interne finit par égaler le taux d'intérêt étranger (R = R*), qui reste inchangé.
Dans ces conditions, il n'existe qu'un seul niveau de revenu permettant de maintenir l'équilibre sur le marché monétaire. La politique fiscale n'aurait été efficace que si elle avait été accompagnée par une politique monétaire accommodante. Dans ce cas, le résultat aurait été efficace, déplaçant l'équilibre vers un point de convergence (E').
Efficacité de la politique monétaire expansionniste
Une politique monétaire expansionniste accroît le stock de monnaie dans l'économie réelle, déplaçant la courbe LM vers la droite. Cela cause une baisse transitoire du taux d'intérêt domestique par rapport au taux d'intérêt extérieur. Il est évident que les taux d'intérêt étrangers deviennent plus attractifs. En l'absence de restrictions sur la mobilité des capitaux, la monnaie se déprécie, nous rendant plus compétitifs.
Cela produit une augmentation de la demande via les exportations. La demande extérieure, partie intégrante de la demande globale, déplace la courbe vers la droite. Ainsi, une politique monétaire expansive mène à une augmentation de la production avec un plein effet. À court terme, la monnaie n'est pas neutre et agit effectivement sur l'économie réelle. Avec des taux de change flexibles, la politique monétaire est le seul levier permettant d'atteindre un niveau supérieur de production en évitant l'éviction.
Régime de taux de change fixes
Politique budgétaire et monétaire
Sous un régime de taux de change fixes :
- La politique budgétaire : Elle atteint son maximum d'efficacité pour affecter le PIB.
- La politique monétaire : Elle est inefficace car la courbe LM n'est pas indépendante.
Si le taux d'intérêt monte, l'entrée de capitaux étrangers oblige à une intervention sur la monnaie, ce qui déplace la courbe LM vers la droite jusqu'à ce que les taux d'intérêt externe et interne s'égalisent. À l'inverse, une politique monétaire expansive produit l'effet contraire et ramène la situation à l'équilibre initial. La politique monétaire ne peut être efficace que s'il existe des restrictions sur le crédit ou sur les mouvements de capitaux.
Cas des petites économies et du système européen
Dans le cas d'une petite économie avec un taux de change fixe, cette situation reflète le fonctionnement de nombreux pays membres de l'espace monétaire européen. La politique monétaire n'est efficace que si des restrictions de crédit sont appliquées (rôle du crédit au secteur public et privé). Si l'on souhaite influencer la base monétaire par des restrictions de crédit, c'est parce que les banques centrales ne peuvent pas influencer directement le taux d'intérêt, mais peuvent agir sur le volume total du crédit par des mesures administratives.
Économie face aux interférences étrangères
Une économie ouverte est soumise aux perturbations financières extérieures. Avec des taux de change fixes, ces perturbations sont transmises directement. On peut se demander si une élévation des taux étrangers est bénéfique ou non. Cela peut avoir un effet contractif ou expansif sur le PIB d'une économie.
Graphiquement : Sur un axe avec R (vertical) et le revenu (horizontal), la courbe BP est horizontale. Si nous partons d'une position d'équilibre avec parfaite mobilité du capital et taux de change fixes (R' = R), une augmentation des taux d'intérêt étrangers, couplée à un brouillage financier, diminue notre production. Si le régime avait été celui de taux de change flexibles, la dépréciation aurait amélioré la compétitivité et permis une élévation de la production.