Diversité Linguistique et Systèmes d'Écriture

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Familles de Langues et Typologie Linguistique

Typologie linguistique : une branche de la linguistique qui étudie et classifie les langues du monde selon leurs caractères structurels. Les données récoltées permettent des comparaisons globales et une vue d’ensemble dans le but de documenter la diversité des systèmes linguistiques humains et les universaux du langage.

Linguistique généalogique : Une branche de la linguistique qui étudie l’histoire des langues et leurs affiliations afin de les regrouper en familles de langues qui partagent un ancêtre commun.

Pourquoi une telle diversité de langues ?

  • De nouveaux besoins communicationnels
  • Tout locuteur peut simplifier ses habitudes de prononciation
  • Tout locuteur peut créer de nouvelles formes pour attirer l’attention
  • Le contact avec d’autres langues et le multilinguisme apportent de la variété

Les familles de langues

Une famille de langues descend d’un ancêtre commun, la « protolangue ».

Ou elle peut être reconstruite (principalement par la méthode comparative), comme le proto-indo-européen.

Il y a environ 142 familles de langues.

Les deux familles qui comportent les langues les plus parlées sont dérivées du proto-indo-européen et le proto-sinotibétain.

Pour certaines langues, aucune filiation n’a pu être démontrée, on parle alors d’isolat.

Conclusion

La typologie linguistique et la linguistique généalogique s’intéressent à l’ensemble des langues du monde pour les classifier.

La méthode comparative permet de reconstruire les protolangues afin d’établir des sous-familles (romanes, germaniques, grecques, sinitiques…) et des familles (indo-européennes, sino-tibétaines…)

Les migrations, les conquêtes et les politiques internes des États ont entraîné la forte domination d’une poignée de langues (notamment indo-européennes) et vont causer la disparition de milliers de langues dans les années à venir.

Diversité Linguistique et Profils de Langue

Phonologie

Chaque langue a un inventaire de phonèmes composé de consonnes et de voyelles.

Morphologie

Continuum analytique-synthétique :

  • Les langues proches du bord analytique ont tendance à avoir des mots constitués d’un morphème : chinois, anglais, etc.
  • Les langues plutôt synthétiques ont tendance à avoir des mots de plusieurs morphèmes auxquels s’attachent des flexions grammaticales : langues romanes, grec, allemand, etc.
  • Certaines langues exceptionnelles sont polysynthétiques (possibilité de former des phrases en cumulant de nombreux morphèmes dans le même mot)

Syntaxe

L’ordre des mots diffère beaucoup d’une langue à l’autre.

Les langues romanes, l’anglais, l’allemand, le grec et le chinois ont pour ordre prédominant Sujet Verbe Objet (SVO).

Cependant, les langues romanes utilisent souvent SOV lorsque l’objet est un pronom, ex : catalan.

Le grec ancien utilise SOV alors que le grec moderne principalement SVO.

Sémantique

Le temps est central dans la grammaire de nombreuses langues, mais certaines langues ne l’encodent pas vraiment.

Des distinctions aussi basiques que bras/main, bleu/vert n’existent pas dans de nombreuses langues (tibétain, etc.).

Certaines langues (notamment aborigènes) n’ont pas de locatifs relatifs (tels que droite/gauche/devant/derrière), mais doivent exprimer la localisation par les points cardinaux : nord-est-ouest-sud ; par ex., « ton sac est au sud-est de ton pied ».

D’autres langues intègrent la directionnalité ou l’évidentialité (type d’accès à l’information) dans la conjugaison de leurs verbes.

Universaux du Langage

Quels sont les universaux du langage ?

  • Phonologie : toutes les langues ont des consonnes et des voyelles
  • Morphologie : toutes les langues peuvent combiner des morphèmes pour former des mots
  • Syntaxe : toutes les langues distinguent les noms et les verbes. Toutes les langues ont des outils grammaticaux pour poser des questions et marquer la négation
  • Sémantique : il est possible d’exprimer la plupart des idées dans toutes les langues du monde. Toute langue aura un terme pour homme/femme, terre/ciel, etc.

Pourquoi ces universaux ?

  1. Les langues ont des consonnes et des voyelles
  • Principe génétique : les possibilités qu’offre l’appareil articulatoire humain
Les langues développent des catégories syntaxiques
  • Principe d’analogie : une fois que l’on développe un type de comportement pour certains mots, les nouveaux mots créés vont copier ce comportement
Les langues développent des mots grammaticaux (comme les pronoms)
  • Principe d’économie : le système est plus efficace s’il existe des termes courants et concis pour faire référence à « MOI » ou « TOI » plutôt que d’utiliser un prénom ou un nom à chaque fois
Les langues développent une syntaxe
  • Principe d’iconicité (imiter le monde réel) « Paul a giflé Marc. » (l’action part du sujet pour arriver à l’objet)

Systèmes Phonologiques et Graphiques

Phonétique et phonologie sont deux branches de la linguistique qui ont pour objet l’étude de la face sonore du langage.

