Les causes de justification en droit pénal
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Article 21 : Les causes de justification
Les causes de justification sont réglementées dans les paragraphes 4, 5 et 7 de l'article 20 du Code pénal. Elles constituent des situations particulières où la présence de la caractéristique n'est pas illégale, car il y a une règle qui l'autorise ou l'exige. Toute cause de justification suppose une règle permissive autorisant exceptionnellement une conduite de ce type. Les règles prohibitives (principalement) interdisent généralement l'exécution d'un fait typique abstrait (atteinte aux droits juridiques), mais parfois ces règles sont brouillées par des dispositions permissives. Il devient alors difficile d'évaluer objectivement la survenance du caractère typique et les preuves d'illégalité disparaissent. Les justifications permettent, dans certains cas, des situations qui sont généralement interdites.
Sources des causes de justification
Les causes de justification ne peuvent provenir de n'importe quel secteur de la morale et ne doivent pas être réglementées uniquement par la loi pénale. Le fait qu'une action soit justifiée ou non est décidé en fonction de l'ensemble du système juridique. Les sources de justification coïncident avec les sources du droit, bien que la Cour suprême ait soutenu pendant de nombreuses années qu'il n'y a pas d'autres justifications que celles présentes dans le Code pénal. Cependant, un secteur doctrinal reconnaît que la cause fondamentale de la justification peut être trouvée en dehors du Code pénal. Le respect du droit (à savoir l'exercice légitime d'un droit, d'un titre, d'un commerce...) est l'une des causes de justification mentionnées à l'article 20, et nous sommes souvent confrontés à des règles extérieures au Code pénal. Par conséquent, les sources de justification se trouvent dans le système juridique tout entier.
L'article 20 du Code pénal prévoit aussi des moyens de défense (dans ce cas, il s'agit de la possibilité de supprimer le sujet) et des causes d'inimputabilité (cas où la responsabilité du sujet est éliminée car il ne sait pas ce qu'il fait). Initialement, la réglementation des justifications a commencé par référence à des crimes spécifiques (légitime défense par rapport à l'assassinat), mais pour des raisons d'économie, le législateur et la technique juridique des codes regroupent généralement les justifications actuelles dans un article unique pour les réglementer toutes ; nous leur donnons le nom de justifications génériques. Elles sont susceptibles de s'appliquer à n'importe quel crime. En plus de ces justifications génériques, nous trouvons parfois des justifications particulières que le Code régit pour un crime spécifique et qui prennent effet pour ce crime (par exemple, ne pas secourir une personne sans risque pour soi-même ou pour autrui). Le fait qu'elles figurent dans des articles spécifiques ne signifie pas qu'elles ne sont pas soumises aux mêmes règles que le reste des causes de justification ou qu'elles produisent des effets différents ; la seule différence est l'endroit où on les trouve.
Fondement des causes de justification
Le fondement d'une telle autorisation est précisé à travers deux principes :
- 1. L'intérêt prépondérant : Les règles qui reconnaissent les justifications tentent de résoudre les conflits d'intérêts. D'un côté, le droit lésé ou mis en danger ; de l'autre, l'intérêt à servir la cause de justification. Il peut s'agir d'un intérêt à faire valoir la loi contre une agression injuste (défense), à éviter un autre mal plus grand que celui causé (état de nécessité), à exercer un droit reconnu par la loi, ou à sauvegarder la règle exigeant l'exécution du comportement (exécution d'une obligation). Lorsque toutes les exigences de la disposition prévoyant une justification sont remplies, la loi considère que l'intérêt représenté par ce cas est de plus grande valeur que l'intérêt lésé : c'est un intérêt prépondérant.
- 2. Le manque d'intérêt : Les lois pénales sont établies pour protéger les droits juridiques. Lorsque le titulaire de la protection juridique exprime un désintérêt en consentant à la lésion, la conduite ne peut pas être considérée comme illégale. Pour justifier la conduite, il est nécessaire que le droit en danger soit disponible ou levé. Ce fondement ne sert que pour des motifs spécifiques de justification, comme le consentement de la victime, qui a une portée assez limitée.
Effets généraux des causes de justification
L'existence d'une justification détermine que la conduite n'est pas illégale, mais qu'elle est licite. Cet effet entraîne principalement des conséquences et des effets que n'ont pas les autres motifs d'irresponsabilité pénale :
- 1. Absence de légitime défense : On ne peut pas agir en état de légitime défense contre une personne dont les actes sont couverts par une justification (par exemple, on ne peut pas être en état de légitime défense contre un policier agissant dans l'exercice de ses fonctions).
- 2. Exonération des participants : Quiconque participe à un acte justifié est exonéré de responsabilité pénale. La théorie de l'accessoriété repose précisément sur ce point car, pour punir le complice d'un crime, il est nécessaire que l'auteur ait effectué un comportement typique et illégal.
- 3. Responsabilité civile : Dans quelle mesure une personne agissant sous une justification doit-elle répondre de ses actes ? Elle n'est pas pénalement responsable car elle accomplit un acte licite, et on ne peut généralement pas invoquer sa responsabilité civile. Cependant, il existe une exception pour l'état de nécessité afin de défendre l'intérêt d'un tiers. Dans ce cas, la loi prévoit expressément que la responsabilité incombe à la personne pour qui le dommage a été causé. Le bénéficiaire assume la responsabilité de réparer les dommages.
- 4. Absence de mesures de sécurité : On ne peut pas imposer de mesure de sécurité à celui qui agit sous le couvert d'une justification, car un acte légal ne caractérise pas un individu dangereux. Il n'y a donc aucune base pour l'application de telles mesures. En outre, il est absurde d'appliquer une sanction à ceux qui agissent conformément à la loi.