Analyse du Prélude à l'après-midi d'un faune de Debussy
Classé dans Musique
Écrit le en
français avec une taille de 3,11 KB
Rythme
Le Prélude à l'après-midi d'un faune de Debussy trouve un « forfait » qui évite soigneusement l'alternance mécanique entre les accents forts et faibles. Debussy ne supprime pas la barre de mesure, mais elle s'affaiblit et devient inexacte lorsqu'elle est soumise à des changements continus : 9/8, 6/8, 9/8, 12/8, 9/8.
Dans cette première partie, les battements ont toujours pour unité la croche ternaire, mais la section centrale (non incluse dans le score de l'examen) domine en 3/4 et 4/4. Le rythme de la mélodie est à peine perceptible, car les valeurs des notes incluent parfois des accords sur les temps faibles, toujours avec l'intention de diluer l'uniformité rythmique.
Le jeu commence avec une indication de tempo modéré, mais subit ensuite des changements visant un assouplissement général. Ainsi, à la mesure 20, on indique Retenu, et immédiatement après, à la mesure 21, Légèrement et expressif. Le chef d'orchestre doit donc faire un bon usage du « rubato ».
Mélodie
La ligne mélodique est primordiale. Elle commence par la mélodie la plus pure : un solo de flûte aux nuances douces et expressives. C'est une mélodie langoureuse, tendue et évocatrice, avec un goût pour les arabesques orientales et l'incertitude tonale.
L'accent sur le triton Ut - Sol bémol s'affaiblit à chaque apparition, gravitant vers la tonalité de Mi majeur. Les accords occupent une place subalterne, renforcée par l'ambiguïté mélodique. La section centrale, bien qu'intensément mélodique, est tonalement plus stable, située en Ré bémol majeur.
Texture
La texture est essentiellement harmonique. L'utilisation des cordes crée une atmosphère évocatrice où la mélodie ondulante évolue. Les accords n'ont pas toujours une fonction harmonique classique, mais possèdent une beauté sonore propre (effet sensoriel). Les progressions harmoniques par mouvements parallèles (mesures 24 et 27) introduisent une saveur archaïque.
Timbre
Le raffinement extrême des timbres est une caractéristique majeure de ce chef-d'œuvre impressionniste :
- Orchestration : Richesse de l'écriture pour les vents et quatuor de cors.
- Harpes : Utilisation de glissandi et de « sons liquides » par des arpèges rapides.
- Cordes : Usage fréquent du divisi, de la sourdine et du jeu « au pont » pour un son sec et sombre.
- Flûte : Identifiée dès le début au caractère du faune.
- Percussions : Apparition de cymbales antiques à la fin de l'œuvre.
Forme
Bien que lié au poème de Stéphane Mallarmé, ce n'est pas une musique à programme au sens strict. Debussy traduit en sons un état langoureux et voluptueux. La structure suit un schéma AA'BA, où le thème de la flûte agit comme un symbole récurrent, variant à chaque apparition comme un processus de rêve.
Période historique
Dernière décennie du XIXe siècle.