Crimes, Châtiments et Circonstances en Droit
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Section 1: Crimes et Châtiments
Crime
L'autorité publique, qui régit le fonctionnement de la vie en société, détermine à tout moment les bases de la coexistence et interdit les actes qui la mettent en danger. Le nombre et les types d'actes interdits dépendent du moment historique particulier. Un acte peut rester indifférent à une époque et acquérir une grande importance dans une autre. L'importance du droit pénal est inversement proportionnelle au développement de la société. Ainsi, les lois pénales sont plus nombreuses que les lois civiles dans les moments où la société est faible, par exemple, chez les peuples primitifs ou dans le Haut Moyen Âge. L'inverse est vrai à une époque où la société est plus forte. L'infraction est définie comme la violation des bases fondamentales de la coexistence. On utilise le terme latin *delictum*, qui signifie glisser, faire une action ou commettre une faute. En principe, le crime est lié à la religion et est considéré comme une infraction aux dieux, puni pour apaiser leur colère. Chez les Wisigoths et dans les royaumes médiévaux, la culpabilité était déterminée sur la base de phénomènes physiques: par exemple, l'échec à guérir une blessure était considéré comme un signe divin que le sujet était coupable. Cela démontre le lien entre le crime et la religion.
En ce qui concerne les types de criminalité, en fonction de leur importance, on distingue les crimes et les délits sur la base de la peine. Ainsi, le crime est l'action que la loi punit d'une peine sévère, et le délit, d'une peine légère.
Intérêts en Jeu
On distingue :
- Premièrement, entre les crimes publics et privés. C'est une distinction qui appartient à la loi romaine. Les crimes publics sont ceux qui affectent toute la communauté, tandis que les crimes privés ne touchent que les individus.
- Deuxièmement, on distingue les affaires judiciaires et les crimes des membres. Cette distinction appartient à la loi castillane du XIIIe siècle. Les affaires judiciaires seraient celles dont le châtiment est réservé au roi pour sa gravité particulière, par exemple, la mort ou la trahison. En revanche, les autres crimes, moins graves, sont considérés comme des délits des membres et jugés par les autorités locales en vertu des chartes.
- Crimes et délits passibles de poursuites d'office ou sur plainte. Cette distinction est caractéristique de la codification, où certains crimes, tels que la diffamation et la calomnie, doivent faire l'objet d'une plainte pour être persécutés. Alors que d'autres crimes peuvent être poursuivis par le bureau de l'État à travers le procureur, même sans plainte de la victime.
Conception du Crime
Historiquement, il y a une double conception du crime. Selon la conception objective, l'infraction est punissable par le résultat, et donc il y a crime lorsqu'il y a un tel résultat. Selon la conception subjective, il faut que le résultat soit accompagné par l'intention de causer du mal ou des dommages. La conception objective est caractéristique des sociétés primitives dans lesquelles il est difficile de juger de l'intention. La conception subjective prévaudra sur ce point de vue. Cette intention est appelée *dolus* dans le droit romain et *animus* dans le droit wisigothique. Dans le droit actuel, il y a une renaissance de la conception objective par rapport à certains actes dont la commission implique toujours un risque pour les autres, comme par exemple la conduite dangereuse de véhicules à moteur. Le triomphe de la conception subjective a lieu dans le code qui exige la preuve non seulement de la perpétration du crime, mais aussi de l'intention de le commettre. Enfin, on peut parler d'une conception juridique du crime, dans le sens où celui-ci n'est compris comme tel que lorsqu'il est déterminé par la loi. C'est le principe de légalité, selon lequel il n'y a pas de crime sans loi pénale préalable pour l'établir.
