Définition, Pratiques et Valorisation du Tourisme Culturel

Classé dans Sciences humaines et sociales

Écrit le en français avec une taille de 27,75 KB

Tourisme et Culture

1. Définition du « Tourisme Culturel »

Problèmes de la définition OMT :

  • L’échelle temporelle prise en compte est trop large :
    • La durée moyenne des visas de tourisme est entre trois et six mois.
    • Les congés payés des salariés ne dépassent pas les 45 jours en moyenne.
    • Difficulté pour ceux qui travaillent de partir plus de trois semaines.
  • L’autre critère lié aux motivations est lui aussi trop large, à tel point que tout peut relever du tourisme.
  • D’autres auteurs ont choisi d’intégrer la culture en créant la notion de « tourisme culturel », ce qui signale que ce tourisme présenterait des singularités par rapport à la notion en général.
  • « Le tourisme culturel est celui qui a pour objet, entre autres objectifs, la découverte des sites et monuments » (Icomos, 1976).
  • « Le tourisme culturel est un déplacement d’au moins une nuitée dont la motivation ou l’intention principale est d’élargir ses horizons, de rechercher des connaissances et des émotions au travers de la découverte d’un patrimoine et de son territoire. Par extension, on y inclut les autres formes de tourisme où interviennent des séquences culturelles. Le tourisme culturel est donc une pratique culturelle qui nécessite un déplacement d’au moins une nuitée, ou que le déplacement va favoriser. »
  • « Il n’existe pas un tourisme strictement et entièrement culturel opposé à un autre qui le serait moins (…) »
  • « Diverses séquences de comportements relevant de registres différents (sport, gastronomie, musée, etc.) coexistent chez un même touriste motivé par les « visites culturelles », et diverses expériences peuvent être considérées comme culturelles par le même individu ou sa génération alors qu’elles ne participent pas de ce qui est défini comme tel par les institutions et les professionnels du secteur » (Amirou, 2000).
  • « Plus que par l’objet de la visite, on peut définir le tourisme culturel par la démarche de connaissance au sens large et le point de vue (esthétique) adopté face à la chose regardée : c’est un voyage orienté, du moins dans l’idéal, par l’idée que l’objet regardé transcende son sens matériel immédiat » (Amirou, 2000).
  • En général, le tourisme culturel valorise ce qui nous est lointain dans le temps, dans l’espace (lieux autres, exotisme) et éloigné de nos connaissances quotidiennes.
  • À chaque fois, ce qui va pouvoir différencier le tourisme d’un autre type de mobilité géographique, c’est :
    • Le choix du déplacement : On n’est jamais contraint de faire du tourisme (à la différence de l’activité professionnelle).
    • L’autre critère est le hors quotidien. Les lieux du tourisme sont occasionnels et permettent de rompre avec la routine.

2. Pratiques Touristiques et Séquences Culturelles

2.1. Identifier les Pratiques et la Place de la Culture

  • Faire du tourisme, c’est choisir de quitter temporairement ses lieux de vie habituels pour aller vivre ailleurs, dans un ou des lieux situés hors de la sphère de sa vie quotidienne, afin de se recréer.
  • La recréation (reconstitution du corps et de l’esprit) implique un relâchement du contrôle des individus sur eux-mêmes, un relâchement du self-control, une relative libération des contraintes quotidiennes, notamment celles du travail.
  • On peut distinguer différentes manières de se recréer à travers 5 grands types de pratiques :

La Découverte

  • Semble être a priori la pratique la mieux associée à la culture.
  • Apprendre en se confrontant à la nouveauté est au fondement même du tourisme depuis les premiers Anglais effectuant le tour des prestigieuses villes européennes (Antiquité).
  • Les professionnels du tourisme ont bien intégré ce terme puisqu’il existe désormais des « Séjours découverte » dans l’offre de voyage.

Les critères majeurs du tourisme : choix, motif, pratique, mobilité temporaire, afin de se recréer, [( intention) très très importante].

