Colette : Portraits du Capitaine et des Sauvages dans Sido

Classé dans Langue et de philologie

Écrit le en français avec une taille de 4,73 KB

Le Capitaine : Portrait de Jules-Joseph Colette

Ce chapitre est consacré au père de Colette, « le Capitaine », surnom faisant référence à son grade militaire. Jules-Joseph Colette, père de Colette et de Léo, est un homme que *Sido*, sa femme, a toujours connu avec ses béquilles. À l'âge de 29 ans, il participe à la *guerre d'Italie*, où il perd sa jambe gauche. Il exprime alors le souhait de mourir « au milieu de la place, sous le drapeau », mais la mort ne le réclame pas à cet instant précis.

Colette réalise qu'elle connaissait peu son père, un homme marqué par la guerre dont il ne parlait jamais. Pourtant, elle le décrit comme étant en pleine possession de ses moyens : malgré sa jambe unique, il nageait « plus vite et mieux que ses rivaux à quatre membres ».

Un Homme aux Multiples Facettes

Le père de Colette avait l'âme d'un *musicien*, fredonnant souvent un air pour *Sido*, sa femme. Profondément amoureux de cette dernière, il lui demandait parfois de « payer » pour un baiser, qu'elle lui accordait discrètement, par pudeur, s'assurant qu'aucun enfant ne les voie. Envers ses enfants, il manifestait une « timidité étrange des pères » : réservé, il exprimait son amour moins par des mots que par des actions, notamment en jouant avec eux.

À la différence de *Sido* et de ses enfants issus d'un premier mariage, qui ont toujours vécu en milieu rural, le père de Colette était un homme de la ville avant de s'installer à la campagne. Il n'était pas adepte des armes à feu, préférant toujours avoir un couteau sur lui. Il ne savait pas parler aux animaux, comme en témoigne l'inefficacité de ses ordres à son chien.

Une Présence Posthume et une Ressemblance Étonnante

Après le décès de ses parents, Colette consulte Mme B., une femme réputée pour ses dons de communication avec les défunts. À sa grande surprise, elle apprend que la présence qui l'accompagne au quotidien n'est autre que celle de son père, cet homme qu'elle a moins bien connu que sa mère. Mme B. lui explique qu'il est à ses côtés car elle incarne ce qu'il aurait tant désiré être.

Avec le temps, Colette réalise qu'elle ressemble de plus en plus à son père : dans ses colères, sa curiosité, et même sa main. Elle écrit : « à n'en pas douter, c'est lui qui [la] domine quand la musique, un spectacle de danse - et non les mots, jamais les mots ! - mouillent [ses] yeux. » Cet homme poétique, qui appréciait l'art, cachait un profond mystère dans son regard bleu-gris. Colette se considère d'ailleurs comme celle qui lui ressemble le plus au sein de sa fratrie.

Chapitre 3 : Les Sauvages – Fratrie et Singularité

Dans ce chapitre, Colette dresse le portrait de ses frères et sœurs, révélant la complexité de leurs personnalités et de leurs relations.

Achille et Léo : Les Frères

Achille, l'aîné et demi-frère de Colette (fils de *Sido* d'un premier mariage), est peu évoqué par l'auteure, étant décédé dix ans avant la rédaction du récit. Sa mère aurait souhaité qu'il devienne médecin. Si l'aîné avait tendance à commander, le plus jeune se contentait de le suivre.

Colette parle davantage de sa relation avec Léo, qui lui rend encore visite. Leur mère voyait en lui un prodige de la musique et aurait souhaité qu'il fasse carrière dans ce domaine, mais cet éternel « sylphe » de soixante-trois ans s'est « échappé à la musique ».

Enfants, Léo et Colette étaient très complices, créant leur propre monde avec leurs propres *règles*. Passionnés de littérature, ils répugnaient le mot « mignonne », qu'ils prononçaient « minionne ».

Juliette : L'Étrangère

Juliette est l'aînée de la fratrie, également issue du premier mariage de *Sido*. Sa mère la considérait comme « une autre espèce de sauvage […] Mais à celle-là personne ne comprend rien », pas même elle.

Colette décrit sa sœur comme une « étrangère », une « agréable laide aux yeux tibétains ». Juliette se marie à 25 ans avec le docteur R., juste avant de porter la coiffe des *catherinettes*. Pour *Sido*, ce mariage n'est pas une bénédiction, mais un accident. Juliette finit par sombrer dans la tristesse et l'attente de la mort, allant jusqu'à avaler une boîte de cachets pour mettre fin à ses jours, causant une grande souffrance à *Sido*.

L'Esprit "Sauvage" : Refus du Monde Extérieur

Le chapitre est intitulé « Les Sauvages » car Léo et Colette n'appréciaient pas le monde extérieur. *Ils* avaient du mal à se conformer aux coutumes et aux conventions sociales, préférant la solitude de la campagne à la compagnie des autres. *Ils* ne se plaisaient pas en présence des autres.

Entrées associées :