Anthropologie : l'Être Humain, Corps et Âme

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L'Être Humain : Une Introduction à l'Anthropologie

La Complexité de l'Être Humain

La complexité des êtres humains a été analysée dans toutes les traditions religieuses, philosophiques et scientifiques. Toutes ont une façon de comprendre l'homme depuis la préhistoire. L'homme prend conscience de sa complexité à travers les similitudes et les différences observées avec les autres êtres. Cette tradition est perçue par les mythes, les religions, la philosophie et la science.

L'Être Humain et la Religion : Corps et Âme

Peut-être que l'expérience de la mort et la capacité d'exprimer par le langage le sentiment de perte et de tristesse ont été le facteur déclencheur de la croyance en une sorte de survivance au-delà de la mort. Ainsi, les humains ont construit des explications mythico-religieuses qui tendent à identifier chez l'homme deux éléments, plus ou moins distincts, avec une certaine forme d'interaction : un corps matériel qui finirait par être défini comme le corps d'une personne, donc la matière, et une âme plus subtile et active qui s'enroule autour du corps en lui donnant la vie. L'âme, après la mort, survivrait à l'organisme en adoptant un mode de vie inconnu, mais qui aurait aussi besoin d'aide. Cette distinction entre le corps et l'âme a été utilisée pour expliquer l'expérience de la conscience, ce qui a probablement aussi influencé la différenciation entre l'âme et le corps.

L'Homme et la Philosophie : Dualisme et Monisme

La philosophie grecque a commencé à concevoir l'être humain comme un être rationnel. Le corps est conçu comme une entité ou une substance qui permet le développement et la reproduction des organismes vivants, tandis que l'âme est conçue comme une autre entité ou une substance qui permet l'activité consciente et la pensée. De plus, comme l'âme est le moteur du corps, le principe de vie, elle est vécue et connue, affirmant sa supériorité sur le corps, et d'une certaine manière, elle lui survit. À travers l'histoire, certains philosophes ont compris qu'il s'agissait de deux types de réalités distinctes (dualisme), tandis que d'autres ont compris qu'il s'agissait d'une réalité unique (monisme).

  • Monisme : Corps et âme sont une seule réalité.
  • Dualisme : Corps et âme sont plus d'une réalité.

Explications Dualistes

Les philosophes dualistes s'accordent à dire que les êtres humains sont le résultat de l'union de deux substances qui ont une identité et des fonctions distinctes.

Platon établit l'existence de deux réalités fondamentalement différentes : un monde sensible, sujet au changement, et un monde intelligible (idéal). Platon comprend que la seule philosophie doit compléter la connaissance de la vraie réalité, qui est le monde intelligible (le monde des idées). L'homme, pour accéder à ces deux mondes, doit être composé d'un élément matériel qui lui permet de sentir et d'un élément intangible qui lui permet de comprendre. L'être humain est donc un composé formé par le corps, corruptible et évolutif, et l'âme, immuable et incorruptible. Ce sont des réalités distinctes, unies seulement par accident pendant un temps limité. L'âme existe avant le corps et son origine est dans le monde éternel de la vraie réalité. Elle possède la vraie connaissance d'une manière qui répond au corps et, après la mort de celui-ci, lui survit et retourne à son lieu d'origine. Si l'âme est correctement gérée, le corps sera heureux dans un monde idéal, et si elle n'est pas traitée correctement, elle errera, tourmentée, dans des incarnations successives.

Descartes construit une description dualiste des êtres humains. Il exprime clairement que la connaissance s'acquiert par l'activité de la pensée, et peut donc définir comme première vérité claire que s'il pense, il existe. La base de toute connaissance est donc la proposition suivante : "Je pense, donc je suis." L'essence de l'être humain est la pensée. L'être humain est une substance pensante, une res cogitans. Descartes considère l'existence de deux substances : la substance infinie (res cogitans), qui est Dieu et lui-même, et qui ne peut pas provenir du sujet pensant qui est fini ; et la substance étendue (res extensa), qui comprend les corps humains et tout le matériel qui existe. Nous avons donc trois substances cartésiennes. L'être humain est composé de deux d'entre elles : l'âme pensante et le corps étendu. Ces deux substances sont différentes et peuvent même être administrées séparément, car le corps n'a pas besoin de la pensée pour exister, bien que chez les êtres humains, elles interagissent dans une étrange combinaison. Cette relation cartésienne corps-esprit est le début de la psychologie moderne. Descartes, de son point de vue scientifique, a insisté sur son approche dualiste afin de préserver l'autonomie de l'âme contre le déterminisme attribué à la science moderne. Alors que les corps se déplacent selon le principe physique de la conservation et de l'inertie, et que leurs lois sont donc mathématiques et certaines, l'âme, avec ses pensées et ses valeurs spirituelles, se meut librement, et ses lois sont donc autonomes et indéterminées. La physique et l'éthique sont donc des approches et des fondements différents.

Explications Monistes

Contrairement aux approches dualistes, les approches monistes prétendent qu'il existe un ensemble unitaire de matériel ou de développement spirituel qui se déroule en deux dimensions : physique ou mentale.

Le monisme matérialiste : Dans la Grèce antique, Démocrite (Ve siècle av. J.-C.) soutenait que toute réalité, y compris l'âme humaine, est un composite matériel résultant de l'agrégation d'atomes. L'être humain est purement matériel, des atomes qui se lient et se séparent de manière accidentelle. Il n'y a donc pas d'immortalité de l'âme. Le matérialisme de Démocrite a été maintenu par des philosophes antiques comme Épicure, mais à partir du XVIIIe siècle, il réapparaît et atteint sa plus grande force et vitalité aux XIXe et XXe siècles. Parmi les philosophes matérialistes du XVIIIe siècle, on trouve La Mettrie. Dans son livre "L'Homme Machine", il étend le mécanisme cartésien à l'humain. L'âme ne serait qu'une partie importante du corps, s'identifiant au cerveau, et les états mentaux ou psychologiques peuvent être réduits à des états du corps. Les êtres humains sont donc des machines très complexes qui ne nécessitent aucune direction externe pour accomplir toutes leurs fonctions. Le matérialisme mécanique de La Mettrie a été remplacé au XIXe siècle par un matérialisme plus en phase avec l'évolutionnisme, les points de vue prévalant à l'époque. Les principaux représentants de cette ligne sont Darwin et Marx.

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