Exemple des Assises du Tourisme 2010 à Marrakech

  • Signature d’une Convention relative à la création d’une Fondation des Festivals de Traditions.
  • Objectif : Valoriser et promouvoir les festivals de traditions des différentes régions du Maroc.
  • L’Office National Marocain du Tourisme sera un acteur impliqué (Aide à la redéfinition du concept associé au « produit »).
  • Moussem « culturel et touristique » de Tan Tan : 7 ème édition en 2010.
  • Rencontre des différentes « Tribus » sahariennes autour d’échanges culturels.
  • Pratiques religieuses et mise en scène des productions culturelles, produits à travers des tentes thématiques (bijoux, poterie).

Tourisme Durable et Écotourisme

  • La découverte a été particulièrement remise au goût du jour avec l’émergence récente des différentes formes de tourisme dit durable.
  • Autour du thème du développement durable ont été développés des produits cherchant une relation entre tourisme et environnement ou tourisme et éthique. La première relation s’exprime à travers l’écotourisme. Au sens strict, il renvoie à la visite.
  • Mais la dimension culturelle est intégrée et l’écotourisme s’intéresse aux formes de cultures dites : « traditionnelles » (faiblement développées techniquement) : exemple des Toraja en Indonésie.
  • L’écotourisme : un produit ciblant de petits groupes et censé perturber le moins possible le milieu dans lequel les touristes s’immergent.
  • La frontière avec le tourisme éthique peut apparaître floue : à la protection de l’environnement s’ajoute le souci que les dépenses consenties par le touriste soient captées par la population visitée.

Le Repos

  • Activité très sérieuse qui pallie à la fatigue physique et mentale engendrée par la vie quotidienne.
  • Place particulièrement importante dans le cadre du tourisme (hors travail, encadrement touristique capable de réduire encore ce qui peut être perçu comme une contrainte quotidienne).
  • « Ne rien faire » est une activité garantie par l’offre de voyage, à l’exemple du Club Méditerranée qui assume cette attente des clientèles.
  • Il faut d’ailleurs inclure dans cette catégorie repos la tendance actuelle qui voit se développer des produits liés au bien-être.
  • De nouvelles prestations émergent qui sont moins associées à la santé et davantage à ce que les Anglo-Saxons appellent le WELLNESS.
  • Certains Tour-Opérateurs (TO) associent la thalasso à d’autres prestations comme les spas, saunas, hammams, etc., qui permettent de diversifier les pratiques associées au soin du corps.
  • Cette tendance incarne le passage à une nouvelle ère touristique : le tourisme de masse individualisé (chacun prend soin de lui-même) : standardisation de certaines prestations, accès au tourisme d’un nombre croissant d’individus / volonté de différenciation, « souci de soi », autonomisation des touristes.

Le Jeu (Décliné selon quatre types)

  • La Compétition : c'est-à-dire la rivalité entre des acteurs qui peut s’exercer dans certaines pratiques qualifiées de sports. Gagner s’effectue ici dans le cadre de règles précises.
  • Une des tendances actuelles est au développement du golf…
  • L’Aléa : Il n’y a plus de règles à partir desquelles est défini un vainqueur. C’est le hasard qui est en jeu. C’est par exemple le jeu de roulette ou les machines à sous dans les casinos.
  • En France, le marché du casino a connu une croissance importante dans la dernière décennie et est désormais parvenu à maturité.
  • Deux grands groupes détiennent la moitié du marché : Partouche et Barrière.
  • Le Macao : le plus grand casino du monde ( Photo 1).
  • Le Simulacre : Il s’agit d’imiter quelqu’un ou quelque chose. Exemple du touriste jouant à être nomade le temps d’un séjour au Maroc, entre Zagora et M’Hamid.
  • Offre des TO aux agences réceptives : Evatours (TO spécialisé dans le tourisme culturel, installé dans le Calvados) qui propose des méharées ou randonnées chamelières.
  • The Nomad Experience à Ouarzazate (Mobilité en 4x4 avec rencontre de nomades).
  • Le Vertige : Il s’agit de rompre, pour un instant, avec la stabilité de la perception et de permettre la naissance d’une pratique émotive (Augustin, 1995).
  • Exemple du saut à l’élastique, mais aussi du Ski et du Surf.
  • Le surf peut marquer tellement certaines destinations en tirant l’ensemble des activités (produits dérivés, organisation de compétition, etc.) que certains parlent de station-surf (Anglet, Lacanau, etc.).

