Conscience, Morale et Existence : Une Exploration Philosophique

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Approche Morale et Conscience

Conscience Morale et Mœurs Sociales

La conscience morale peut nous amener à entrer en conflit avec les mœurs, la morale issue de la société et la tradition. La conscience morale permet de prendre du recul par rapport à cette tradition, à ces mœurs. Cette prise de distance s’exprime dans la comparaison entre ce qui existe en fait et ce qui devrait exister en droit. L’expression ultime de la conscience morale est les choix libres, car on prend du recul par rapport aux valeurs léguées par la société.

C'est alors que les critères d'évaluation entrent en jeu pour permettre de distinguer.

Valeurs Morales : Innées ou Acquises ?

Les valeurs morales sont-elles innées ou acquises ?

  • Innées : Appartenant à la nature.
  • Acquises : Inculquées au cours des expériences ou de l'éducation.

Certains disent que les valeurs morales sont innées et donc partagées par la population, et d’autres qu’elles sont acquises et donc contingentes au groupe socioculturel de l’époque. Pour répondre à cette problématique, deux points de vue s'opposent :

  • Saint Thomas d’Aquin défend le caractère inné de la conscience morale. Il y a dans l'âme humaine un point culminant, la partie la plus noble de l’âme : la syndérèse. C’est essentiellement le lieu où l’homme peut déterminer le bien-fondé ou la moralité d’un principe.
  • Jean-Paul Sartre, à l'inverse, affirme que la conscience morale est acquise. Elle se présente comme une tabula rasa, vierge de tout principe et valeur d’ordre moral. C’est le fruit d’un apprentissage et d’une éducation.

La conscience morale est l’ensemble des choix libres que peut effectuer l’homme. Ce sont ensuite les conséquences de ces actes qui nous permettent de déterminer ce qui est bien ou mal et d’instaurer nos valeurs et principes. La conscience morale est souvent recouverte par les mœurs de la société et les stéréotypes qu'elles créent. Cela peut alimenter en nous un idéal moral trop élevé, développant une haine envers nous-mêmes, car il devient difficile de satisfaire ces stéréotypes ou d'atteindre une perfection morale.

La Responsabilité Morale

Le fait que les êtres humains possèdent une conscience morale ne les rend pas automatiquement moraux. Il est nécessaire qu’il existe une volonté de vouloir faire le bien ; cette volonté implique de savoir se libérer de ses désirs et pulsions.

Exemple : l'homme politique corrompu, capable de discerner le bien du mal, succombe néanmoins à ses désirs et intérêts égoïstes.

Selon Sartre, l'homme qui succombe à ses désirs et pulsions est un homme de mauvaise foi (« c'est plus fort que moi »). En tant qu’homme libre, le sujet ne peut pas se déresponsabiliser et ne pas assumer sa liberté. La liberté implique la responsabilité, donc nous sommes capables de prendre en charge les conséquences de nos propres actes. Avoir conscience de ce que nous faisons, c'est avoir conscience de nos actes, et donc savoir mesurer leurs conséquences potentielles pour pouvoir en être responsable.

Exemple : Un nourrisson, une personne atteinte d’un handicap mental, et les personnes du troisième âge atteintes d’une démence ne peuvent pas être considérés comme responsables car ils ne sont pas libres.

Identité : Le Moi et le Je

L'Existence et la Conscience de Soi

Hegel différencie deux types d’êtres :

  • Ceux qui sont doués de conscience : l'Être-pour-soi, l'homme en tant qu’existant. Cet être possède une conscience de soi ; l'être-pour-soi renvoie au domaine de l’existence. Dans ce cas, l'existence précède l'essence, car l’homme, en tant qu’être capable de liberté, peut construire son existence grâce à ses choix et actes. L’existence se présente alors sous forme de projet.
  • Ceux qui ne sont pas doués de conscience : l'Être-en-soi, l'animal en tant que vivant. L’« en-soi » désigne le monde des choses matérielles en tant qu’elles sont régies par une fonction déterminée, c'est-à-dire une essence. Ici, l'essence précède l'existence.

Le dédoublement réflexif permet de dire que l'existence est double, car l’homme peut se représenter lui-même mentalement et se prendre comme un objet de questionnement.

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