Droit du travail : principes, évolution et institutions

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Unité 1 — Droit du travail et tribunaux

Droit du travail : concept

L'ensemble des principes théoriques et des règles régissant les relations de travail, leurs conséquences juridiques, les travailleurs dépendants entre eux et vis-à-vis de leurs employeurs, l'origine et l'existence des syndicats, ainsi que les liens entre les sujets ci-dessus (travailleurs, employeurs et syndicats) et l'État.

Le droit du travail trouve son origine dans la nécessité d'une protection sociale pour les personnes qui se trouvent en situation de dépendance dans la relation de travail. Par conséquent, la fonction essentielle de l'État est de protéger cette assise.

Développement de la définition

  • Les principes théoriques : ils sont considérés comme des maximes directrices, non écrites, qui doivent être observées. Ils sont consubstantiels à la dignité et à la personnalité humaine et servent d'indicateurs pour l'interprétation. Exemples : le principe protecteur, le principe de bonne foi, la non-discrimination, etc.
  • Normes positives : ce sont des règles écrites conçues pour atteindre des objectifs précis du droit du travail, par exemple la réparation d'une omission compensatrice de préavis, la sanction financière en cas de licenciement sans cause, la charge sociale liée à la prime de Noël, les congés payés, etc.
  • Les relations entre travailleurs dépendants : des différends peuvent survenir entre collègues ou au sein d'équipes de travail. La science juridique a pour objet d'analyser les parties belligérantes afin de pacifier les relations.
  • Les contacts entre travailleurs et employeurs : le droit du travail peut être vu comme une pièce à deux faces : l'une concerne les relations individuelles (par ex. embauche, ancienneté, période d'essai, stabilité particulière, salaires, avantages sociaux, cessation du contrat, etc.), l'autre concerne le droit collectif et la représentation des travailleurs.

Les travailleurs ont également le droit de s'affilier à des syndicats (les employeurs disposent de droits équivalents). La fonction principale des associations professionnelles est d'étudier, de promouvoir et de protéger les intérêts professionnels et d'assurer la représentation des partenaires sur les plans sociaux, économiques, culturels et moraux. On appelle cela le droit du travail collectif. Parmi ses institutions : les syndicats, la liberté d'association, les conventions collectives, et les mesures de force (grève, arrêt de travail, etc.).

Évolution

On dit que la lutte de l'homme pour sa survie a commencé avec la déclaration biblique : «Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front.» Cela signifie «par le travail». C'est là l'une des origines du phénomène travail.

Le travail peut être accompli à son compte ou en tant que salarié d'autrui.

  • Dans le monde antique, la condition du travail était souvent servile. Les prisonniers de guerre pouvaient être réduits en esclavage.
  • Au début du Moyen Âge, la société était marquée par le féodalisme, la possession des terres par le seigneur et la suprématie de la terre sur la ville. La terre était cultivée pour la subsistance des familles ; il existait de petites industries artisanales et un commerce, mais réduits. Plus tard, le despotisme aristocratique laisse place à des hommes et des femmes libres établis en ville, ce qui amorce un élan industriel et commercial. L'esprit professionnel se renforce avec le développement des entreprises.
  • La révolution industrielle moderne se caractérise par l'apparition des machines et une réaction des travailleurs : la disparition progressive des ateliers artisanaux, l'incapacité de rivaliser avec les usines, et la croissance rapide des échanges. Les conséquences de cette transformation sont l'organisation du travail, le recrutement massif de main-d'œuvre, la concentration des travailleurs sur les lieux de production, l'augmentation de la production et la baisse des prix pour le public. L'apparition de la première machine à tricoter en 1764 provoqua un mécontentement généralisé chez les ouvriers qui ressentirent le besoin de se défendre collectivement contre les injustices du capitalisme naissant. Le Parlement anglais fut parmi les premiers à reconnaître le droit d'association des travailleurs, donnant ainsi naissance aux syndicats vers 1824. Ce droit fut ensuite reconnu en France, en Allemagne, etc.

Le droit du travail devient une réalité positive avec le traité de Versailles (1919) et la création de l'Organisation internationale du Travail, qui a contribué à dépasser les barrières nationales et à établir des normes obligatoires pour le bénéfice des travailleurs dans le monde.

Hypothèses

Dans la définition adoptée, nous avons noté que la discipline du travail est constituée par l'ensemble des principes et des règles juridiques. Les principes forment l'essence de ce droit. Tant les principes de base que les principes complémentaires servent à une meilleure interprétation et application des normes du travail.

Le premier ensemble de principes énumérés dans la doctrine est celui des principes protecteurs et de leurs dérivés : caractère indispensable ou impératif, continuité, primauté de la réalité, bonne foi, équité, non-discrimination, etc.

Principes du droit du travail

Principe protecteur : les normes du travail sont conçues pour protéger les travailleurs. Ce principe vise à corriger l'inégalité économique entre l'employeur et le travailleur, assurant ainsi l'équilibre nécessaire. Il est notamment inscrit dans les arts. 4, 5 et 7 du Code du travail (voir aussi articles 10, 13.1, 40.41 et 47).

Ce principe protecteur se décline comme suit :

  • Le principe dérivé «in dubio pro operario» : règle d'interprétation selon laquelle, lorsqu'il existe plusieurs interprétations possibles d'une disposition, l'autorité compétente choisira celle qui est la plus avantageuse pour le travailleur. (Art. 7 du Code du travail)

Article 7. S'il y a des questions au sujet de l'interprétation ou de l'application des normes du travail, prévalent les solutions les plus favorables pour le travailleur.

  • Principe dérivé de la "règle du shopping" : lorsque deux ou plusieurs normes sont applicables, on appliquera de préférence celle qui offre le plus d'avantages pour les travailleurs.
  • Principe dérivé des "conditions les plus avantageuses" : il renvoie à la préservation des droits acquis par le travailleur en cas d'adoption de nouvelles normes moins favorables. (Art. 5, dernière partie du Code du travail)

Article 5. Les dispositions du présent Code contiennent des garanties minimales au bénéfice des travailleurs. Ce minimum ne peut être modifié à leur détriment.

  • Principe d'irrévocabilité : également connu comme principe d'impérativité. Les normes de travail qui intègrent l'ordre public du travail s'imposent aux parties, indépendamment de leur volonté contraire ; la renonciation individuelle n'est pas admise. (Articles 3, 34 et 47, inc. D du Code du travail)
  • Principe de continuité : le contrat individuel de travail est une relation durable ; il ne se réduit pas à une prestation isolée mais se maintient dans le temps. Cela a des incidences sur la sécurité de l'emploi et la stabilité de la situation du travailleur. (Voir art. 49, 59, 94, 95 du Code du travail)
  • Principe de primauté de la réalité : lorsque des méthodes indirectes ou des simulacres cherchent à masquer une véritable relation de travail, la réalité prévaut et la simulation ou la fraude est corrigée par l'application de ce principe. (Articles 19, 48 et 50 du Code du travail)

Principe de bonne foi : l'obligation de bonne foi est commune aux contrats individuels de travail. Elle se justifie parce que l'entreprise est une communauté d'intérêts où les personnes doivent coopérer selon des critères de solidarité et de loyauté. Ce principe exige un comportement de bon employeur et un comportement de bon travailleur. (Voir art. 22, 61 et 81 inc. A, H, N et 65 du Code du travail.)

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