La Sociabilité

  • L’ensemble des relations qu’un individu ou un groupe entretient avec les autres.
  • Les lieux touristiques sont devenus suffisamment divers pour permettre de varier les possibilités de rencontrer des inconnus ou d’être en présence des autres.
  • Les villages-clubs atténuent l’exposition à l’altérité et favorisent l’entre-soi, pendant que les métropoles propulsent les touristes dans un contexte très cosmopolite.
  • Le succès grandissant des métropoles : une capacité à créer des événements permettant de mêler des individus aux provenances diverses, qu’il s’agisse de résidents ou de touristes (exemple de Paris Plages, Nuit Blanche).

Le Shopping

  • Le projet du voyage est fondé sur l’achat et la consommation symbolique (la vue, par exemple) d’objets du quotidien, souvent de marque.
  • Des lieux sont dédiés à cette pratique : Hong Kong et Taïwan, mais aussi d’autres destinations comme Shanghai ou Dubaï qui voient l’émergence de shopping centers de plus en plus vastes. ( Photo des Malls de Dubaï, Galerie Lafayette, Ala Moana Shopping Center à Waikiki, quartier d’Honolulu).
  • Certaines destinations communiquent sur cette offre de shopping, en prenant notamment appui sur de grands événements dédiés.
  • Ex : Dubai Shopping Festival qui existe depuis 1996 et qui se déroule au mois de février.
  • Paris communique à travers l’opération Soldes By Paris : mise en réseau de différents acteurs comme la ville de Paris, l’Office de Tourisme et des Congrès de Paris, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris et Atout France (agence de coordination et de promotion de la destination France).
  • Ici, mise en place de parcours thématiques.
  • Le shopping cible régulièrement les grandes marques du luxe, valorisant des savoir-faire liés aux métiers d’art, à la création.
  • L’art contemporain est régulièrement intégré : exemple de Vuitton qui a ouvert dans sa boutique des Champs-Élysées (maison mère), un espace culturel dédié, souvent autour de thèmes liés au voyage puisque Vuitton est à l’origine un malletier de luxe.
  • Par ailleurs, le groupe LVMH est un mécène pour l’art contemporain.
  • [ Marketing sensoriel : création d’odeur artificielle, ambiance sonore.]

Synthèse : Pratiques Touristiques et Séquences Culturelles

Les pratiques des touristes sont rendues possibles par une diversité d’acteurs (institutions, opérateurs privés, etc.) et d’espaces, et sont liées à un système de valeurs à un moment donné.

Le tourisme est un « système d’acteurs, de pratiques et d’espaces qui participent de la recréation des individus par le déplacement temporaire hors des lieux du quotidien » (Knafou, Stock, 2003).

Typologie des Lieux Touristiques

La typologie des lieux touristiques est basée sur :

  • Les situations qui ont précédé l’émergence du tourisme dans les lieux concernés (lieux créés de toutes pièces).
  • La mise en tourisme des lieux. Elle traduit la manière dont un lieu a été créé.
  • Leurs caractéristiques géographiques actuelles.

[Mettre en tourisme : Y a-t-il des acteurs ? Y a-t-il une synergie ?]

La logique est donc la suivante :

  1. Qu’est-ce qu’il y avait avant le tourisme ?
  2. Quel est le processus qui a conduit à créer un lieu touristique ?
  3. Enfin, comment est ce lieu aujourd’hui ?

2.2. Des Lieux qui Incarnent des Pratiques Touristiques

On peut identifier différents types de lieux :

Le Site

Le site est un type bien particulier de lieu touristique :

  • C’est le seul à être caractérisé par l’unique fonction de passage.
  • Si toutefois il existe une structure d’hébergement, celle-ci est sans commune mesure avec le dynamisme du lieu ( ex : Le Mont Saint-Michel).

Parmi les 8 types de lieux touristiques, trois peuvent être distingués du site : ils ont été créés par et pour le tourisme. Le lieu est aménagé de structures d’hébergement nécessaires à l’accueil de touristes qui viennent y résider temporairement.

Le Comptoir

  • Il est conçu uniquement pour le séjour touristique.
  • Il se caractérise par l’isolement, la fermeture.
  • Généralement, le lieu est tenu par un investissement conjoint à un promoteur, quand les deux ne sont pas identiques ( ex : le Club Méditerranée).