La phonétique étudie :

  • les réalisations concrètes de sons, la manière dont les sons de la langue sont articulés dans le conduit vocal : phonétique articulatoire
  • les propriétés physiques des ondes sonores produites : phonétique acoustique
  • la réception d’un son par l’appareil auditif : phonétique auditive ou perceptive

La phonologie

étudie les règles qui régissent la distribution des sons dans une langue

La production des ondes sonores :

  1. un flux d'air sortant des poumons ;
  2. des modifications de ce flux au niveau du larynx ;
  3. d'autres changements produits dans le conduit vocal

La consonne

est le son linguistique produit lorsque le locuteur arrête ou obstrue le flux d'air dans le conduit vocal.

Les consonnes sont décrites en fonction de leur - lieu d'articulation et de leur - mode d'articulation.

Les points d’articulation indiquent le lieu où l’obstruction se produit à la suite du rapprochement entre une partie mobile (langue ou lèvre inférieure) et une partie fixe (lèvre supérieure, dents ou palais) au cours de l’émission sonore.

  • Consonnes labiales : les lèvres obstruent le passage de l’air dans la cavité buccale ; ex : [p] et [m]
  • Consonnes dentales : le passage de l’air est bloqué au niveau des dents ; ex : [t] et [s]
  • Consonnes palatales : la langue touche la partie antérieure du palais [ʃ] (p. ex. le mot fr. chameau) et [ʒ] (p. ex. jouet).
  • Consonnes vélaires : le passage de l’air est obstrué par le dos de la langue qui touche la partie postérieure du palais (le voile du palais = vélaires) ; ex :[k] et [g]

Mode d’articulation

Les modes d’articulation indiquent la manière dont se produit le contact des points d’articulation pour « bloquer » le passage de l'air.

  • Occlusives : les sons produits lorsque le flux d'air est complètement bloqué.
  • Fricatives : le passage de l'air est obstrué, resserré dans une petite ouverture du conduit vocal mais pas complètement bloqué . ex. [f] .
  • Affriquées : son qui commence par une occlusive et devient ensuite fricative
  • → Opposition : nasales vs orales

Phonétique vs phonologie

Tandis que la phonétique décrit physiquement les sons des langues en eux-mêmes, la phonologie est l’étude des oppositions entre phonèmes, notion universelle désignant les sons en tant qu’ils distinguent les mots dans une langue donnée.

Syllabe

unité de la structure phonologique, qui consiste généralement en une voyelle (V) précédée et suivie par une ou plusieurs consonnes (C).

Plus Anciens Systèmes d’Écriture

  • Le plus ancien système d’écriture est apparu en Mésopotamie (Irak actuel) environ 3 200 ans av. J.-C.
  • L’écriture égyptienne est apparue environ 3 000 ans av. J.-C.
  • Premières attestations de l’écriture chinoise : 1 300 ans av. J.- C.
  • Écriture maya : environ 1 000 ans av. J.-C

L’écriture maya

  • Élaborée il y a 3 000 ans : invention de l’écriture dans les régions qui correspondent au sud du Mexique, au Guatémala, au Bélize et au Honduras
  • Culture maya
  • Système qui mélange des indications phonétiques, morphologiques et sémantiques
  • Plusieurs possibilités d’écriture d’un même mot (exemple : mot « jaguar »)

L’écriture en Mésopotamie

  • Tout d’abord, écriture linéaire (écriture sur tablettes d’argile) puis écriture cunéiforme (forme due au stylet utilisé pour écrire)
  • Graphèmes :
    • des pictogrammes (représentations des objets),
    • des « pictogrammes abstraits » ou « idéogrammes » (pour représenter des objets difficiles à dessiner ou des notions abstraites)
    • mais aussi des « extensions sémantiques » (emplois des pictogrammes pour designer d’autres choses)
    • et des « extensions phonétiques » (emploi d’un graphème pour indiquer un autre mot ayant la même prononciation).

