La Compétence des Tribunaux et le Droit Processuel

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La Compétence des Tribunaux

L'exercice des fonctions judiciaires correspond à l'État et doit s'effectuer à travers certains organes définis par la Constitution et la loi.

Les entités qui agissent au nom de l'État pour administrer la justice garantie par la Constitution sont les tribunaux. Ils peuvent être appréhendés de deux façons :

  • Un sens objectif : basé sur la sphère des pouvoirs et des fonctions objectivement déterminée par la loi et l'exercice de la fonction judiciaire.
  • Un sens subjectif : qui désigne la personne physique agissant au nom de la Cour pour exercer cette fonction.

Les juges sont les membres par excellence des tribunaux.

Les Différentes Classes de Tribunaux

Le droit positif vénézuélien distingue différents types de tribunaux :

  • Selon leur nombre : Le tribunal peut être un organe unique ou faire partie de plusieurs organes du même type. Ainsi, la Cour Suprême de Justice est unique car elle est le plus haut tribunal de la République.
  • Basé sur la durée : Le tribunal est soit permanent, soit temporaire. Les tribunaux permanents font partie intégrante de la structure juridique constante créée par la Loi Organique du Pouvoir Judiciaire.
  • Structure interne : Les tribunaux se divisent en tribunaux unipersonnels et collégiaux.
  • Degré de compétence : On distingue les tribunaux supérieurs et inférieurs.

Définition du Juge

Le juge est l'agent public investi de l'autorité nécessaire pour exercer les fonctions judiciaires confiées par la Constitution et les lois devant les tribunaux de la République.

La Compétence de la Justice

La modification de la compétence relève essentiellement du secteur privé ; elle concerne les relations qui peuvent exister entre deux ou plusieurs causes pour des raisons d'économie processuelle. Cela exige d'examiner les relations entre les causes et le traitement spécifique que leur réserve le nouveau code.

La Litispendance

La litispendance (litisdependencia) est la relation la plus étroite qui puisse exister entre deux ou plusieurs causes : c'est l'identité absolue. Cette relation se produit lorsque les causes ont en commun trois éléments : le sujet, l'objet et le titre. On ne parle pas de causes identiques, mais de la proposition d'une même cause devant deux autorités judiciaires différentes.

Exemple : Un créancier poursuit le même débiteur pour le recouvrement d'un même crédit devant deux juges différents.

La Continence

Une autre relation entre les causes est appelée la continence partielle ou litispendance. Cela se produit lorsqu'une cause plus large, dite continent, comprend et absorbe une cause moins importante, dite contenue. Par exemple, un créancier demande au débiteur de payer des intérêts sur un prêt devant le juge du domicile du débiteur, puis devant le tribunal du lieu d'exécution de l'obligation.

La Connexité Générique

Entre deux ou plusieurs causes, une relation de connexité existe lorsque diverses causes ont en commun un ou deux de leurs éléments. La connexité diffère de la litispendance car cette dernière exige la communauté des trois éléments (sujet, objet et titre).

La Connexité Spécifique

Celle-ci est prévue aux articles 48, 49 et 50 du CPC (Code de Procédure Civile), et produit le déplacement de la compétence d'un ou plusieurs juges au profit d'un autre. La caractéristique de ce processus est l'unité de la relation juridique litisconsortiale et l'autonomie des parties, de telle sorte que les actes des uns ne nuisent ni ne profitent nécessairement aux autres.

Le Caractère Accessoire

La connexité est la relation qui existe entre deux causes dont l'une est dite accessoire, car elle apparaît subordonnée et dépendante du titre de la cause principale. La différence essentielle est que la décision sur la cause principale (continent) implique nécessairement la décision sur la cause contenue, tandis que dans le caractère accessoire, la décision sur l'accessoire présuppose la décision sur la cause primaire sans être implicite.

Les Collatéraux ou Garants

Ils sont traités dans notre code au même titre que l'accessoire. Lorsqu'une personne citée comme défendeur dans l'affaire principale apparaît comme demandeur en garantie contre un tiers qui doit répondre si les actifs du débiteur sont insuffisants.