[Une île-hôtel des Maldives = île-comptoir]

Les Parcs à Thème

  • Concernant les parcs à thème, le Maroc constitue un marché des plus convoités.
  • Ex : Le parc d’attractions « Sindibad By Walibi » à Casablanca développé par un consortium (Alliances, Somed, Palmeraie Développement, Devpark et la Compagnie des Alpes).
  • Composé d’un parc d’attractions, d’un parc animalier, d’un parc écologique et d’une forêt récréative, d’hôtels et de commerces ou de bureaux.
  • Un parc archéologique est prévu et des financements seront alloués aux activités de fouille (site préhistorique).

La Station Touristique

  • Elle est différente du comptoir : il s’agit d’un lieu où résident des habitants permanents.
  • Les acteurs impliqués sont multiples. Mais la station peut être spécialisée dans une pratique (le ski).
  • Exemple : La Grande Motte et le Cap d’Agde (Languedoc-Roussillon), ou La Plagne.
  • Maroc : exemple de Saïdia, Mazagan, etc.

[La Grande Motte, station emblématique de la mission Racine]

La Grande Pyramide (1974) ( Photo)

La Station-Ville

  • On appelle station-ville une station qui gagne en complexité.
  • Lorsque d’autres activités se développent à côté du tourisme alors que celui-ci avait été l’activité fondatrice du lieu.
  • Exemple : Cannes.

Les lieux touristiques n’ont pas toujours été créés à partir de rien ou presque. Il existe bien des lieux touristiques dont le développement s’est appuyé sur une structure existante. C’est le cas des villes touristiques dont il est possible de distinguer plusieurs types.

La Ville-Station

  • Le lieu a été « subverti », c'est-à-dire bouleversé par le tourisme (il domine parmi les fonctions).
  • Mais ce dernier s’est inséré dans la structure préexistante, souvent par juxtaposition d’un quartier créé par et pour le tourisme (station).
  • Exemple : Agadir.

Le Cas d'Essaouira (Vers une Ville-Station)

  • Ancien comptoir commercial portugais (XVI ème Siècle), Essaouira a connu une activité économique florissante jusqu’au XIX ème siècle.
  • Au milieu des années 1990 : les décideurs politiques locaux, appuyés par des instances internationales (Nations Unies) ont vu dans le patrimoine un outil de valorisation touristique : politiques de restauration de la médina et de ses alentours.
  • Associations de quartier, autorités locales, services extérieurs des ministères, coopérations nationales et internationales ont joué un rôle dans le classement de la médina au patrimoine mondial de l’UNESCO (2001).
  • D’autres éléments culturels sont venus appuyer le développement touristique local : la multiplication des festivals de musique.
    • Festival Gnawa et Musiques du Monde.
    • Festival des Alizés de la musique classique.
  • Événements soutenus par l’Association Essaouira-Mogador, qui a créé récemment la Fondation d’Essaouira pour les Arts, la Culture et le Patrimoine.
  • Volonté d’accompagner le développement de l’activité touristique dans la province, notamment à travers le projet de la station balnéaire Mogador, prévue par le plan Azur.
  • L’aéroport Essaouira-Mogador vient d’être renforcé par la mise en service d’un nouveau terminal (300 000 passagers/an).

La Ville Touristifiée

  • Une ville ancienne existait mais elle a été tellement subvertie par le tourisme que cette activité remet en question les structures pré-touristiques.
  • Exemple : Venise (Place Saint-Marc, lieu de la Renaissance italienne).

Marrakech : Vers une Ville Touristifiée ?

  • Depuis une trentaine d’années, les médinas marocaines sont investies par des étrangers de plus en plus nombreux.
  • C’est notamment le cas de Marrakech. Anciennement dénigrée par le protectorat puis les élites locales, la médina est désormais convoitée par les Occidentaux.
  • Le classement UNESCO en 1985 a accéléré la valorisation par des investisseurs qui ont su répondre à une nouvelle demande des touristes.
  • En retour, la valorisation par des habitants temporaires a renforcé la réhabilitation et la patrimonialisation.

