Démocratie, marché et idéologie : une analyse critique

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Marx et le marché

Le marché est un mécanisme qui nous permet de déterminer les coûts et les prix. Il fonctionne de manière autonome et inclusive. Cependant, par sa nature compétitive, il peut être cruel et éliminer les plus faibles, ne laissant que les plus forts. Ce mécanisme maximise les efforts de toute la société et s'inscrit directement dans le cadre du capitalisme. Exemple : Un horloger fabrique une montre en quelques heures, tandis qu'un autre y consacre plusieurs jours. Marx défend le travail individuel et la valeur intrinsèque du temps de travail, tandis que le marché privilégie une approche collectiviste où les sacrifices individuels sont subordonnés à l'intérêt collectif de la société.

Le politiquement correct

Si les idéologies traditionnelles sont considérées comme mortes, le « politiquement correct » a survécu. La fin des idéologies, notamment marxiste, est perçue comme une fin de la pensée critique, remplacée par la répétition de slogans et de chants. Les clivages entre « droite » et « gauche » persistent, et seuls ceux qui résistent à l'intimidation conservent leur liberté de pensée.

La Révolution

Oliver Cromwell a mené une véritable révolution en Angleterre en décapitant un roi et en instaurant une république. Le terme « révolution » est apparu plus tôt avec Guillaume d'Orange, qui accéda au trône par une invasion concertée. La Révolution française fut la première du nom. Une révolution est un soulèvement populaire, non pas spontané, mais guidé par des idéaux et un projet. Elle se caractérise par la violence et une rupture avec le passé.

Droite et gauche

La politique soviétique était, par définition, de gauche, tandis que le monde capitaliste est de droite. La gauche est associée à l'éthique et à la lutte contre l'injustice. La droite est perçue comme égoïste, centrée sur l'individu, tandis que la gauche est altruiste, soucieuse du bien commun. La gauche défend les valeurs morales et la vertu. La droite, quant à elle, est souvent accusée de ne pas se soucier de la morale et de servir uniquement les intérêts des entreprises. Si la droite ne défend pas la morale, elle n'est pas pour autant en faillite morale. La gauche actuelle est moralement juste dans ses fondements, mais hypocrite dans ses actions.

Préférence pour la démocratie

Pourquoi choisir la démocratie ? Pour la culture et la civilisation. La civilisation implique la civilité. Le terme civis (citoyen) a remplacé le terme chrétien avec l'avènement des Lumières, se détachant ainsi de la religion. Dans L'Histoire comparée des civilisations, Arnold Toynbee recense 23 civilisations, dont 5 encore existantes. Chaque civilisation possède ses propres valeurs esthétiques, spirituelles, morales et religieuses. En Occident, deux valeurs dominent : la science et la technologie, et la construction de la cité libre. Les valeurs ne sont ni vraies ni fausses, mais relèvent de préférences. Ces préférences doivent être définies par rapport aux expériences fondamentales de la vie : LIBERTÉ, ÉGALITÉ et DROITS.

L'exportabilité de la démocratie

La démocratie peut être exportée si l'on en a la volonté. La démocratie libérale a deux fonctions principales : la protection contre la tyrannie (demoprotection) et la distribution du pouvoir au peuple (demopoder). La demoprotection est primordiale et ne peut être remplacée par le demopoder. Les structures constitutionnelles de la démocratie sont plus faciles à exporter. L'Italie, l'Allemagne et le Japon sont des exemples d'exportation démocratique. Les deux premiers cas sont moins pertinents car la démocratie y existait déjà (République de Weimar en Allemagne, démocratie giolittienne en Italie). Le Japon, avec une culture différente, a vu sa société transformée par le général MacArthur après la Seconde Guerre mondiale. L'Inde représente le cas le plus intéressant d'exportabilité démocratique, avec sa complexité religieuse (hindouisme, bouddhisme, islam). L'hindouisme, polythéiste et teinté de nationalisme, est compatible avec la démocratie. Le bouddhisme ne pose pas de problème. L'islam, en revanche, a toujours été une source de tensions en Inde, notamment lors de la partition du pays par les Britanniques, qui a conduit à la création du Pakistan et du Bangladesh.

Démocratie et Islam

Le christianisme et l'islam ont tous deux été des religions intolérantes, fondant des sociétés théocratiques sur l'obéissance à Dieu. Ils se sont affrontés pendant près d'un millénaire, jusqu'à la sécularisation progressive du christianisme, un processus que l'islam n'a pas suivi. La sécularisation du christianisme est en partie due aux guerres de religion sanglantes entre catholiques et protestants en Europe. L'héritage du droit romain a également joué un rôle, le droit canonique restant confiné à l'Église. Le christianisme, désormais laïc, ne cherche plus à exporter sa foi par la guerre, contrairement à l'islam. L'Occident laïc n'est plus engagé dans des guerres de conquête. Cependant, l'islam perçoit l'Occident comme une menace culturelle invasive. Toynbee souligne que si l'Occident a été l'initiateur de cette expansion, la force de sa technologie et de ses communications est irrésistible. L'islam, en tant que théocratie appartenant à une civilisation moins adaptable, réagit avec intransigeance.

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