Analyse Philosophique de la Liberté : Définitions, Illusions et Responsabilité
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Définition et Enjeux de la Liberté
Déf. : La liberté est la capacité d’agir, choisir et penser sans contrainte extérieure. Au sens moral et politique, elle est l'obéissance à la loi qu’on se donne.
A. La publicité et les « algorithmes de recommandation » se situent entre une aide au libre choix et une pure détermination de choix. Cela amène à se demander si, dans une société de consommation où la publicité est omniprésente, la liberté de choix n’est pas une illusion.
I. Se sentir libre est-il une preuve de liberté ?
A. La liberté est une illusion
- Spinoza affirme que l’Homme n’est pas libre car il est toujours influencé par des causes extérieures : sociales, culturelles, économiques, familiales...
- Exemple Spinoza : Une pierre jetée sur une pente continue de rouler sans savoir pourquoi. De même, l’Homme agit sans connaître les vraies raisons de ses actions. « Elle consiste uniquement dans le fait que les hommes sont conscients de leurs appétits et ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés. »
- L’Homme peut prendre conscience de ces causes grâce à la raison, et gagner une autonomie partielle. Mais la liberté complète reste impossible.
- « Liberté en situation » : nous ne sommes pas libres de choisir notre famille, époque, situation de guerre ou de paix, santé ou maladie. La situation nous est donnée sans la déterminer ni choisir : Exemple : vivre en temps de guerre conduit à des choix différents (être résistant ou collaborateur) que ceux que nous aurions à faire en temps de paix.
- Merleau-Ponty dit que l’Homme agit à partir de sa situation, donc d’un certain déterminisme, mais qu’il peut en faire un point de départ pour exercer sa liberté.
- Exemple : L’esclave n’a aucune liberté.
- La science propose une vision du monde déterministe où tous les phénomènes sont soumis à des causes nécessaires.
B. L’homme est-il toujours responsable de ses actes et libre ?
- Selon Kant, être responsable signifie qu’on aurait pu agir autrement, même si des causes nous influencent.
- On a le pouvoir de choisir une chose ou son contraire, le bien ou le mal (à cette condition je peux être jugé innocent ou coupable des péchés).
- Dans un procès, on distingue : 1. Motifs : raisons empiriques (contexte, éducation, environnement). 2. Responsabilité : jugement moral sur la capacité à choisir autrement (Exemple : si quelqu’un veut me tuer, je meurs ou je tue moi-même).
- Pour Kant, même si l’Homme est influencé par des causes (contraintes extérieures comme lois physiques : Exemple : l’Homme n’est pas libre de voler ou de marcher sur l’eau), il est toujours libre au niveau de sa raison, donc toujours responsable de ses actes.
- Être libre, c’est agir selon une obligation intérieure guidée par la connaissance du bien.
- L’Homme est une liberté radicale, il choisit totalement son existence (choix de vivre ou non et comment vivre) et en est pleinement responsable. Pour Sartre, nous sommes « condamnés à être libres ».
- Pour Rousseau, la liberté est une chose innée, l’Homme n’obéit qu’à ses besoins naturels et bénéficie d’une liberté qui n’a d’obstacle que ses capacités naturelles.
- « Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » (ARTICLE 1) + « Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression » (ARTICLE 2) = Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen 1789.
II. L’Homme peut-il se libérer des causes qui le déterminent ?
A. Le monde déterminé rend la liberté indispensable ?
- Même si la nature est déterminée, l’Homme invente l’idée de liberté.
- Dans la nature, tout obéit à des lois (instincts chez les animaux).
- Kant : L’Homme ne voit pas la liberté dans la nature, alors il invente ce concept pour donner sens à ses actions. Il ne peut pas tout expliquer, donc il suppose une cause libre. « La liberté est une pure idée transcendantale. »
B. L’homme est-il un animal comme les autres ?
- L’Homme se distingue par sa capacité à se contredire volontairement, donc à être libre.
