La Deuxième République espagnole — réformes, conflits et droits
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1. Libéralisme et démocratie — Clientélisme et corruption
La Deuxième République fut proclamée le 14 avril 1931, établissant un régime démocratique après l'exil d'Alphonse XIII. Une Constitution, avancée pour son époque, fut adoptée, comportant des principes libéraux tels que la liberté d'expression, la laïcité et le suffrage universel (y compris le vote des femmes). Manuel Azaña, l'une des figures centrales, fut un défenseur clé des valeurs républicaines et démocratiques. Néanmoins, la République fut confrontée à des problèmes de corruption et de clientélisme, notamment au niveau local, certains partis échangeant des faveurs politiques pour maintenir leur soutien électoral.
2. Mutations économiques et sociales en Espagne et en Catalogne
La République favorisa des réformes sociales et économiques visant à réduire les inégalités. La réforme agraire, soutenue par des personnalités telles que Francisco Largo Caballero, visait à redistribuer les terres des grands propriétaires aux paysans sans terre, mais sa mise en œuvre fut lente et souvent inefficace, provoquant frustrations et tensions. En Catalogne, sous la présidence de Francesc Macià puis de Lluís Companys, la Generalitat fut rétablie et le Statut d'autonomie de 1932 fut approuvé. Le gouvernement catalan tenta de mettre en œuvre ses propres réformes sociales, bien qu'il se heurtât à la résistance du gouvernement central.
3. Révolution et révolutionnaires — Conflits sociaux et mouvement ouvrier
Les mouvements ouvriers se renforcèrent avec l'avènement de la République, menés par des syndicats tels que la CNT (anarcho-syndicaliste) et l'UGT (socialiste). Il y eut d'importantes révoltes et soulèvements, comme la Révolution asturienne de 1934, où les mineurs et les ouvriers se soulevèrent contre le gouvernement conservateur. En Catalogne, le président Lluís Companys proclama l'État catalan au sein d'une « République fédérale espagnole » lors des événements d'octobre 1934; cette tentative se termina par son arrestation et la suspension du Statut d'autonomie.
4. La conquête des droits sociaux et l’émergence de l’État-providence
Avec l'arrivée au pouvoir du Front populaire en 1936, des lois progressistes furent promues : la réduction du temps de travail et l'amélioration des conditions de travail furent engagées, et la loi sur le divorce (1932) fut adoptée. Le gouvernement investit également massivement dans l'éducation, construisant de nombreuses écoles publiques et promouvant l'enseignement laïque. Ces réformes furent perçues comme une menace par les élites conservatrices, ce qui contribua à l'escalade des tensions sociales.
5. Militarisme
Le gouvernement républicain, dirigé par des personnalités telles que Manuel Azaña, entreprit une réforme militaire visant à limiter l'influence de l'armée, par la réduction du nombre d'officiers et la suppression de certains privilèges. Ces mesures provoquèrent des troubles dans les secteurs militaires conservateurs. Le mécontentement au sein de l'armée conduisit au coup d'État du 17 juillet 1936, mené par Francisco Franco, Emilio Mola et José Sanjurjo, qui déclencha la guerre civile espagnole.
6. Contre-révolution — Corporatisme, démocratie organique et réaction conservatrice
Les secteurs conservateurs et fascistes, comme la Phalange espagnole dirigée par José Antonio Primo de Rivera, s'opposèrent aux réformes républicaines et promurent un modèle autoritaire. L'alliance entre les militaires rebelles, l'Église et les élites économiques se consolida au fur et à mesure de la guerre, établissant les bases du régime dictatorial que Franco mettra en place après sa victoire en 1939.
7. Violence politique et sociale (en temps de paix et en temps de guerre)
Durant la République, il y eut de grands épisodes de violence politique, avec des affrontements entre des groupes d'extrême droite (comme les carlistes, les Requetés) et des groupes d'extrême gauche (anarchistes et communistes). Le point culminant de ces tensions fut l'assassinat de José Calvo Sotelo en juillet 1936, qui précipita le début du coup d'État militaire. Pendant la guerre civile, la violence s'intensifia, avec des exécutions massives et des persécutions idéologiques à l'encontre des républicains comme des nationaux.
8. Église et pouvoir — Cléricalisme et anticléricalisme
La République entreprit de réduire les privilèges de l'Église par des mesures telles que la suppression de l'enseignement religieux obligatoire dans les écoles et la nationalisation de certains biens ecclésiastiques. Ces actions générèrent une forte réaction cléricale et conservatrice. Durant la guerre civile, en particulier dans les zones contrôlées par les républicains, des actes d'anticléricalisme se produisirent, tels que le meurtre de religieux et la profanation d'églises.
9. Droits des femmes et suffrage
La Deuxième République devait être pionnière en matière de droits des femmes. Clara Campoamor joua un rôle décisif dans l'approbation du suffrage féminin en 1931, malgré l'opposition de certains hommes et de certaines femmes politiques, comme Victoria Kent, qui craignaient que le vote des femmes ne favorise les options conservatrices. Des droits tels que le divorce furent promus et l'accès des femmes à l'éducation publique fut encouragé. Malgré ces avancées, le triomphe du franquisme entraîna la perte de nombre de ces droits.
10. Centralisme
Centralisme