Analyse des Paysages Agraires Tropicaux : Types d'Agriculture et Systèmes
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Paysages Agraires des Régions Tropicales
Agriculture Itinérante
Elle domine en Afrique centrale. C’est une agriculture extensive. Les cultures sont déplacées régulièrement car le sol s’épuise vite et le paysan ne dispose pas de moyens pour restaurer la fertilité.
Les techniques sont rudimentaires : on défriche et brûle une partie de la forêt, puis on plante une diversité d’espèces : igname, patate, manioc… La terre appartient à la tribu, qui habite dans des zones concentrées. De temps en temps, la migration des cultures se combine avec celle de l’habitat, parce que la surexploitation ou la pression démographique rend le sol incultivable.
Agriculture Sédentaire Sèche
On trouve ce type d’agriculture dans la savane. Malgré son caractère intensif, la productivité par travailleur agricole est basse en général. Les champs sont permanents et, associés à l’élevage pratiqué par des peuples de bergers en Afrique, ils sont couverts de fumier.
Lorsque la jachère est utilisée, l’assolement permet de rester sur place (pas d’agriculture itinérante). Autour du village, on trouve :
- Une couronne de cultures continues, divisées en parcelles non closes, couvertes des cendres des déchets domestiques et par le passage du bétail pendant la nuit.
- Au-delà, un terroir divisé en soles pour rotation triennale (mil, arachide et jachère).
Les soles sont occupées par des parcelles ouvertes mais elles sont elles-mêmes fermées par des haies mobiles pour empêcher la divagation du bétail.
Agriculture Sédentaire Irriguée
L’agriculture irriguée la plus connue est la riziculture irriguée de l’Asie des moussons. Elle permet de nourrir des populations très nombreuses. La riziculture est très répandue en Chine, au Japon, en Corée et à Taiwan. Le riz occupe une grande place en Asie des moussons où les étés sont chauds, longs et humides.
Les terroirs de riziculture sont densément peuplés (300 à 1 000 habitants). Le village se trouve en général sur le bourrelet alluvial pour ne pas être inondé. On y trouve les maisons et les jardins. Le reste est divisé en casiers séparés par des diguettes.
Les techniques mises en œuvre sont minutieuses : terrasses, polders, méthodes de gestion de l’eau raffinées et souvent collectives… Les doubles ou triples cultures ne sont pas rares. Très tôt dans l’histoire, ces régions se sont dotées de structures d’encadrement efficaces permettant de mettre en œuvre un immense travail collectif d’aménagement promu par le pouvoir politique. L’animal est quasiment absent de ces terroirs car la totalité de l’espace est dévolue à la nourriture des hommes.
Agriculture de Plantation
La période coloniale a causé des transformations dans les systèmes agricoles traditionnels. L’installation des Blancs a notamment permis la diffusion du système de la plantation, auparavant avec des esclaves, maintenant avec des salariés. C’est souvent le long des côtes ou des grandes voies de communication aménagées par les colonisateurs que les plantations ont été aménagées.
Les grands caractéristiques de la plantation sont :
- La régularité du parcellaire (sauf lorsque la topographie ne s’y prête pas).
- Utilisation d’une main-d’œuvre très abondante de l’ethnie locale différente de celle du personnel de direction ou bien d’une classe sociale différente.
- La monoculture (café, cacao, tabac, fruit, fleurs, canne à sucre, thé…).
Les plantations appartiennent souvent à des Blancs ou à des sociétés occidentales mais parfois à des autochtones. Elles occupent une portion restreinte de l’espace : Amérique centrale, Brésil sud-est, golfe de Guinée, Indonésie. Il y a une forte spécialisation sur quelques produits très demandés, alimentaires ou industriels. Les surfaces sont vastes : en général de 300 à 400 hectares.
Les méthodes de production sont de plus en plus modernes, mais les grands plans de mécanisation ont souvent échoué car le climat détériorait beaucoup de matériels et les coûts très élevés de la colonisation se répercutaient sur les prix des récoltes.
Pastoralisme et Transhumance
Dans la plupart des régions sous-développées, on trouve, dans les zones moins fertiles, une activité de pastoralisme et transhumance, c'est-à-dire, des bergers qui se déplacent avec le bétail (chameaux ou chèvres) en cherchant des pâturages. C’est un élevage de vivrier, développé par des sociétés communales de type tribal, qu’on trouve encore dans les régions du Sahara, Sahel et aux bords de la savane.