Empire de Charles-Quint : conflits, Germanías et institutions
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Conflits internes — Germanías et communautés
Empire de Charles-Quint — 8.1 Conflits internes : communautés et Germanías. Après la mort de Ferdinand en 1516, Charles de Gand, fils de Juana la Loca et de Philippe le Beau, prendra le trône sous le nom de Carlos I d'Espagne et V d'Allemagne en 1517. En 1518, Charles Ier prit possession de la Castille et d'Aragon en jurant les chartes. Carlos hérita d'un vaste héritage dynastique, ce qui lui permit de prendre possession de territoires en Europe et en Amérique. Ainsi, l'idée d'empire universel, ainsi revitalisée, commence à être remplacée par des idéaux individualistes de la Renaissance et par les courants de la Réforme.
Après la mort d'Isabelle la Catholique en 1504 en Castille, les différents gouvernements et régences qui s'ensuivirent ouvrirent une profonde crise politique. À l'arrivée de Charles I, la crise perdura ; le fait que le monarque reçût la couronne impériale contribua à créer des troubles parmi la population.
Ce malaise fut aggravé par les lourdes charges fiscales et par l'arrivée d'Adrien d'Utrecht, un étranger chargé de faire respecter la régence, ce qui conduisit au début des émeutes et à l'émergence de communautés d'un caractère clairement politique, originaires de Castille, et reflétées dans les demandes de la Sainte Ligue. Ces communautés représentaient les intérêts des villes castillanes.
En 1521, la défaite à la bataille de Villar, avec leurs dirigeants Juan Bravo, Juan de Padilla et Francisco, mit fin à la rébellion roturière ; ce dernier fut exécuté.
Les Germanías eurent un caractère social dès leur départ en 1519 à Valence et dans les îles Baléares. Ces Germanías apparurent comme une conséquence de la peste. Avant de quitter le village, la population demanda au roi la permission d'armes et de conduite. Le mouvement, appelé localement « germanía », prit une tournure radicale et s'opposa directement aux nobles et à leurs vassaux (dont des Maures). Ce mouvement prit fin en 1521, avec l'intervention de Germaine de Foix et l'octroi d'un pardon général.
8.2
Forme politique des Austrias — Union des royaumes
Avec les Autrichiens, le modèle politique espagnol fut la monarchie autoritaire, caractérisée par la centralisation du pouvoir entre les mains du monarque. Toutefois, les territoires étaient dispersés et jouissaient d'un degré élevé d'autonomie. La Castille fut l'objet principal du gouvernement. Pour contrôler ces domaines, on mit en lumière la figure du vice-roi, représentant du roi dans les différents territoires. Ce mécanisme reposait sur les visites, les enquêtes et les procès en destitution. Les institutions conservèrent leurs fonctions et leurs privilèges, mais en Castille leur pouvoir fut considérablement réduit, tandis que l'Aragon servit de noyau de résistance à l'autoritarisme.
Pour contrôler ce vaste système de royaumes, on mit en place un système de conseils, avec la figure du secrétaire comme intermédiaire entre eux et le roi. Les conseils se divisèrent en :
- Conseils supérieurs : de compétence générale sur tous les territoires — on y trouvait notamment la commission d'enquête (tribunal de dernière instance de cette institution), le Conseil de guerre (pour les affaires militaires, dont le roi était la tête) et le Conseil d'État (chargé des problèmes graves de gouvernement).
- Conseils de matières : compétents pour les domaines relevant de la couronne de Castille — par exemple le Conseil des finances, qui gérait les ressources financières, et le Conseil des ordres militaires, qui gérait l'administration des ordres militaires et des bulles pontificales.
- Conseils régionaux : chargés de chaque région ; face à ces conseils se trouvaient le président ou le gouverneur.
L'importance de certaines questions nécessitait la mise en commun des institutions et l'intervention du roi ou de ses représentants. Ce système permit d'administrer un vaste empire tout en maintenant, au moins en apparence, les institutions et privilèges locaux.