[Ce regard négatif des Français à l’époque a produit une image négative et le résultat sera que : les élites ont quitté la médina, ce qui a renforcé l’image négative du lieu. Un système de rétroaction négative. Cela a renforcé la fuite des élites. La classe moyenne a suivi. Retournement du regard : 1970.]

Point de vue de M. Coeffe sur la ville de Marrakech (données historiques).

La médina comme « concentré de patrimoine » est devenue une valeur marchande, notamment à travers le marché très lucratif des riads.

Des phénomènes de recompositions sociales affectent les médinas dans lesquelles les anciennes populations se maintiennent de plus en plus difficilement avec la hausse des prix de l’immobilier.

La Ville (ou Métropole) à Fonction Touristique

  • D’autres villes ne sont que « diverties » par le tourisme.
  • L’activité touristique a investi certains quartiers mais le poids du tourisme n’a pas remis en question le fonctionnement global de la ville.
  • Exemple : Bilbao, Paris, Rome, Rabat.

La Ville-Étape

  • Cette ville se distingue par sa fonction de court séjour ou d’accueil d’une nuit.

3. La Valorisation Touristique de la Culture

3.1. Les Acteurs en Jeu : L’Exemple du Patrimoine Mondial

Mondialisation et Protection du Patrimoine

  • En 1931, la Charte d’Athènes édicte des principes généraux de restauration et de protection des monuments historiques, censés être applicables partout.
  • Le patrimoine devient une catégorie pertinente à l’échelle internationale, au-delà des spécificités locales. La charte énonce notamment les nécessités d’une collaboration internationale et parle déjà d’un patrimoine de l’humanité.
  • La Charte de Venise de 1964 constitue un texte fondateur, essentiel dans l’histoire du patrimoine mondial : « L’humanité, qui prend chaque jour conscience de l’unité des valeurs humaines, les considère comme un patrimoine commun. »
  • Deux conventions dans le domaine culturel ont préparé l’idée d’actions et de normes internationales.

[ Photo : Falaise de Bamiyan, Afghanistan / statues de Bouddha détruites en 2001, vestiges classés patrimoine mondial en 2003]

Campagnes Internationales de Protection

Un autre facteur de mobilisation mondiale autour du patrimoine a été le développement de campagnes internationales de protection de lieux patrimoniaux menacés.

  • Exemple de deux campagnes (menées avant 1972) :
    • Pour la sauvegarde des monuments de Nubie en 1960, entre Égypte et Soudan (aménagement du barrage d’Assouan et menace d’engloutissement du temple de Ramsès II, Abou Simbel).
    • [ Photo Abou Simbel (Égypte) : 15 000 tonnes déplacées 60 m plus haut que le site d’origine]
    • Sauvegarde de la ville de Venise (1966).
  • Les spectaculaires inondations de 1966 ont provoqué une prise de conscience internationale. La place Saint-Marc se trouve alors sous près de 2 mètres d’eau.
  • Constat : les marées sont de plus en plus importantes tandis que la lagune tend à s’enfoncer. Venise semblait alors menacée de disparaître sous les inondations.
  • C’est le phénomène de l’ Aqua Alta : phénomène d’inondation qui se produit en octobre et en avril.

[ Photo : Aqua Alta à Venise]

La Convention de 1972 (UNESCO)

  • L’idée d’une protection du patrimoine naturel a été favorisée par plusieurs événements, dont la création en 1948 de l’ International Union for the Protection of Nature, devenue en 1956 l’ International Union for the Conservation of Nature (IUCN).
  • L’ensemble de ces conférences, conventions, préparent l’adoption en 1972 de la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, par la conférence générale de l’UNESCO.
  • Les États sont alors tenus de signer la convention pour pouvoir bénéficier du classement de leurs biens.
  • Ils s’engagent également à identifier, protéger, conserver, mettre en valeur et transmettre aux générations futures le patrimoine présent sur leurs territoires.
  • Si l’UNESCO associe les deux dimensions (naturelle et culturelle), la liste est surreprésentée par les biens culturels, même si les États-Unis ont pesé dans le classement des biens « naturels ».

Statistiques et Sites Classés

  • En 2010, la liste compte 911 biens dont :
    • 704 biens culturels.
    • 180 naturels.
    • 27 mixtes.
  • Répartis dans 151 États (145 en 2008).
  • Les biens classés correspondent le plus souvent à des lieux pratiqués par les touristes : Ces acteurs jouent un rôle essentiel dans la patrimonialisation.
  • Nombre d’États signataires en 2010 : 187.
  • Le Maroc a signé la convention en 1975.

