L'Essai Espagnol au XXe Siècle : Histoire et Évolution

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L'essai espagnol au premier tiers du XXe siècle

Les écrivains du siècle

Les écrivains espagnols du début du siècle semblent plongés dans une crise générale qui, en Espagne, coïncide avec le déclin du système politique de la Restauration, basé sur le caciquisme et l'alternance des partis. Les auteurs ont proposé des solutions aux problèmes de l'Espagne, axées sur la recherche d'une identité culturelle nationale au service d'un projet libéral.

Ces auteurs ont élaboré un vaste corpus littéraire, souvent publié dans la presse, pour exposer leurs points de vue. Ces écrits ont contribué à la configuration de l'essai moderne, où la pensée critique s'allie à la subjectivité et aux éléments autobiographiques.

Les essayistes majeurs

  • Miguel de Unamuno : Ses essais reflètent l'évolution de sa pensée et sa personnalité contradictoire. Le débat entre foi et raison est central dans ses réflexions. En 1913, il publie Le Sentiment tragique de la vie.
  • Azorín : Il développe une pensée passant d'une position anarchiste initiale à une idéologie pragmatique, sceptique et prudente. Ses écrits se caractérisent par des descriptions mélancoliques et une critique littéraire impressionniste.

L'Art nouveau et la réforme

Dans les premières décennies du siècle, une nouvelle classe de penseurs libéraux a émergé avec un projet de réforme pour moderniser l'Espagne. Ce groupe d'élite, lié à l'intelligentsia, s'est illustré dans la presse, la politique et l'enseignement. Leurs caractéristiques principales sont :

  • Européanisme : Nécessaire pour lutter contre le retard scientifique de l'Espagne.
  • Approche scientifique : Exige une formation rigoureuse guidée par la raison.
  • Nouvelle sensibilité : Une vision optimiste de la vie face au pessimisme précédent.
  • Réforme politique : Volonté de rationaliser la vie publique.

Les figures les plus remarquables sont Ortega y Gasset, Manuel Azaña, Ramón Gómez de la Serna et Salvador de Madariaga. Ortega y Gasset fut le plus influent, notamment via la revue Revista de Occidente. Parmi ses œuvres, on retient Méditations du Quichotte, La Déshumanisation de l'art, Espagne invertébrée et La Révolte des masses.

L'essai des années 40 et 50

Les années 40 furent marquées par une dictature politique, idéologique et morale, limitant la profondeur de la réflexion. Dans les années 50, le contexte de transformations économiques et sociales a permis une critique plus ouverte. Parmi les essayistes de cette période : Pedro Laín Entralgo, Julián Marías et Enrique Tierno Galván.

Les essayistes en exil

L'exil a favorisé l'échange culturel entre l'Espagne et l'Amérique latine. María Zambrano, disciple d'Ortega y Gasset, a produit une œuvre magnifique sur l'histoire de l'Espagne et la guerre civile. Francisco Ayala, quant à lui, s'est illustré dans la sociologie et la critique littéraire, abordant les thèmes du libéralisme et de la situation espagnole.

L'expérience des années 60 et 70

Cette période a connu un essor du genre grâce au développement des sciences humaines, à la réception de la pensée européenne et à l'émergence de revues et maisons d'édition influentes (Cuadernos para el Diálogo, Triunfo, Anagrama, Laia).

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