Peine
Il s'agit de la sanction imposée par le gouvernement en rapport avec le crime. Cependant, même s'il y a une tendance à l'unanimité sur la nécessité de la punition, des doutes subsistent quant à son objectif: peut-elle être répressive ou préventive? Parfois, les deux peuvent se combiner. Selon l'approche répressive, la sanction est la cause des blessures ou des dommages à ceux qui ont commis l'infraction, à titre de compensation pour le mal qu'elle a fait. Selon l'objectif de prévention, on abandonne l'idée de punir certains faits qui sont déjà inévitables, et on vise à empêcher ou à décourager la perpétration de nouveaux crimes en suscitant la peur de la punition. Selon l'approche répressive, historiquement, la fin des peines a été d'être sacrificielle, dans le sens où il s'agissait de plaire aux dieux. Cette approche est présente chez les peuples primitifs et dans la Rome antique, où il semble que la sanction *Cule* consistait à jeter le délinquant dans l'eau dans un sac avec un coq, un serpent, un chien et un singe, ces animaux étant considérés comme liés aux divinités infernales. Cela passe de l'expiation religieuse à la compensation expiatoire pour l'acte commis par l'homme. Pour sa part, l'approche préventive prend deux formes: l'intimidation et la correction. La peine doit intimider pour empêcher la commission d'autres crimes par la crainte suscitée. Cette fondation peut être vue quelquefois à Rome, quand l'empereur Hadrien a condamné le vol de bétail en Hispanie avec la peine de mort dans les endroits où ces vols étaient très fréquents. Dans ce cas, la punition n'est pas proportionnelle à l'infraction, mais l'empereur a voulu instiller la peur pour empêcher les vols supplémentaires. Dans la forme de correction, on cherche à amender le délinquant. La sanction reste une punition car elle nuit à la personne qui la subit, mais elle est imposée comme un atout pour lui, en essayant de le corriger. Quant aux types de punition, le dommage ou le préjudice au contrevenant peut être homogène ou hétérogène à l'égard du crime, c'est-à-dire de même nature ou de nature différente. Dans le premier cas, on cherche l'égalité avec le crime, dans le second, seulement une certaine proportionnalité. Dans les sociétés primitives, on tend à l'homogénéité d'une sanction plus sévère à l'infraction, qui a finalement été limitée à des pénalités égales à la loi du talion à Rome et est restée parmi les Wisigoths et au Moyen Âge. Par la suite, on impose des sanctions d'une nature différente pour les crimes qui sont punis. À partir de la fin du Moyen Âge, on tend à la proportionnalité de la peine: une peine maximale est prévue pour les crimes les plus graves, qui se réduit à mesure que la gravité diminue. Ce principe est inscrit dans la codification. Normalement, la peine semble déterminée, mais il peut aussi arriver qu'elle ne le soit pas. Dans ces cas, les tribunaux doivent décider de la sanction appropriée.
Section 3: Défenses, Circonstances Atténuantes et Aggravantes
Note Iushistorique
Défenses
Lors de l'accomplissement d'actes qui constituent des crimes, il peut y avoir des circonstances qui exonèrent totalement le sujet de sa responsabilité, ce que la doctrine moderne appelle des défenses. Parmi elles, on peut souligner trois groupes:
Justification
Ce sont celles qui nient l'examen des actes comme des crimes, au motif qu'ils ne sont pas contraires au droit ou illicites. Il s'agit notamment de:
- La légitime défense: elle est exprimée à Rome afin de démontrer qu'«il est licite de repousser la force par la force». Habituellement appliquée aux attaques contre les personnes, on affirme qu'elle devrait également s'étendre aux attaques à l'honneur ou contre les biens. La légitime défense contre la personne est admise en général, même dans les moments historiques où l'on défend une conception objective de l'infraction, comme dans les chartes castillanes. Pour leur part, la loi naturelle considérait comme une obligation de défendre la vie, et comme un péché mortel d'être tué. L'attaque de légitime défense de la propriété a une grande tradition en Espagne à travers la justification de la mort du voleur dans la nuit, qui passe de Rome aux Wisigoths. Parmi ces textes, elle est transmise à l'époque médiévale castillane et aragonaise. La défense de l'honneur a une grande tradition en Castille, dans le cas d'adultère commis par des femmes, la vengeance étant toujours étendue aux deux adultères. Ne répondant pas à ces exigences, Fernando III a ordonné de pendre un homme qui avait castré l'amant de sa femme, sans lui faire de mal.
- Devoir d'obéissance: dans ce sens, les Wisigoths ne punissaient pas le serviteur qui avait volé sur ordre de son maître, et les privilèges castillans exonéraient le fils, le serviteur, le vassal, le frère de moins de 25 ans sous tutelle et les religieux lorsqu'ils agissaient en accomplissant un mandat.
- Nécessité: justifie l'accomplissement d'actes pour éviter des dommages plus importants à la personne. On souligne dans les *Partidas* l'autorisation pour le titulaire d'un château assiégé de manger son propre enfant en cas de famine, avant de céder le commandement de la forteresse sans l'accord de son maître.
- Ignorance ou erreur, de fait ou de droit. Prise en charge à Rome, elle ne peut cependant jouer aucun rôle, car l'ignorance de la loi n'est pas une excuse chez les Wisigoths.
