Déclin du régime libéral et crise de la Restauration
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Crise sociale et tensions politiques (1917)
Cependant, les partis politiques ont été divisés en deux tendances : aliadófilos (démocrates et libéraux) et germanophiles (conservateurs). La prospérité économique a favorisé la neutralité en fournissant des matières premières aux pays en guerre, ce qui a entraîné l'expansion industrielle, l'accumulation du capital et la hausse des prix, conduisant à une baisse du niveau de vie et à des agitations sociales en 1917. La Restauration du système politique a traversé une grave crise : crise militaire et administrative. Le gouvernement a cherché à réduire le nombre d'agents, à modifier le système de promotion et à justifier la guerre — mesures qui favorisèrent les militaires en Afrique.
Cela a conduit à la création de conseils de défense qui se sont répandus dans l'armée, en liaison avec le mouvement syndical. On s'interrogea sur l'autonomie d'entreprise face au favoritisme politique. La crise politique éclata lorsque Cambó invita tous les sénateurs et députés à une Assemblée parlementaire à Barcelone. Il fut convenu de former un gouvernement intérimaire et d'obtenir l'autonomie pour la Catalogne, mais sans succès. Enfin, la crise sociale commença après la grève générale lancée par le mouvement ouvrier (UGT et CNT), qui visait le changement politique et la création d'une république démocratique.
Les républicains et le courant nationaliste ne purent pas améliorer la situation politique : ils souffraient de divisions internes et perdirent de l'appui. Pour leur part, l'UGT et la CNT commencèrent à croître. De même, la CNT était divisée entre un courant modéré dirigé par Ángel Pestaña et des partisans plus radicaux, parfois violents, dirigés par Durruti. Un autre facteur contribuant à la décomposition du système libéral fut le conflit apparu en Andalousie, où l'on dénonça la propriété des grands propriétaires fonciers et leurs conditions de vie. L'intensification de la mobilisation à partir de 1918 (trois années « bolcheviques ») aggrava la situation.
La situation se détériora encore après la catastrophe d'Annual au Rif, où le général Silvestre perdit plus de 10 000 soldats, un drame national. Cela eut de graves conséquences et força le gouvernement à établir le « dossier Picasso » pour poursuivre les responsables de la catastrophe. Avant même que le rapport ne fût connu du Parlement, le général Primo de Rivera donna un coup d'État et imposa une dictature militaire.
En conclusion, le régime libéral commença son déclin au début du XXe siècle. Les tentatives régénérationnistes échouèrent : l'incapacité du régime à se démocratiser, la faiblesse des autres partis politiques, l'exacerbation des conflits sociaux et le problème colonial, notamment au Maroc, conduisirent à une solution autoritaire avec le coup d'État du général Primo de Rivera.
La crise de 1898 et les tentatives régénératrices
La crise de 1898 suscita un désir généralisé de changer le système politique discrédité de la Restauration. Les premières années du règne d'Alphonse XIII furent caractérisées par les tentatives des nouveaux dirigeants des partis — Antonio Maura (conservateur) et José Canalejas (libéral) — de réformer le système « d'en haut ». La crise finale de la Restauration commença en 1918 et dura jusqu'en 1923. L'instabilité socio-politique, le problème colonial — cette fois le protectorat du Maroc — et la montée en puissance du leadership militaire favorisèrent le coup d'État du général Primo de Rivera.
Instabilité politique et réformes (1902–1918)
Au XXe siècle, le système politique de la Restauration resta en vigueur. Le Parti conservateur et le Parti libéral se succédèrent pacifiquement au pouvoir. L'accession d'Alphonse XIII au trône en 1902 coïncida avec l'apparition d'une instabilité politique au sein des deux partis dynastiques, due à la disparition de leurs dirigeants, Cánovas et Sagasta. Dans cette situation, les deux partis élurent de nouveaux leaders — Antonio Maura et José Canalejas — tous deux d'idéologie régénératrice.
Au cours du « gouvernement long » de Maura (1907–1909) fut lancé le projet de « révolution d'en haut ». Des lois furent promulguées, notamment une réforme électorale visant à mettre fin au despotisme, mais elles échouèrent ; la réforme de l'administration locale poursuivait les mêmes objectifs. José Canalejas entreprit la tentative la plus importante de régénérer le système afin d'instaurer la démocratie et d'élargir la base du régime. Il proposa des changements législatifs tels que la loi du candado (loi du cadenas), étape dans la séparation de l'Église et de l'État, qui suscita une forte opposition du milieu catholique.
Parmi les réformes sociales et fiscales : l'instauration d'un service militaire obligatoire sans distinctions, la transformation de l'imposition — avec une progression vers un impôt plus progressif sur le revenu en milieu urbain — et la reconnaissance du droit d'association sous la pression de la Lliga, le droit d'association étant approuvé au Parlement en 1912. Les deux gouvernements entreprirent également d'autres changements en matière économique et sociale (reconnaissance du droit de grève, amélioration des conditions de travail et de vie) et encouragèrent la production nationale.
La question coloniale et la Semaine tragique
La politique coloniale de l'Espagne se concentra sur l'Afrique du Nord. Le protectorat concernait la région du Rif, un terrain accidenté habité par des tribus berbères hostiles aux étrangers. Le gouvernement envoya des renforts et mobilisa des réservistes de la péninsule, pour la plupart mariés et pères de famille.
L'embarquement des troupes dans le port de Barcelone suscita un mouvement de protestation qui se radicalisa après les nouvelles de la bataille du Gurugú, entraînant un soulèvement spontané connu sous le nom de Semaine tragique de 1909, qui aboutit à l'incendie d'églises et de couvents. Le gouvernement réprima durement la révolte ; il y eut des milliers de morts.
Après l'éclatement de la Première Guerre mondiale, l'Espagne déclara sa neutralité, ce qui favorisa l'isolement diplomatique et affecta son armée.