- Rousseau : L’animal agit par instinct sans réfléchir. L’Homme, lui, peut aller contre ses instincts, réfléchir, se fixer ses propres buts.
- Les animaux peuvent parfois ne pas suivre leur instinct (chat qui refuse de manger), mais ce n’est pas un choix libre, c’est un autre instinct qui prend le dessus. L’Homme peut décider consciemment de se mettre en danger (sports extrêmes, addictions).
- L’Homme est capable du bien et du mal de manière volontaire, ce qui le rend plus libre.
III. La vie en collectivité est-elle un obstacle à la liberté ?
A. Quelle liberté dans la Nature ?
- Selon Baron d’Holbach, dans la Nature, l’Homme est dominé par ses passions, c’est la loi du plus fort.
- En entrant dans la société, il gagne en sécurité et en raison, ce qui augmente sa liberté intérieure.
- Sans règles, l’Homme est dominé par ses instincts. Avec des règles communes, il peut réfléchir et choisir plus librement.
- Exemple : Dans le contrat social, respecter une loi (ne pas voler) limite certaines actions, mais protège notre liberté globale (propriété, sécurité, égalité).
B. La liberté morale
- Au sens moral, la liberté suppose la responsabilité de ses actes et la possibilité de choisir entre le bien et le mal, ce qu’on appelle le libre arbitre.
- Kant : Nécessité du libre arbitre pour fonder la morale et la liberté de choisir doit être une autonomie de la volonté.
Synthèses et Questions Connexes
Être libre, est-ce faire ce que l’on veut ?
I. Oui, être libre c’est agir sans contrainte :
- La liberté semble être le pouvoir de satisfaire ses désirs, sans limites extérieures.
- Rousseau parle de la liberté naturelle comme indépendance vis-à-vis de toute autorité.
II. Non, faire ce qu’on veut n’est pas une vraie liberté :
- Agir selon ses désirs n’est pas toujours libre, car nos désirs peuvent être influencés ou irrationnels.
- Spinoza affirme que croire être libre, alors qu’on est guidé par nos passions, est une illusion.
III. La liberté est l’autonomie, non l’absence de règles :
- Être libre, c’est obéir à la raison, à une volonté éclairée, non à ses caprices.
- Kant définit la liberté comme l’obéissance à la loi qu’on se donne soi-même.
La liberté est-elle compatible avec la loi ?
I. La loi limite notre liberté :
- Les lois interdisent certains comportements et imposent des obligations : elles restreignent les choix individuels.
- Toute autorité externe semble réduire la sphère de la liberté personnelle.
II. La loi rend possible la liberté pour tous :
- Sans loi, la liberté des uns devient une menace pour celle des autres.
- Rousseau affirme que la loi, si elle est voulue collectivement, rend chacun libre en tant que citoyen.
III. La loi est un instrument de liberté quand elle est juste :
- Une loi démocratique protège la liberté de chacun en la régulant.
- La liberté véritable suppose un cadre collectif qui garantit la coexistence pacifique.
Sommes-nous responsables de nos actes si tout est déterminé ?
I. Non, le déterminisme exclut la responsabilité :
- Si nos actes sont causés par des facteurs biologiques, sociaux ou psychologiques, nous ne sommes pas libres.
- Freud montre que l’inconscient influence notre comportement, sans que nous en soyons conscients.
II. Oui, nous sommes capables de choisir librement :
- Même dans un monde contraint, l’Homme peut réfléchir, faire des choix, et donc être responsable.
- Sartre affirme que l’Homme est condamné à être libre : il ne peut pas fuir sa responsabilité.
III. La liberté humaine existe dans certaines limites :
- L’Homme n’est pas absolument libre, mais il garde une marge de manœuvre, une autonomie morale.
- Même si des contraintes naturelles ou sociales existent, l’Homme peut toujours interpréter, choisir et donner sens à ses actes, ce qui fonde une forme de liberté intérieure.