L'économie espagnole durant l'entre-deux-guerres (1914-1936)
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1. Le cycle de la Première Guerre mondiale
En 1914, le déclenchement de la Première Guerre mondiale a généré une distorsion dans l'économie internationale, touchant particulièrement l'Europe. Pour l'économie espagnole, alors sous un régime protectionniste, ce conflit a eu des effets contrastés :
- Aspects positifs : Les pays belligérants se sont tournés vers les pays neutres comme l'Espagne pour leurs besoins industriels, augmentant la demande de produits manufacturés. La réduction de l'offre étrangère a permis aux entreprises locales, même marginales, de produire et de se développer sans concurrence.
- Aspects négatifs : La réduction des exportations de matières premières, de biens intermédiaires et d'équipement par les pays en guerre a freiné certains secteurs. De plus, les taux de fret ont fortement augmenté.
Analyse sectorielle
- Industrie : Forte croissance grâce à la substitution des importations. Le secteur a été privilégié, bien que les prix des matières premières aient augmenté.
- Agriculture : Situation favorable pour les céréales en l'absence de concurrents, limitant l'exode rural et freinant la modernisation.
- Mines : Impact négatif global, à l'exception du fer de Biscaye, très demandé par les aciéries britanniques.
- Charbon : La hausse des coûts d'importation a rendu la production nationale plus rentable, soutenue par l'électrification.
- Fabrication : Substitution des importations réussie, mais manque d'investissement dans l'amélioration des outils de production. Seuls les nouveaux secteurs (chimie, machines) ont su diversifier leurs ressources.
2. Services et croissance économique
Le secteur bancaire a connu une forte croissance, consolidant la structure financière moderne. Les entreprises commerciales et le fret ont également progressé. L'économie espagnole a bénéficié d'un surplus dans la balance des paiements, bien que la structure industrielle soit restée sous-capitalisée dans les petites entreprises.
3. Répartition des bénéfices et crise d'après-guerre
Les bénéfices de guerre ont été distribués entre employeurs et paysans, avec une hausse notable de l'excédent d'affaires. Cependant, l'inflation a réduit les salaires réels, provoquant une montée de l'activisme syndical et des grèves.
Le sort des excédents :
- Rachat d'actifs financiers détenus par des étrangers.
- Dépôts bancaires massifs qui ont perdu leur valeur après la dévaluation monétaire d'après-guerre.
La fin de la guerre a marqué un tournant brutal : chute des prix, déflation, faillites bancaires (notamment en Catalogne) et disparition d'entreprises marginales. En 1921, l'excédent commercial s'est effondré, révélant la fragilité d'une économie dont les industries traditionnelles, bien que dominantes, manquaient de compétitivité face aux nouveaux défis internationaux.