Descartes et Aristote : Doute Méthodique et Théorie Hylémorphique
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Le Doute Méthodique Cartésien
Le Principe du Doute
Le doute méthodique de Descartes vise à trouver un principe premier, quelque chose qui résiste absolument à tout doute. Tout ce qui peut être mis en doute doit être écarté jusqu'à trouver une vérité indubitable.
Objet du Doute Méthodique
1. Doute sur les Sens (Expérience Sensorielle)
Descartes met en doute les informations fournies par les sens, car « les sens nous ont trompés ». Il est possible que ce que nous percevons ne soit pas réel : « Ce que nous voyons n'est pas vraiment un morceau de papier ». Il doute de l'existence ou de la réalité des choses perçues, car « ce qui peut ne pas exister dans la réalité et pourrait être un rêve ». Il pousse le doute jusqu'à remettre en question la feuille elle-même : « Vous commencez à douter de leur propre feuille ».
2. Doute sur les Vérités Mathématiques
Le doute s'étend aux vérités abstraites : « Un génie a créé le miracle [de sorte] que je me trompe dans mon raisonnement plus abstrait ». Ceci est une étape vers l'hypothèse du Malin Génie.
Rationalisme contre Empirisme
Ces doutes opposent le rationalisme à l'empirisme. Ils demandent tous deux comment le sujet connaît la réalité. Le rationalisme répond par la raison (le droit), tandis que l'empirisme se base sur l'expérience.
La Première Certitude
Il est nécessaire de construire une nouvelle philosophie sur des principes évidents, c'est-à-dire qui ont surmonté le doute. Le premier principe est la certitude fondamentale : « Je pense, donc je suis » (Cogito ergo sum). Cette pensée est l'acte mental qui résiste à tout doute. Descartes établit une rupture avec la philosophie précédente en affirmant que « chose = pensée = conscience = res cogitans ».
Le doute méthodique cartésien est une série infinie, différente du doute sceptique qui remet tout en question sans chercher de fondement.
La Théorie Hylémorphique d'Aristote
Changement et Propriétés des Êtres
Aristote observe que les changements semblent appartenir à différentes catégories. Pour expliquer cela, il postule que les êtres sont composés de deux types de propriétés : les propriétés essentielles et les propriétés accidentelles.
Propriétés Accidentelles
- Elles ne font pas partie de la substance de l'être.
- Elles appartiennent seulement accidentellement et peuvent varier.
- Un changement dans les accidents est un changement accidentel ; le sujet reste le même.
Propriétés Essentielles
- Ce sont les propriétés qui définissent l'essence de l'être.
- Sans elles, l'être cesse d'être ce qu'il est.
- Un changement dans ces propriétés entraîne des changements substantiels.
Matière et Forme (Hylémorphisme)
Aristote pense que les propriétés essentielles sont au nombre de deux : la matière et la forme.
- La matière est ce dont les choses sont faites.
- La forme est ce qui organise la matière pour produire un type de chose spécifique. La forme est plus liée à la fonction qu'à la figure.
Lorsqu'un être concret subit un changement dans la matière, la forme, ou les deux, il cesse d'exister en tant que tel. Ce n'est que lorsque la substance (matière et forme) change que le sujet cesse d'être le même. Si seuls les accidents changent, le sujet reste identique avant et après la modification.
Difficultés de la Théorie Hylémorphique
Les problèmes majeurs de cette théorie sont :
- Ni la matière ni la forme ne sont des entités perceptibles empiriquement. La substance (matière + forme) est une hypothèse conçue pour rendre cohérent le monde perçu, mais elle n'est pas perçue elle-même.
- La théorie peine à expliquer notre expérience, notamment les changements où le sujet semble persister malgré la modification.