La Question Préjudicielle

La préjudicielle est la relation entre deux causes où la décision de l'une est nécessaire pour décider de l'autre avec l'autorité de la chose jugée. Dans notre processus, ces questions sont abordées séparément et peuvent suspendre le cours du verdict final jusqu'à leur résolution, car elles constituent un antécédent logique indispensable.

La Compensation

C'est une façon d'éteindre une obligation lorsque deux personnes sont réciproquement débitrices. La compensation éteint les deux dettes à concurrence de leurs montants respectifs. Elle constitue un droit pour les parties de ne pas payer un montant dû en raison d'une créance équivalente qu'elles détiennent.

La Demande Reconventionnelle

Elle survient lorsque le défendeur ne se limite pas à une attitude défensive, mais assume le rôle de contre-demandeur en affirmant, dans le même processus, une revendication particulière contre l'acteur initial. C'est une nouvelle demande tendant à la condamnation du demandeur originel.

Garanties et Pouvoirs des Juges

L'Abstention (Inhibition)

Il s'agit d'un devoir du juge et non d'un simple pouvoir. Si un juge estime qu'il existe un motif d'objection personnelle, il doit s'abstenir. L'abstention est l'acte par lequel le juge se sépare volontairement de la connaissance d'un cas en raison d'une relation particulière avec les parties. Ses caractéristiques sont :

  • C'est un acte judiciaire qui prend effet dans le processus.
  • Bien qu'il s'agisse d'un devoir, les parties ne peuvent l'exiger sous cette forme.
  • Elle crée un incident visant à résoudre la crise subjective de séparation du juge.

Les motifs se trouvent principalement à l'article 82 du CPC (parenté, affinité, etc.).

Causes d'Abstention et de Récusation

  • Relation de consanguinité avec l'une des parties.
  • Lien de mariage entre le juge et l'une des parties (jusqu'au second degré).
  • Affinité de parenté avec le conjoint des parties.

La Récusation

À la différence de l'abstention, la récusation est le pouvoir des parties de provoquer l'exclusion du juge lorsque celui-ci n'a pas respecté son devoir d'abstention. C'est l'acte par lequel une partie exige l'exclusion du juge en raison de sa position particulière vis-à-vis des parties ou de l'objet du litige.

Forme de l'Opposition

La forme proposée pour la récusation est l'instance judiciaire exposant les causes (Art. 92 CPC). La loi limite le nombre de récusations possibles dans un même cas pour éviter les abus et la prolifération d'irrégularités.

Les Parties au Procès

Le concept de partie n'est pas unique et s'utilise dans divers domaines du droit. Dans un contrat, les parties sont les sujets qui donnent leur consentement. En procédure civile, selon Calamandrei : « les parties sont les sujets actifs et passifs soumis à la poursuite ».

La Capacité d'être Partie

Dans le droit moderne, la capacité juridique est la règle. Toute personne physique (par le simple fait de naître vivante) ou morale (par reconnaissance légale ou enregistrement) peut être sujet de relations juridiques et donc partie à un procès.

Capacité Procédurale

À la différence de la capacité d'être partie, la capacité procédurale s'applique uniquement aux personnes ayant le libre exercice de leurs droits (capacité d'exercice). L'article 136 définit : « Sont capables d'ester en justice les personnes ayant le libre exercice de leurs droits... ».

La Pluralité des Parties (Litisconsorce)

Dans tout processus, il doit y avoir au moins deux parties : le demandeur et le défendeur. La doctrine moderne distingue plusieurs situations de pluralité (jonction de procédure) :

  • La jonction active : Lorsqu'il y a plusieurs demandeurs et un seul défendeur.
  • La jonction passive : Lorsqu'il y a un seul demandeur et plusieurs défendeurs.
  • La jonction mixte : Lorsqu'il y a plusieurs demandeurs et plusieurs défendeurs simultanément.
  • La jonction nécessaire : Elle survient lorsqu'un statut juridique unique lie différents sujets, rendant l'action contre tous obligatoire pour être efficace (ex: dissolution d'une communauté, Art. 768).

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