L’écriture égyptienne

Système qui mêle des pictogrammes, des composantes phonétiques (pour transcrire les consonnes et semivoyelles) et des composantes sémantiques

L’acrophonie

Pour noter un son, on utilise une représentation (simplifiée) de l’objet dont le nom commence par ce son

L’alphabet phénicien sera largement repris

  • par d’autres systèmes d’écritures consonantiques
  • alphabet grec puis latin

Abjad ou alphabets consonantiques

L’alphabet hébreu

premiers textes de la Bible : hébreu carré (22 signes consonantiques, écriture de droite à gauche) ; plus tard, ajout de symboles pour les voyelles longues

Alphabet arabe

28 lettres

Alphabet consonantique ; symboles pour indiquer les voyelles longues + ajout de diacritiques pour les voyelles courtes (mais seulement pour le Coran et pour les textes pédagogiques pour l’apprentissage de la langue, pas dans les textes ordinaires)

L’alphabet grec

Formes d’écriture utilisées en Grèce ancienne : linéaire B (syllabaire) et linéaire A (pas encore déchiffrée)

Puis élaboration d’un alphabet, adapté de l’abjad phénicien , mais avec une innovation importante : des symboles graphiques pour chaque voyelle

L’alphabet latin

L'écriture grecque sera à l’origine de l’écriture étrusque et à travers l’alphabet étrusque, de l’alphabet latin

Alphabet composé d’abord de 19 lettres

L’écriture chinoise

Écriture ossécaille : caractères écrits sur des plastrons de tortue

Sémantique Grammaticale : Temps et Aspect

Par sémantique, il faut comprendre que nous allons nous intéresser à la signification, à la construction du sens. Par sémantique grammaticale, il faut comprendre que nous allons nous intéresser à la façon dont une catégorie grammaticale particulière fait sens, contribue à construire le sens de l’énoncé

Le temps (la référence temporelle)

Le temps en tant que catégorie grammaticale est l’ensemble des informations fournies dans l’énoncé quant à la situation temporelle d’un événement.

• La localisation temporelle d’un événement se fait traditionnellement à partir d’une représentation tripartite du temps qui a pour centre, pour point de repère, le présent d’énonciation

le logicien Han Reichenbach imagine en 1947 une représentation des tiroirs de l’anglais (indicatif) à partir des relations chronologiques qu’entretiennent 3 paramètres (points) :

S : Speech point (instant d’énonciation). Ce point va toujours coïncider avec le présent (l’instant d’énonciation toujours au présent)

E : Event point (temps de l’événement exprimé)

R : Reference point (moment à partir duquel l’événement est observé)

Tiroirs verbaux du passé : R est antérieur à S

Le Passé simple (simple past) : Ex : il chanta ; he sang

Structure : E,R-S

Le Plus-que-parfait

• Ex : Quand elle arriva, il avait déjà chanté

• Structure : E-R-S

Le Conditionnel

Plusieurs structures possibles en fonction de la position temporelle de E:

Il répondit qu’il chanterait le lendemain

Structure : R-E-S

Il répondit qu’il chanterait aujourd’hui

Structure : R-S,E

L’aspect

Définition

L’aspect : ensemble des informations données sur le déroulement interne du prédicat verbal.

Prédicat verbal : ce qui est dit du sujet dans un énoncé = verbe et ses arguments

Aspect sécant / aspect non-sécant (global)

aspect sécant : le procès est appréhendé à un moment de son déroulement et laisse voir une première partie déroulée et une seconde partie en virtualité

aspect non-sécant (global) le procès est considéré de façon globale, comme un tout d’instants inséparables, indivisibles :

Aspect perfectif / aspect imperfectif

L’aspect perfectif : « le procès n’acquiert d’existence complète et véritable que lorsqu’il est parvenu à son terme

L’aspect imperfectif : « le procès est engagé dès que le seuil initial [borne initiale] est franchi

Aspect télique : on parle d’aspect télique lorsqu’un procès possède en soi une fin, un point d’aboutissement, une borne finale qui le clôt.

Aspect non télique : lorsque cette borne finale n’existe pas

Aspect Inchoatif

• L’aspect inchoatif (ou ingressif) saisit le début du déroulement d’un procès.

• Il se manifeste par certains morphèmes : - ex : français, le préfixe en- associé à un verbe pronominal, peut avoir un sens inchoatif : S’envoler ; s’endormir ; s’en aller.

Aspect terminatif (conclusif)

• Au contraire de l’aspect inchoatif, l’aspect terminatif saisit la fin du déroulement du procès, son aboutissement

Aspect progressif

• L’aspect progressif est une image du déroulement du procès par étapes, par degré

Aspect semelfactif / aspect itératif -fréquentatif

• - L’aspect semelfactif est la représentation d’un procès qui ne se produit qu’une seule fois (ponctuel).

• L’aspect semelfactif est dans la plupart des cas donné par le sémantisme du verbe ou des circonstants

• - L’aspect itératif est, au contraire, la représentation d’un procès qui se produit plusieurs fois (qui se répète).

• Il peut être manifesté à travers :

  • le sémantisme du verbe

• - L’aspect fréquentatif désigne la représentation d’un procès habituel (= qui se produit plusieurs fois sur une durée donnée)

• Il peut se manifester à travers :

  • le sémantisme de certains verbes ou locutions verbales (aspect lexical)

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