Le droit et la science juridique au Moyen Âge
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Le droit, par conséquent, cesse d'être un simple fait contenu dans les sources du droit (écrit ou moral) qu'il n'y aurait qu'à aller chercher ; le remède doit être apporté à chaque instant par une technique de recherche spécifique et précise (ars inveniendi) qui accorde un rôle important à la recherche de la parole et à la casuistique.
1.2. Facteurs liés au système médiéval des sources
L'explication de l'émergence des connaissances juridiques traite des facteurs philosophiques et de la manière dont le système des sources juridiques doit prendre en compte la place particulière occupée par la loi de Justinien, à une époque où les juristes se trouvaient dans un état de dépendance théorique complète.
Les caractéristiques les plus frappantes et la méthode originale des commentateurs ont été leur fidélité au texte de Justinien. Au sein d'une littérature scientifique, analytique et juridique dispersée, le travail des juristes a consisté en une analyse indépendante de chaque texte juridique, effectuée au fur et à mesure de la lecture (« lectio »).
Cette conception du savoir comme une interprétation purement juridique est souvent associée à l'« attitude spirituelle typique du Moyen Âge », sujette à l'acceptation respectueuse des autorités, qu'elles soient religieuses, philosophiques ou morales. L'évolution de la vie européenne ne consentait, en fin de compte, qu'au respect absolu et exclusif des textes romanistes. Pour les glossateurs et les commentateurs, l'ordre juridique de Justinien représentait un fait presque inébranlable, une valeur d'autorité parce qu'il s'identifiait à l'autorité même : le droit.
Le fait que les juristes du Moyen Âge aient attribué à l'ensemble du Corpus iuris civilis la tâche de mise à jour et de systématisation s'est déroulé selon un ordre fixe pour pouvoir se présenter, du point de vue formel, comme une simple interprétation.
1.3. Les facteurs institutionnels
Le droit devient une tâche difficile, avec des règles de logique dialectique à observer et des concepts complexes. La fonction juridique nécessite un apprentissage théorique approfondi qui ne s'acquiert pas uniquement par la pratique et exige donc une école de droit. La transition de la spontanéité de l'apprentissage pratique vers l'apprentissage théorique s'opère désormais dans les collèges. Dans ces écoles, la multiplication de l'éducation juridique européenne est le facteur le plus pertinent et important dans l'évolution du droit et de la société elle-même.
La méthodologie appliquée à l'œuvre d'« interprétation » des commentateurs a nécessité l'utilisation d'outils logico-dialectiques sophistiqués, cultivés au sein des universités médiévales, en important dans la méthodologie juridique les méthodes des philosophes, des logiciens et des théologiens des facultés des Arts et de Théologie.
La nature argumentative et topique reconnue aux connaissances juridiques a été influencée par la pratique médiévale de la discussion (disputatio) au sein des universités.