Analyse du poème "Barbare" d'Aimé Césaire
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Aimé Césaire : Poète et Homme Politique
Biographie
Aimé Fernand David Césaire, poète et homme politique français, est né le 26 juin 1913 et mort le 17 avril 2008. Il est l'un des fondateurs du mouvement littéraire et politique de la négritude et un fervent anticolonialiste.
La Négritude
Césaire a créé le terme négritude en réaction à l'oppression culturelle du système colonial français. Ce mouvement, né dans l'entre-deux-guerres du XXe siècle, est avant tout culturel et littéraire, et non politique. Il a été initié par des écrivains noirs francophones tels que Léon-Gontran Damas et René Depestre. La négritude se caractérise par des thèmes comme le colonialisme, l'engagement et la création.
Analyse du Poème "Barbare"
Structure et Forme
Ce poème, extrait du recueil Poèmes de 1947, est composé de quatre strophes en vers libres, sans rimes. Dans la poésie moderne et contemporaine, l'allitération remplace souvent la rime. On trouve des allitérations aux vers 2 (r et c), 8 (p), 14 (t), 18 (b) et 25 (ch et v). L'allitération est la répétition d'un même son dans un même vers. Le poète utilise des mots monosyllabiques et dissyllabiques. L'absence de ponctuation est également notable.
Thème et Symbolique
Le titre, "Barbare", annonce le thème principal du poème. Le mot barbare, d'origine gréco-latine, désigne généralement une personne étrangère à une culture donnée, avec une connotation négative. Il apparaît huit fois dans le poème.
Dès le premier vers, Césaire évoque "le mot", faisant référence au titre et initiant une réflexion sur ce terme. Le deuxième vers introduit une image de violence avec le verbe "frappe" dirigé vers une "carcasse de cuivre jaune", symbolisant les êtres humains. Au troisième vers, la lune est personnifiée : "la lune dévore". La lune, associée à la nuit, représente la mort. L'expression "la soupente de la rouille" évoque la disparition des colonisés. Au cinquième vers, le poète qualifie les colonisateurs de "bêtes" "lâches" et "rôdeuses".
Dans la deuxième strophe, Césaire aborde les impositions des colonisateurs, notamment le langage (v. 7). Il oppose les "faces belles" (aspect esthétique) au "pouvoir opératoire de la négation", illustrant l'impuissance des colonisés face à la domination.
Dans la troisième strophe, le poète dénonce le nombre de victimes de la colonisation (v. 10) avec la métaphore des "veines de la terre". Au vers 12, la violence réapparaît : "briser parfois la tête", suggérant une violence plus psychologique. Les vers suivants (13-14) expriment l'appel à l'aide des colonisés, ignoré par tous : "les cris de révolte jamais entendus qui tournaient à mesure et à timbre de musique". Leur détresse, comparée à de la musique, est entendue mais n'entraîne aucune réaction.