L'Espagne sous le franquisme (1959-1975)
Classé dans Sciences humaines et sociales
Écrit le en
français avec une taille de 5,59 KB
Le tourisme s'est développé sur la côte méditerranéenne, stimulant les services. Le résultat des plans de développement du secteur a été le soi-disant « miracle économique espagnol ». Dans ce « miracle », les conditions économiques mondiales et l'apport de capitaux étrangers, notamment des États-Unis, ont été très importants. L'émigration et les envois de fonds ont apporté des capitaux pour financer la croissance dans les années 70, maintenir des salaires élevés et réduire les conflits sociaux.
En raison de la croissance économique et de l'augmentation du pouvoir d'achat, la demande intérieure a agi comme moteur du développement.
Cependant, cette croissance n'a pas été sans difficultés ni lacunes :
- Les déséquilibres régionaux.
- La forte dépendance de l'économie espagnole vis-à-vis de l'étranger, en particulier sa dépendance au pétrole.
- L'absence d'une réforme fiscale qui tiendrait compte des coûts sociaux.
- Le manque flagrant de biens publics et de services sociaux.
- Le contrôle de l'économie par les banques privées et la concentration du pouvoir économique entre les mains de la bourgeoisie, nouvelle élite financière en Espagne.
Le développement économique a permis au régime d'obtenir un consensus social accru parmi les classes moyennes et populaires.
Changement de situation : La crise pétrolière de 1973
La crise pétrolière de 1973 a provoqué un changement dans la situation internationale, générant une récession économique particulièrement ressentie en Espagne en raison de sa grande dépendance.
La deuxième période franquiste (1959-1975) : L'opposition
À partir des années 60, l'opposition sociale et politique s'est développée, devenant plus diversifiée et mieux organisée.
Résurgence du nationalisme
En 1959, un groupe de jeunes quitte le PNV pour créer une organisation nationaliste radicale, l'ETA, qui choisit dès 1964 la voie du terrorisme pour parvenir à l'indépendance basque. Après une série d'attaques, le procès de Burgos en 1970 marque le début de la lutte contre l'ETA. Le nationalisme connaît également une résurgence plus calme en Catalogne.
Augmentation des conflits sociaux
Depuis 1961, les revendications des travailleurs sont passées de questions professionnelles à la dénonciation politique. De nombreuses grèves ont eu lieu dans les secteurs industriels. Ces grèves sont devenues exceptionnelles à partir de 1967, intégrant un contenu politique face à l'absence de canaux de participation.
Mouvements étudiants
Des mouvements étudiants ont émergé dans les universités, luttant contre le SEU et exigeant la démocratie. Parmi les conséquences, on note l'expulsion d'enseignants ayant soutenu les étudiants en 1965 et la déclaration de l'« état d'exception » en 1969. Dès 1972, le mouvement du NNP a pris de l'influence, organisant une grève en 1975. L'opposition universitaire s'est radicalisée, se rapprochant de partis comme le PSOE et le PCE.
Distanciation de l'Église catholique
Les déclarations de la hiérarchie catholique contre Franco se sont multipliées. L'événement le plus important fut la convocation en 1971 de l'Assemblée conjointe des évêques et des prêtres, qui a demandé une révision du Concordat avec le Saint-Siège, marquant une rupture avec le régime.
Opposition politique organisée
Dirigée par le PCE et l'« eurocommunisme », l'opposition a favorisé les mouvements étudiants, syndicaux et citoyens. En 1962, lors du complot de Munich, des représentants de la droite libérale ont demandé qu'aucune admission de l'Espagne ne soit acceptée avant l'instauration d'un régime démocratique.
Terrorisme politique
Outre l'ETA, des organisations comme le FRAP et le GRAPO sont apparues. La réponse du régime a été purement répressive : la police politique, la Brigade politico-sociale, a eu recours à la torture, et les opposants ont été jugés par le TOP (Tribunal d'ordre public) créé en 1963.
Les dernières années de Franco
L'ETA a frappé un grand coup en assassinant Carrero Blanco à Madrid. La fin de vie de Franco fut marquée par des conflits :
- La confrontation avec l'Église a atteint un point critique avec la menace d'expulsion de l'évêque Añoveros.
- En septembre 1975, après un procès militaire, cinq militants de l'ETA et du FRAP ont été exécutés, provoquant de vives protestations internationales.
Castille-La Manche sous la dictature
Après l'entrée des forces franquistes à Madrid en mars 1939, les zones républicaines ont été occupées. La réalité de l'après-guerre fut définie par le désir de vengeance, la répression, la peur, la misère et la faim. La Direction générale des régions dévastées est intervenue pour reconstruire environ 150 localités, principalement à Tolède et Guadalajara. La région était alors une zone agricole et d'élevage déprimée, subissant un flux migratoire massif vers les centres urbains et l'étranger jusque dans les années 70.