Ernest Seeliger, Rafael Garofalo et la criminologie positive
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Ernest Seeliger et la criminologie
Ernest Seeliger, figure de l'école autrichienne, critique l'approche de Lombroso en affirmant que le délinquant n'est pas une entité anthropologiquement unifiée. Il souligne l'importance de la prévention du crime. Seeliger identifie des types principaux de criminels qui se répètent, chacun avec des caractéristiques similaires. Un individu peut correspondre à un seul type (type pur) ou à plusieurs (type mixte), reflétant la complexité de leurs traits de caractère.
Seeliger distingue également le développement de la vie criminelle en types parallèles (caractères complexes contemporains) et types métamorphiques (caractères complexes évoluant temporairement). Pour catégoriser, il utilise une "procédure combinée" basée sur l'observation directe des délinquants et une évaluation mentale de leurs propriétés de caractère et modes de vie. Il identifie huit types principaux de criminels.
Délinquants contre le domaine des petites forces de résistance
Ces individus, souvent travailleurs, cèdent à la tentation criminelle en raison d'une faible résistance aux stimuli extérieurs. Ils profitent des opportunités offertes par leur profession pour s'approprier des biens ou obtenir des avantages illicites. Malgré de "bonnes intentions", ils récidivent souvent. Sur le plan caractériel, ils ne présentent pas de particularités notables. Seeliger décrit des catégories spécifiques : voleurs employés, domestiques, apprentis véreux, fonctionnaires corrompus, fraudeurs occasionnels et individus égoïstes s'appropriant des objets trouvés.
Rafael Garofalo et le crime naturel
Rafael Garofalo est une figure clé de l'école positive. Ses principes fondamentaux incluent :
- Prévention spéciale et générale
- Prévalence du spécial sur le général
- Dangerosité de l'accusé comme critère de répression
Ses notions de risque et d'adaptation mettent en évidence le concept de "crime naturel". Il définit ce dernier comme une atteinte aux sentiments altruistes fondamentaux, tels que la piété et la probité. Sa philosophie déterministe est modérée et il adopte une position politiquement conservatrice, soutenant la peine capitale.
Garofalo critique les typologies criminelles de Lombroso et Ferri, mais partage leur foi en la méthode empirique-inductive et la supériorité de la société sur l'individu.
Le crime naturel selon Garofalo
Garofalo définit le "crime naturel" comme une série de comportements préjudiciables en soi, pour toute société et à tout moment, indépendamment des évolutions juridiques. Il considère que la criminologie doit se concentrer sur le "délinquant", ce qui implique une définition préalable du "crime".
Il explique : "Par nature, on entend ce qui n'est pas classique, qui existe dans la société humaine quelle que soit la situation et les besoins à un moment donné, ou points de vue particuliers de la législature. L'élément de turpitude morale requis pour un acte nuisible considérés comme criminels par le public, est un préjudice à cette partie du sens moral qui est fondamental sentiments altruistes: la piété et la probité. En outre, le préjudice ne doit pas être dans le top et le plus délicat de ces sentiments, mais dans le milieu où ils sont possédés par une communauté qui est essentiel pour l'adaptation de l'individu à la société. C'est ce que nous appelons «crime naturel."
Garofalo s'oppose aux théories ataviques de Lombroso et considère qu'un criminel est caractérisé par l'absence de deux sentiments :
- Le sentiment de pitié (rejet de la causalité volontaire de la souffrance d'autrui)
- Un sens de l'intégrité (respect des droits de propriété d'autrui)