Art islamique : caractéristiques et architecture
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Caractéristiques générales de l'art islamique
Caractéristiques générales de l'Islam. L'art islamique a évolué à partir de diverses sources telles que les Romains, les paléochrétiens et les Byzantins, qui se mêlent dans la première architecture, ainsi que de l'art perse sassanide et des styles d'Asie centrale. Deux traits dominants de l'art et de l'architecture islamiques sont l'importance de la décoration et la composition spatiale de la mosquée, qui étaient intimement liées à la doctrine islamique et se sont développées aux premiers stades de la religion.
Le développement de l'art islamique est généralement divisé en trois périodes :
- La période de formation, qui coïncide grosso modo avec le califat omeyyade ;
- La période moyenne, couvrant l'époque des califes abbassides ;
- La dernière période, qui s'écoule entre le IXe et le XIIIe siècle.
Dans les mosquées domine un langage décoratif qui se dispense de la figuration, bien qu'il tente de transmettre les concepts de la raison divine et de l'ordre de l'univers. Le décor se fait de trois manières décoratives :
- Géométrique — basé sur des polygones, des étoiles et des rubans combinés ;
- Épigraphique — inscriptions coraniques, usage de la calligraphie comme acte décoratif ;
- Végétal (ataurique) — stylisation de plantes, aussi appelée arabesque en Occident, devenant une abstraction de la vigne, des feuilles d'acanthe et des volutes de la tradition romaine.
La représentation humaine et animale se trouve en revanche dans les bains, les palais et autres bâtiments civils.
À côté de la mosquée se trouvent des éléments architecturaux typiques de l'art islamique : l'arc en fer à cheval et le chapiteau. Les développements ultérieurs dans la capitale hispano‑mauresque révèlent la vitalité de l'esthétique musulmane : chapiteaux variés (à décor ajouré, en nid d'abeille, creux) et les muqarnas d'inspiration ataurique.
Décors et éléments caractéristiques
Le décor se déploie sur plusieurs supports : murs, plafonds, chapiteaux, céramiques et textiles. L'usage de la calligraphie, des motifs géométriques et des arabesques crée une continuité visuelle et symbolique, renvoyant à la transcendance et à l'ordre cosmique.
Urbanisme et principaux bâtiments
Urbanisme et des principaux bâtiments. Les villes musulmanes espagnoles étaient labyrinthiques. Au centre nerveux se trouvait la mosquée, lieu de culte, d'éducation et de justice. La salle de la justice islamique est très simple et s'inspire de la chapelle provisoire du Prophète, construite dans la cour de sa maison à Médine.
La mosquée se compose traditionnellement de plusieurs parties disposées selon l'axe longitudinal :
- Haram : il s'agit d'un espace composé d'arcs distribuant les vaisseaux longitudinal (axe principal) et transversal ;
- Mihrab : une niche ouverte dans le mur orienté vers la qibla, indiquant la direction de la Kaaba (La Mecque) ;
- Maqsoura : lors de la cérémonie du vendredi, et en particulier en présence du calife, on réservait la maqsoura, un espace spécial devant le mihrab destiné à le protéger ;
- Cour extérieure (sahn) : un espace ouvert entouré de portiques et de galeries, comportant la fontaine d'ablution (sabil) pour permettre aux fidèles de se purifier avant d'entrer dans l'enceinte sacrée ;
- Minaret : tour verticale contrastant avec l'horizontalité de la mosquée, d'où le muezzin appelle les fidèles à la prière cinq fois par jour : à l'aube, à midi, en fin d'après‑midi, au crépuscule et le soir ;
- Souk ou marché : souvent situé près de la grande mosquée du vendredi. Les commerces y étaient répartis selon le prestige des articles : livres et parfums près de l'entrée de la mosquée, puis des étals alimentaires, des commerces d'objets et d'ustensiles ménagers. Les bijoux précieux, tissus brodés et articles de luxe étaient vendus dans l'Alcaicería, un souk couvert et contrôlé. Dans les rues avoisinantes se trouvaient des funduq avec écuries.
Autres institutions et bâtiments publics
- Madrasa : école de théologie coranique. Son architecture, influencée par les modèles sassanides, donnera lieu à un nouveau type de bâtiment religieux répandu dans de nombreux pays (par exemple, la mosquée d'Ispahan, XIe siècle) ;
- Maristan : hôpital (souvent appelé mauristan) ;
- Hammam : salles de bains pour l'hygiène personnelle, généralement utilisées le matin pour les hommes et plus tard pour les femmes. Service souvent gratuit, conformément à l'obligation de se purifier avant la prière. Avec le temps apparaissent les bains turcs et de véritables palais destinés à l'eau chaude. Le nom arabe alhama, retrouvé dans plusieurs villes espagnoles (par exemple Alhama de Almería, Alhama de Granada), révèle le prestige de ces établissements thermaux thérapeutiques ;
- Qubba : type de mausolée fonctionnel, salle généralement carrée couverte d'un dôme ;
- Ribat : couvent fortifié avec cour et bastions d'angle. Exemples cités : San Carlos de la Ràpita (Tarragone) et Santa María de La Rábida (Huelva).
Ces différents éléments montrent la richesse et la complexité de l'urbanisme et de l'architecture islamiques, où la décoration, la symbolique et la fonction se complètent pour créer des espaces à la fois utilitaires et spirituels.