Causes de la Folie
Ce sont celles qui ne privent pas les actes de leur examen de crime, mais qui les rendent non imputables à l'individu en raison de carences dans la formation de sa volonté. Habituellement appliquée aux malades mentaux, surtout quand ils sont excités ou en colère, sauf si l'infraction est commise dans un intervalle dit lucide. La codification étend l'immunité de poursuites en raison de troubles mentaux temporaires. On considère également l'immunité de poursuites en raison de l'âge: à Rome, on était irresponsable à 7 ans. Au Moyen Âge, la limite est portée à 10 ans. Dans l'ère moderne, à 20 ans avec des exceptions, et la codification fixe cette limite à 16 ans. Pour la loi naturelle, est irresponsable celui qui tue en dormant (somnambule). On a également présenté comme une cause de défense l'aliénation mentale au moment de l'état de passion.
Causes de l'Innocence
Ce sont celles qui excluent toute responsabilité, même si les actes criminels sont imputables à l'auteur, parce qu'on considère qu'ils n'ont pas été voulus par lui. Parmi ces causes, on trouve le cas fortuit, qui a lieu lorsque le crime est commis par accident, sans aucune volonté de l'auteur, ainsi que le travail forcé, qui résulte de la violence physique ou psychologique. Cette contrainte est le dernier recours qui produit la crainte, qui, selon les *Partidas*, doit être sérieuse, comme lorsque l'auteur agit sous la menace de la torture ou de la mort. Le code exige que le mal qui provoque la peur soit égal ou supérieur à celui produit par l'infraction.
Circonstances Atténuantes
Ce sont celles qui ne libèrent pas de la responsabilité, mais l'adoucissent. On distingue celles qui précèdent le crime et celles qui le suivent. Parmi celles qui précèdent le crime, on peut souligner deux points:
Statut Social du Délinquant
Il est pris en compte pour l'établissement de pénalités de toutes sortes. Ainsi, parmi les fonctionnaires wisigoths, le délinquant est condamné à être brûlé, tandis que l'homme libre est livré comme prisonnier à la victime. Au Moyen Âge castillan, les privilèges ne sont pas disponibles pour *arrêter* d'un certain héritage, alors que la noblesse d'Aragon n'était pas punie de peines corporelles.
Condition Sociale de la Victime
Dans ce sens, les Wisigoths ont indiqué une plus grande compensation pour la mort d'un noble. Au Moyen Âge, on punit également différemment en fonction de la race, du statut ecclésiastique, etc.
En ce qui concerne les circonstances atténuantes du crime, on peut souligner historiquement:
- Le droit d'asile, qui est la prérogative d'offrir refuge aux criminels contre la justice. Il était possédé par des institutions comme les empereurs romains ou l'Église.
- Le pardon de l'offensé agit comme une défense du système de la vengeance privée pour produire la réconciliation. Bien plus tard dans l'histoire, il agit comme un facteur atténuant. Le pardon peut être accordé à titre onéreux ou gratuit, et ses effets sur le défendeur étaient de le libérer de la peine ou d'éviter les châtiments corporels, en offrant une grâce royale et en évitant certaines conséquences, comme le mariage de la victime avec le délinquant dans le crime de viol.
Circonstances Aggravantes
Ce sont celles qui augmentent la responsabilité. La codification considère comme circonstances aggravantes de l'infraction le mépris de l'état de la victime. De même, la persistance de la criminalité implique la distinction entre la réitération et la récidive dans la codification. Selon que les nouvelles infractions sont de nature différente (répétition) ou de même nature (récidive). La découverte des crimes se fait par le biais des registres de captures dans lesquels figurent les jugements d'une même personne. Dans d'autres périodes historiques, on les trouve par l'effet des sanctions laissées sur le corps du délinquant. Une importance particulière est de savoir comment la conduite de l'infraction. Historiquement centré sur l'acte qui exprime le mal perfide que dans certains domaines identifiés par la trahison donné ce que le crime commis contre le peuple qui doit respecter fidèlement ou de l'amour. La codification considère la trahison comme une circonstance aggravante lorsque le crime est une trahison qui est sûre et sans aucun moyen pour la victime de se défendre. D'autres circonstances aggravantes impliquent la commission de l'infraction dans certains lieux ou moments, comme les crimes commis dans les marchés, sur la route, lors de foires ou à certaines périodes de l'année comme Noël, qui étaient particulièrement punis au Moyen Âge.