Maroc : 8 Sites Classés au Patrimoine Culturel

  1. Médina de Fès (1981)
  2. Médina de Marrakech (1987)
  3. Ksar Aït Benhaddou (1987)
  4. Médina de Tétouan (1997)
  5. Site archéologique de Volubilis (1997)
  6. Médina d’Essaouira (2001)
  7. Ville portugaise de Mazagan (El Jadida) (2004)

Patrimoine Culturel Immatériel

  • La notion de patrimoine culturel s’élargit : depuis 2003, l’UNESCO reconnaît l’existence et la valeur d’un patrimoine culturel immatériel.
  • « Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine. »
  • Autre exemple : l’UNESCO a inscrit la Diète Méditerranéenne en 2010. La décision est justifiée ainsi :
  • « La Méditerranée se caractérise par un modèle nutritionnel qui est demeuré constant dans le temps et l’espace (…) La diète (du grec diaita ou mode de vie) méditerranéenne. Elle favorise les contacts sociaux, les repas collectifs étant la clé de voûte des coutumes sociales et des événements festifs » (UNESCO 2010).
  • Lors de la session 2010 de Nairobi, l’UNESCO a également inscrit la fauconnerie, patrimoine humain vivant.
  • Cet élément était présenté conjointement par le Maroc, l’Arabie saoudite, la Belgique, les Émirats arabes unis, l’Espagne, la France, la Mongolie, le Qatar, la Syrie, la République de Corée et la République tchèque.

Justifications de la Convention Mondiale

Quelles justifications donner à cette convention d’échelle mondiale ?

  • Dans certains cas, la protection du patrimoine national est rendue difficile par manque de ressources financières et techniques : nécessité d’une coopération internationale.
  • Idée de patrimoine commun.

La convention de 1972 définit les modalités générales du classement au patrimoine mondial.

Le processus de candidature du patrimoine mondial engage un ensemble d’acteurs selon un processus assez long : 2 ans minimum sans compter la préparation/constitution du dossier.

Ce sont les États qui ratifient la convention et il leur revient donc de présenter le dossier de candidature.

3.2. Les Acteurs en Jeu : Le Classement au Patrimoine Mondial

A. L’UNESCO

L’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Culture et la Science est une organisation créée en 1945.

Parmi les organes les plus importants au sein de l’UNESCO figurent :

  • Le Centre du Patrimoine Mondial : créé pour l’application de la convention du patrimoine, chargé de la coordination des actions de suivi de l’état des sites, des candidatures et des aides aux États candidats.

B. L’ICOMOS et les Autres Organismes Consultatifs

  • Le Conseil International des Monuments et des Sites ( ICOMOS) est une organisation non gouvernementale créée au moment de la Charte de Venise pour développer la production des biens culturels et des techniques de restauration et protection adéquates.
  • L’ICOMOS est en fait un des organes consultatifs du Comité du Patrimoine Mondial.
  • L’ICOMOS est plus particulièrement chargée de l’évaluation des biens culturels et mixtes (en fonction du critère principal de valeur universelle).

Charte du tourisme culturel de 1976 : cette activité « ne sera être sans espérer des effets négatifs, spoliateurs ou destructeurs, qu’entraîne l’emploi massif et incontrôlé des sites et monuments. »

Charte 1999 : tournant gestionnaire. Qu’on le veuille ou non, les touristes sont là et il faut désormais les gérer (Lazourtti, 2010).

L’enjeu est désormais « l’interprétation ».

C. Procédure pour l’Évaluation des Propositions d’Inscription

  • Les nouvelles propositions doivent être remises par les États au Centre du Patrimoine Mondial de l’UNESCO à Paris avant le 1 er février de chaque année.
  • Le Centre du Patrimoine Mondial vérifie que les dossiers de proposition d’inscription sont complets et les livre au Secrétariat de l’ICOMOS.
  • Les nouvelles propositions doivent être remises par les États au centre.

3.3. La Culture, un Levier de Mise en Tourisme ?

Entrées associées :