Le conflit israélo-arabe : de Suez à Camp David
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II. La crise de Suez : un conflit régional (1956)
A. L'émergence des revendications égyptiennes
En 1956, Nasser (président égyptien) décide de nationaliser le Canal de Suez dont la Grande-Bretagne est le principal actionnaire. Les Britanniques craignent pour leur ravitaillement en pétrole et pour leur commerce en Extrême-Orient qui transite par le canal. De son côté, la France est irritée par le soutien de l'Égypte au FLN.
B. Les opérations militaires et leurs conséquences
Les 22 et 23 octobre 1956, la Grande-Bretagne, la France et Israël préparent un plan d'action lors d'une réunion secrète organisée à Sèvres. L'intervention a lieu en octobre-novembre 1956 : attaque préventive d'Israël contre l'Égypte ; la France et la Grande-Bretagne ripostent ensuite en prétextant que cette attaque menace la zone du canal.
Tsahal (l'armée israélienne) lance une offensive le 29 octobre 1956 qui aboutit à l'occupation du Sinaï en six jours. Le 30 octobre 1956, les Français et les Anglais adressent un ultimatum aux belligérants. Le refus égyptien entraîne un bombardement des Anglais et des Français, puis un débarquement de ceux-ci le 5 novembre 1956.
En décembre 1956, les forces européennes se retirent. Le retrait israélien s'effectue à partir de décembre 1957.
Conséquences :
- Il s'agit d'un échec des puissances coloniales face aux deux grandes puissances nucléaires (USA et URSS).
- La Guerre froide fait son apparition dans le conflit israélo-arabe.
III. Les guerres de 1967 et 1973
A. La guerre des Six Jours (1967)
Le 5 juin 1967, Israël lance une attaque aérienne préventive contre l'Égypte. La victoire israélienne est totale (Rabin, Dayan) face aux armées égyptiennes, syriennes et jordaniennes qui sont détruites.
Conséquences :
- Le 10 juin 1967, Israël occupe la Cisjordanie, Gaza, Jérusalem-Est, le Sinaï et le Golan syrien. La colonisation israélienne débute aussitôt.
- Un million d'Arabes passent sous son administration et l'État d'Israël passe de 21 000 à 102 000 km².
- La politique israélienne est condamnée par les pays socialistes et ceux du Tiers-monde qui, pour la plupart, rompent leurs relations diplomatiques avec Israël. La France de De Gaulle prend ses distances avec Israël.
- Les grandes puissances se prononcent clairement pour une solution diplomatique et non militaire du conflit. La résolution 242 de l'ONU demande la reconnaissance d'Israël et l'évacuation des territoires occupés par la force (résolution jamais appliquée).
- L'OLP, créée en 1964, commet des actes terroristes qui inquiètent les dirigeants arabes : en septembre 1970, l'armée jordanienne chasse l'OLP de Jordanie à l'issue des événements de Septembre Noir. L'OLP se replie alors au Liban.
B. La guerre du Kippour (octobre 1973)
Le 6 octobre 1973, l'Égypte et la Syrie attaquent Israël par surprise. La contre-offensive israélienne menace à son tour Damas et Le Caire. Par des pressions conjointes, les USA et l'URSS imposent un cessez-le-feu fin octobre 1973. L'accord du km 101 rend le cessez-le-feu effectif.
Adoption par l'ONU de la résolution 338 en octobre 1973. L'ONU décide de l'envoi de casques bleus. Du 26 au 28 novembre 1973, au sommet d'Alger, l'OLP est reconnue comme le seul représentant du peuple palestinien. En novembre 1974, l'ONU accorde à l'OLP le statut d'observateur permanent et reconnaît le droit des Palestiniens à la souveraineté et à l'indépendance.
Le président égyptien Sadate recherche une solution négociée qui permet à l'Égypte de se retirer du conflit. Les contacts aboutiront au voyage de Sadate à Jérusalem (1977) puis aux accords de Camp David (1978).