Analyse du poème : Le Mortel

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Le Mortel

Sujet

Une réflexion angoissée sur la douleur de vivre et le sens de la vie humaine, en contraste avec la certitude de la mort. La caractéristique du malaise existentiel de fin de siècle est un thème typique du modernisme.

Structure intérieure

Le poème est divisé en quatre sections :

  • vv. 1-4 : Il montre la douleur de l'homme conscient, par rapport à tous les autres êtres de la création. Formellement, les verbes sont au présent intemporel.
  • vv. 5-9 : Il exprime la crainte de l'incertitude de la vie, contrairement à la certitude de la mort. Prédominance des infinitifs et de formes verbales projetées vers un futur incertain et pénible.
  • vv. 10-11 : Les deux pôles opposés apparaissent dans la vie de l'homme : la vie tentant par ses plaisirs, et la mort qui nous attend comme la douleur suprême. Encore une fois, les verbes sont au présent intemporel.
  • vv. 12-13 : L'expression de l'angoisse existentielle est traitée, mais synthétisée dans les deux lignes finales, sur un mode exclamatif.

Structure externe

La métrique présente une structure caractéristique du renouveau moderniste. Il se compose de trois strophes : les deux premiers versets sont des serventesios en alexandrins à rimes croisées (ABAB), et le dernier est un autre serventesio avec la particularité que le dernier verset, au lieu d'être un alexandrin, est fragmenté en deux (un heptasyllabe et un ennéasyllabe). L'utilisation d'alexandrins et d'ennéasyllabes sont des innovations modernistes. On peut également envisager un sonnet tronqué : le dernier tercet est réduit à deux versets.

Ressources stylistiques

  • Polysyndète : Chaque élément de l'énumération est coordonné avec la conjonction « et », comme si l'angoisse du poète était à la hausse.
  • Antithèse : « Pour la vie » / « à l'ombre » (métaphore de la mort). Cette ressource est présente tout au long du poème : « sensorielle » / « elle ne se sent plus » (vv. 1-2), « frais grappes » / « bouquets funéraires » (vv. 10-11)...
  • Gradation : Termes signifiant la peur, l'anxiété, la terreur (vv. 6-7), couvrant trois temps : présent (être sans but), passé (la peur d'avoir été) et futur (une terreur à venir), traduisant une angoisse douloureuse.

La structure externe (complément)

Le poème est écrit sous la forme d'un sonnet, c'est-à-dire deux quatrains et deux tercets avec une rime suivie et des vers hendécasyllabes (onze syllabes). Le choix de la forme n'est pas innocent. Le sonnet est l'une des structures les plus rigides de la poésie ; ainsi, si c'est un « petit volume », toute l'émotion amoureuse contenue explosera avec d'autant plus de force.

Structure interne (complément)

Cette structure se réfère au contenu du poème et reste liée à la forme. Les quatrains exposent la situation lyrique et le ressenti présent. Les tercets résument la situation des quatrains avec toute la force explosive des sentiments.

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