Autorité parentale : fonctions, droits et responsabilités

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L'autorité parentale regroupe l'ensemble des fonctions, des responsabilités et des droits que les parents ont à l'égard de leurs enfants mineurs : notamment les soins, la protection et la garde. Cet exercice du pouvoir doit toujours se faire dans l'intérêt de l'enfant. C'est un pouvoir qui est reconnu aux parents et qui s'exerce au nom des enfants sans jamais nuire à leurs droits et intérêts. La parentalité est une institution fondamentale de la politique publique ; elle est transmissible, inaliénable et imprescriptible.

Sujets et bénéficiaires

L'autorité parentale concerne les parents des enfants mineurs non émancipés. Elle est, en principe, exercée conjointement par le père et la mère. Cependant, il existe des hypothèses d'exclusion ou de limitation de cet exercice :

  • Exclusion d'un parent : dans certains cas, un parent peut être exclu de l'exercice de l'autorité parentale. Si l'enfant ne porte pas le nom du parent exclu, il ne peut l'adopter que si l'enfant lui-même ou son représentant légal en fait la demande.
  • Effet des exclusions : ces exclusions prennent effet à la demande du représentant légal, avec l'approbation du tribunal, ou à la demande de l'enfant s'il a la capacité requise.
  • Privation totale ou partielle : la privation des droits parentaux peut être prononcée par une décision judiciaire comme peine ; elle peut être totale ou partielle. Le rétablissement peut être ordonné lorsque la cause ayant motivé la décision cesse et sera décidé par les tribunaux.
  • Validité des actes accomplis : doivent rester valables les actes accomplis par l'un des parents en fonction de l'usage social, des circonstances ou dans des situations d'urgence.

Exercice conjoint et désaccords

Pour exercer l'autorité parentale conjointement, il faut une entente effective entre les parents. En cas de désaccord :

  • Simple désaccord : si les parents sont en désaccord ponctuel, le juge, après avoir entendu les parents et l'enfant, peut attribuer le pouvoir de décision soit au père, soit à la mère.
  • Désaccords répétés : si les désaccords se répètent, le juge peut confier tout ou partie de l'exercice de l'autorité parentale à l'un des parents, ou répartir les fonctions entre eux.
  • Absence ou incapacité : en cas d'absence, d'incapacité ou d'empêchement d'un parent, l'autorité parentale est exercée exclusivement par l'autre parent.
  • Séparation des parents : lorsque les parents vivent séparément, l'autorité parentale est en principe exercée par celui chez qui l'enfant réside. Toutefois, le juge de première instance peut, pour des motifs justifiés et dans l'intérêt de l'enfant, décider que l'autre parent exerce conjointement tout ou partie des droits, ou fixer une répartition des rôles entre le père et la mère.

Contenu personnel et représentation

Aspects personnels : L'autorité parentale comprend les fonctions et pouvoirs personnels suivants. Le Code civil institue une norme de conduite que les parents doivent respecter, déterminée en fonction de la situation familiale dans son ensemble.

Les parents qui exercent l'autorité parentale ont la représentation légale de leurs enfants mineurs non émancipés. Toutefois, il y a des exceptions à cette représentation :

  • Actes relatifs aux droits de la personne : certains actes relatifs aux droits de la personne de l'enfant, conformes à la loi ou aux conditions de maturité, peuvent être accomplis par l'enfant seul lorsqu'il a la capacité requise.
  • Conflit d'intérêts : lorsque survient un conflit d'intérêts entre les parents et l'enfant, il peut être nommé un tuteur ad litem pour représenter l'enfant.
  • Actes exclus de l'administration parentale : certains actes spécifiques sont exclus de l'administration par les parents (voir rubrique Administration des biens).

Administration des biens

Effets économiques : L'administration des biens de l'enfant doit être réalisée avec la même diligence que celle employée pour gérer les biens propres des parents. Si la gestion parentale met en danger le patrimoine de l'enfant, le juge peut, à la demande de l'enfant, du ministère public familial (ou organisme équivalent) ou de tout autre parent, prendre les mesures qu'il juge appropriées pour protéger les intérêts de l'enfant.

À la fin de la période pendant laquelle l'autorité parentale a été exercée, l'enfant peut exiger des comptes sur l'administration qui a été faite (action qui se prescrit après trois ans). Les parents peuvent être tenus responsables des pertes ou dommages causés au patrimoine de l'enfant en cas de fraude ou de négligence grave.

  • Biens exclus de l'administration : sont exclus de l'administration les «actifs libres» acquis par l'enfant lorsqu'il a expressément ordonné qu'ils soient exclus de l'administration parentale.
  • Succession : les biens acquis par les enfants par succession mortis causa, lorsque le père, la mère ou les deux ont été légalement privés ou déclarés indignes d'hériter, doivent être administrés par la personne désignée par le défunt, ou à défaut par l'autre parent, puis par un liquidateur nommé.
  • Administration courante : l'administration courante des biens acquis par l'enfant majeur (ou par l'aîné) de 16 ans dans le cadre de son travail ou d'une activité industrielle peut être exercée par lui-même selon les règles applicables.

Fruits et revenus : Les fruits et revenus provenant des biens des enfants appartiennent aux enfants. Toutefois, lorsqu'ils vivent avec leurs parents, ils doivent contribuer, dans la mesure du possible et de façon équitable, aux charges familiales ; ils ne peuvent être tenus responsables de ce qui a été consommé dans ces conditions.

Des dispositifs de contrôle judiciaire encadrent les actes des parents relatifs aux biens des enfants. Certaines opérations requièrent une autorisation judiciaire préalable, notamment :

  • La renonciation à des droits réels ou à des créances ;
  • Les actes d'aliénation ou d'affectation d'immeubles commerciaux ou industriels ;
  • La répudiation d'héritage ;
  • Les donations, legs et héritages précieux.

Extinction, suspension et rétablissement

L'autorité parentale prend fin ou se modifie pour plusieurs causes : la mort ou la déclaration de décès du parent ou de l'enfant, l'émancipation, l'adoption, ou une décision judiciaire de privation des droits parentaux. Elle peut aussi être suspendue ou rétablie selon les circonstances.

Cas particuliers :

  • L'émancipation : elle entraîne la cessation de l'autorité parentale sur l'enfant émancipé.
  • L'adoption : l'adoption peut élargir ou modifier l'exercice de l'autorité parentale, entraînant le cas échéant la cessation des liens juridiques antérieurs avec les parents d'origine.
  • Privation et réhabilitation : la privation des droits parentaux peut être prononcée pour des raisons pénales ou civiles ; elle peut être totale ou partielle. Le rétablissement intervient lorsque la cause de la privation disparaît et sera décidé par les tribunaux compétents.
  • Enfants déclarés incapables : pour les enfants qui ont été déclarés incapables, des mesures complémentaires peuvent être prises pour étendre ou adapter les droits et devoirs des parents lorsque l'enfant atteint l'âge requis ou selon la décision judiciaire.
  • Autres cas : la déclaration de décès, la cessation de l'incapacité ou d'autres événements statutaires (par exemple la reconnaissance ou la réhabilitation) entraînent des effets sur l'autorité parentale selon la loi applicable.

Remarque : Ce texte présente une synthèse des règles générales relatives à l'autorité parentale, en insistant sur la primauté de l'intérêt de l'enfant, le contrôle judiciaire des actes importants et la possibilité d'adapter l'exercice de l'autorité parentale selon les circonstances familiales et judiciaires.

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